Mais une fois encore, les choses n’ont pu se dérouler selon leurs vœux, puisque dans leurs négociations avec l’Etat marocain, elles n’ont pu obtenir d’acquérir au moins la majorité simple du capital de la banque publique.
Aussi, à la suite d’une dernière réunion de travail qui s’est tenue à la Primature la semaine dernière, le principe acquis porte sur la cession de 35% du capital du CIH au groupe Caisses d’Epargne françaises. Plus précisément, sachant qu’une des filiales du groupe est spécialisée dans l’immobilier, le Crédit Foncier en l’occurrence, lequel a d’ailleurs procédé à l’audit du CIH, il paraîtrait normal que la transaction en question se fasse à son profit.
En ce qui concerne les modalités de concrétisation de ce partenariat, elles sont loin d’être finalisées. Il s’agit, en effet, de savoir quelles participations locales seront choisies pour être cédées aux Caisses d’épargne françaises dans la limité de 35%, sachant que le capital du CIH est assez éclaté et qu’il réunit un actionnariat diversifié. C’est ainsi que 91,54% du capital de la banque sont détenus par des actionnaires d’importance, telles la CDG avec 35,31%, la BCP 20,23%, Bank Al-Maghrib 12,96%, AXA 12,05% et BMCE Bank 4,65%. Le reliquat est entre les mains des petits porteurs. 68,29% du capital du CIH appartenant à des institutionnels relevant du secteur public, les 35% qui seront cédés aux Caisses d’épargne françaises pourraient faire l’objet de différents montages.
La première possibilité serait que la CDG cède sa participation de 35,31%. Une telle solution devrait être totalement écartée, puisque la BCP à laquelle on a forcé la main pour participer à la recapitalisation du CIH, demanderait avec insistance à reprendre ses billes. Or elle ne détient que 20,23%. La Banque Centrale, avec son nouveau statut, est elle aussi dans l’obligation de sortir du capital de la banque dirigée par M. Alioua, et cèderait donc ses 12,96%. Dans cette optique, la transaction serait pratiquement bouclée, à 1,81% du capital près. Autre scénario possible, le groupe français, avec l’autorisation de l’Etat, pourrait négocier directement avec les minoritaires, à savoir la BCP, la BMCE ou encore AXA pour réunir les 35% du capital du CIH, ce qui laisserait à l’Etat marocain les participations de la CDG et de BAM, soit 50% du capital du CIH.
En ce qui concerne la fixation du prix, se pose le problème des autres actionnaires et notamment celui des petits porteurs. En effet, les institutionnels comme AXA ou encore la BMCE, pourraient choisir d’accompagner le nouveau actionnaire de référence, mais les petits porteurs risquent d’être lésés par une opération qui du fait de son caractère stratégique et compte tenu de la situation financière du CIH à la fin 2004, devrait occulter l’aspect prix.
En tout état de cause, l’opération de cession des 35% du capital du CIH au groupe de M. Charles Millau devrait être bouclée rapidement pour éviter aux actionnaires actuels, c’est-à-dire en fait à l’Etat, si les privés ne veulent pas suivre, la recapitalisation de la banque publique conformément aux dispositions de la loi sur la SA.
C’est ce qu’annonce avec précision le communiqué publié par le CIH, il y a quinze jours, et qui précisait : " L’effort soutenu en matière de dotations aux provisions continue néanmoins de peser sur le résultat net de l’exercice qui se solde par un déficit de 559 MDH. Tout en notant avec satisfaction l’amélioration des paramètres d’exploitation, le Conseil prend acte de la nécessité de continuer l’effort de provisions pour suppléer à l’insuffisance enregistrée à cet égard par rapport!aux dispositions réglementaires en vigueur. La situation nette de la banque étant devenue inférieure au quart du capital social, les dispositions de l’article 357 de la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes seront mises en œuvre conformément aux dispositions de ladite loi. Le Conseil d’Administration se réunira fin avril 2005 pour convoquer une Assemblée Générale Ordinaire et une Assemblée Générale Extraordinaire devant se réunir à cet effet ".
Afifa Dassouli