L’activité de capital investissement est encore assez jeune au Maroc. Hormis la société de gestion de fonds d’investissement, Moussahama, créée en 1993 et que pilote la Banque Populaire, la plupart qui sont actuellement sur le marché n’ont été opérationnels qu’à partir de l’an 2000. Les fonds d’investissement se sont multipliés au cours de ces dernières années. Les moyens ne manquent pas pour ces capital-risqeurs, qui financent le haut du bilan, et sortent généralement lorsque les entreprises qu’ils accompagnent s’introduisent en Bourse. Le nombre des sociétés de capital-investissement, terme plus usité dans la profession, pour ne pas heurter, nous-dit-on, est devenu assez important pour qu’elles se réunissent autour de l’AMIC (Association marocaine des capital risqueurs). En plus du pionnier qu’est Moussahama, on peut en citer : ACASA (Access Capital Atlantic SA), Upline Group, CFG GROUP Capital, Capital Invest du Groupe BMCE Capital, Agram Invest, Morocco Infrastructures Found d’Attijariwafa bank, Oléa Capital du Crédit Agricole, le Fonds Touristique, Afric Invest, ou encore Igrane de la région Souss- Massa-Draa.
Pour tous ces fonds, la limite entre capital-risque et capital-investissement n’est pas très bien tracée. Ils financent aussi bien la start-up, qui vient d’être créée, que la PME-PMI bien structurée qui a besoin d’être accompagnée dans son développement industriel. Les exemples, sur ce second cas, ne manquent pas. HPS qui vient de s’introduire en BVC, a été soutenu par ACASA et Upline Technologies en 2002 au moment de son industrialisation. A elles deux, elles ont apporté 40 millions de Dh, soit à l’époque le quart du capital. Les dirigeants de HPS, avec à leur tête M. Mohamed Horani, ne tarissent pas d’éloges sur ces fonds qui ont permis d’institutionnaliser leur structure. Ils sont toujours dans le tour de table, malgré l’introduction en Bourse. Il faut comprendre par là que l‘activité est encore jeune et que pour voir des sorties se multiplier, il faudra attendre encore quelques années, a notamment soutenu M. Mohamed Mekouar, Directeur Général en charge du Pôle Gestion d’Actifs de Upline Group.
Accompagner la PME-PMI, mais aussi la TPE
Si tous les secteus sont élligibles, il n’en demeure pas moins que les NTIC ont la part belle dans les participations jusqu’à présent dénombrées des capitaux investisseurs. L’un des gestionnaires de ces fonds, nous a clairement indiqué, qu’ils ne font pas dans le caritatif. Il faut certes encourager les PME-PMI, sans pour autant se substituer aux sources de financement classiques, jouer son rôle d’appoint, mais en misant sur du solide. Involys (logiciels), HPS (monétique), Distrisoft (consommables et hardware), et plus récemment Matel PC Market (Matériel informatique), illustrent parfaitement le cas de ces sorties partielles réussies à la Bourse. Mais pour tous ces cas, il s’agit d’accompagner le développement de structures bien établies.
Devant la disponibilité des fonds, plusieurs milliards de Dh, apportés par des institutionnels nationaux et étrangers, par des banques, … il est peut-être venu le temps de songer à la TPE ou start-up, qui en a assez de voir tous ces fonds leur passer sous le nez. N’eût été cet incubateur, qui fonctionne au Technopark de Casablanca, ce vivier bouillonnant de créativités continuerait à être marginalisé. On nous assure qu’avec des démarches mieux facilitées, plus d’introductions dans le second marché de moyennes entreprises, les autres détenteurs de fonds seraient moins frileux.
M. Mekouar a précisé que l’Association Marocaine des Investisseurs de Capitaux) et le CDVM travaillent en étroite collaboration sur une réglementation plus adéquate. Cette réflexion attendue permettra sans aucun doute de booster le secteur.
Daouda MBaye