C’est mercredi 26 mars dernier que M. Othman Benjelloun, PDG de BMCE Bank, a exposé aux représentants de la presse et aux analystes financiers les résultats pour 2002 de l’établissement bancaire qu’il préside. Analyse.
Comme l’a exposé d’emblée le Président Othman Benjelloun, l’année 2002 s’est soldée par " des performances positives ", soit un résultat de 915 millions de dirhams avant provisions et impôts et 282 MDh de résultats nets. Ces performances, pourtant, ont été réalisées dans un contexte d’efforts financiers très importants de BMCE Bank dans le cadre d’un processus d’optimisation de ses ressources humaines, mais aussi dans une démarche d’assainissement de son portefeuille clientèle.
C’est ainsi que la banque a engagé 160 MDh pour les départs à la retraite anticipée et elle a provisionné 669 MDh dont 557 MDh en net. Le résultat net n’en ressort pas moins à 282 MDh, qui permet la distribution d’un dividende de 15 Dh par action, sans prélèvement sur les réserves.
Le produit net bancaire, PNB, a augmenté de 10 %, grâce aux activités de marché et de commissions, mais aussi du fait de la qualité des revenus de BMCE Bank, comme l’exprime, d’année en année, la part croissante des commissions.
Le Président Benjelloun a également souligné que l’évolution des charges générales d’exploitation était positive, celles-ci auraient d’ailleurs enregistré une baisse significative si la BMCE Bank n’avait eu à engager des moyens importants pour assurer le programme des départs anticipés à la retraite.
L’année 2002 a donc connu un coefficient d’exploitation en nette amélioration, en baisse de 8 points de pourcentage, charges non récurrentes exclues et de 2,5 points charges incluses. Cela représente 4 % de réduction du niveau des frais généraux, hors charges exceptionnelles. La banque a ainsi obtenu 16,4 % et 15, 1 % respectivement de parts de marché crédits et dépôts.
Le résultat brut d’exploitation, RBE, connaît une hausse de 12, 2 % et aurait atteint 27 % sans lesdites charges qui représentent l’effort exceptionnel des départs volontaires en 2002.
Les perspectives
La BMCE Bank connaît depuis avril 2002 une nouvelle organisation qui, comme exprimé par le PDG, "place le client au centre des préoccupations de la banque".
De même, des restructurations en profondeur ont été conduites au niveau des ressources humaines, des frais généraux, du recouvrement, des participations, etc. Cela a commencé à porter ses fruits, mais les pleins effets de cette démarche seront encore mieux perçus en 2004 et 2005.
De plus, il est prévu de poursuivre le travail en profondeur d’assainissement du portefeuille de créances, processus qui, d’ores et déjà, a permis de placer BMCE Bank en pleine conformité avec les règles prudentielles de Bank Al-Maghrib et les exigences des auditeurs de la banque.
Dans le même temps, BMCE Bank a enregistré un essor important dans ses activités de retail banking, de marchés et de financement des entreprises grâce à l’élargissement du fonds de commerce et l’amélioration de ses parts de marché dans certaines des activités du secteur bancaire.
Mais cette démarche dynamique s’exerce dans un contexte international particulièrement incertain, a souligné le Président Benjelloun, ce qui ne manquera pas d’avoir des incidences sur la conjoncture interne, tandis que persisteront les effets des sur-liquidités génératrices de baisse des taux débiteurs, laquelle est généralement plus prononcée que celle des taux créditeurs.
Pourtant, a précisé M.Othman Benjelloun, " les perspectives reflèteront la poursuite de nos actions de restructuration ".
Cela s’exprimera à travers la maîtrise des charges, liées au personnel mais aussi celles en rapport avec les engagements, les risques et les investissements.
De même, le portefeuille de participations bénéficiera de l’attention que mérite un tel élément qui a permis de consolider l’un des groupes financiers parmi les plus importants du pays.
De plus, la politique de diversification des revenus du groupe sera poursuivie, à travers les commissions liées aux services bancaires à la clientèle, aux activités d’entreprise ou de marché ou à la vente de produits initiés et générés par d’autres entités du groupe comme la bancassurance.
Enfin, la segmentation de la clientèle recevra l’intérêt que nécessite une telle démarche qui s’appuiera sur des concepts organisationnels, informatiques articulés autour d’une stratégie fédératrice de distribution.
C’est donc des avancées nouvelles que la BMCE Bank envisage pour 2003 malgré un contexte délicat, mais qu’il s’agira de transcender, en mesurant, comme exprimé d’ailleurs par les bons résultats de 2002, le chemin parcouru par cette banque huit années après sa sortie du secteur public, devenue aujourd’hui le " navire amiral " d’un groupe financier multimétiers.
Afifa Dassouli