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Acquisitions d’entreprises : A l’image de la SCE, le LBO de plus en plus utilisé au Maroc

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La Nouvelle Tribune :
M. Tarari, vous êtes PDG de la SCE depuis longtemps et vous avez acquis 70 % du capital en utilisant le procédé de financement basé sur l'effet de levier, le LBO ? Pouvez-vous nous en parler ?

M. Driss Tarari : En effet, avec un autre actionnaire personne physique et une personne morale, nous avons acquis en mai 2003, à travers un holding, 70 % du capital de la SCE antérieurement détenus par la SNI et ATOFINA. Le capital apporté à ce holding étant insuffisant, il a dû s'endetter pour financer l'opération. Le crédit accordé par trois banques de la place a été garanti par les actions acquises de la SCE et basé sur les bénéfices futurs de celle-ci, gage de remboursement. L'effet de levier, principe de définition du "Leverage By out", n'aura pas joué totalement parce que la fusion de la SCE avec le holding n'a pas pu se faire du fait de sa cotation en bourse, ce qui signifie qu'elle a  donc des actionnaires autres que les seuls repreneurs fondateurs du holding.
La tentation de sortir de la cote a été contrebalancé par le fait que la SCE est cotée en bourse depuis 1950 et que certains actionnaires institutionnels,comme la CIMR et AXA, l'accompagnent depuis longtemps.

Concrètement, avez-vous gagné le pari ?

Oui, puisque avec les dividendes reçus en 2003 et 2004, le holding qui supporte les charges financières du crédit et en rembourse les échéances, s'est acquitté de la première en juillet 2004, et s'apprête à régler la seconde en juillet prochain. Il faut rappeler que trois banques avaient contribué au financement de cette opération, sur une période de cinq ans. Nous espérons même pouvoir faire un remboursement anticipé du reste du crédit.

Quelle a été la nouvelle politique adoptée par le management après l'acquisition de la SCE ?

Sachez qu'une réelle restructuration de l'entreprise, décidée d'ailleurs par le précédent actionnariat a été menée, de sorte qu'il y a eu une certaine continuité dans la gestion de l'entreprise. En effet, le management et l'organigramme ont été maintenus. Les objectifs fixés et les investissements prévus ont été réalisés. Le seul changement concerne le PDG qui, étant devenu actionnaire, s'est doublement engagé dans la réussite de son affaire. De plus, le management de la société a décidé de se mettre en système de management qualité, avec une certification ISO la plus exigeante possible par un organisme norvégien, DNV. Nous avons certifié tout le processus industriel de nos produits chimiques, de la conception à la fabrication, en février dernier.

2004 est la seconde année de publication des résultats depuis l'acquisition de la SCE par son management. Ces résultats sont-ils satisfaisants?

À la fin de 2004, le chiffre d'affaires de la SCE est au même niveau qu'en 2003, à 350 millions de dirhams, y compris la filiale Engrais. Le résultat 2004 n'est, lui, pas comparable à celui de 2003. En effet, ce dernier comprenait des plus-values enregistrées sur la vente de terrains et a d'ailleurs été distribué de façon exceptionnelle pour faciliter l'opération LBO. Donc, si en 2003, le Résultat Net a atteint les 48 millions de dirhams, en 2004 il est retombé à un niveau normal de 17 millions de dirhams. Le RBE 2004 est à 14 millions de dirhams au budget. En ce qui concerne la distribution des bénéfices, la tentation est certes de distribuer plus, pour rembourser rapidement les banques.
Mais nous avons opté pour l'équilibre compte tenu des besoins futurs de financement de la société, bien que le dividende soit passé de 7 à 14 dirhams par action entre 2003 et 2004, après une distribution exceptionnelle de 90 DH par action, au titre de l'exercice 2002.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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