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Petits porteurs et CDG à la recherche d’un deal OPA de la BNDE

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Publier le : April 3, 2003

Les jours qui viennent pourraient peut-être apporter une solution acceptable pour les petits porteurs qui refusent toujours le prix de 50 Dh l’action et qui est proposé par la CDG pour son OPA de la BNDE. Explications

 

L’offre publique d’achat de la BNDE au prix de 50 Dh l’action, adressée exclusivement aux personnes physiques, et pendante depuis le 24 mars, ne connaît pas un grand succès à ce jour. Mais, si l’on doit se fier à la tradition en la matière, les souscripteurs attendraient la dernière minute pour se manifester d’autant qu’un collectif des actionnaires minoritaires de la BNDE s’est constitué pour revendiquer un meilleur prix de sortie. En effet, comme l’association des petits porteurs n’a pu être constituée en bonne et due forme faute d’autorisation du Wali de Casablanca, ses fondateurs ont créé ce collectif des actionnaires minoritaires de la BNDE pour en défendre les intérêts sachant que les petits porteurs en actions BNDE ne représentent que quelques 9% du capital de la banque. Les 16 % de différence avec le flottant de cette action en bourse seraient donc entre les mains d’institutionnels et d’OPCVM. 

Ce " lobby " (au sens noble du terme)a donc été constitué après un appel lancé par voie de presse et, selon les responsables de ce mouvement, 140 personnes y auraient d’ores et déjà répondu. Elles projettent d’ailleurs de se réunir samedi prochain pour compter leurs actions BNDE, apprécier leur représentativité dans le capital et évaluer en conséquence leur force d’opposition à l’OPA.

Ces petits porteurs, personnes physiques, sont d’autant plus motivés  qu’ils sont conscients que l’offre de 50 dirhams l’action sera grignotée  par les frais d’intermédiation de la société de bourse (0,6 %) chargée de cette opération et par le prélèvement de la Bourse des Valeurs (0,1%) pour l’enregistrement de leur vente de titres.

Parallèlement, les actionnaires minoritaires de la BNDE ont adressé une lettre à M. Bakkoury,  Directeur général de la CDG pour demander audience. Dans cette missive, ils expriment leur intention de refuser de souscrire à l’OPA, si le prix proposé n’était pas corrigé d’une double prime. Celle compensant " la publication d’états financiers erronés jusqu’en 2002 " et celle de contrôle du fait que " les titres détenus par les actionnaires minoritaires permettraient à l’actionnaire de référence d’atteindre le seuil des 2/3 du capital de la BNDE, soit la majorité absolue ". Le collectif en question va même jusqu’à considérer que la CDG se met en porte à faux avec les principes fondamentaux du fonctionnement du marché boursier, c’est-à-dire l’équité, la sécurité et la confiance, en radiant la BNDE de la cote de la Bourse.

Toutefois, leur discours s’atténue à la fin du message puisque ce " comité de défense des actionnaires minoritaires " propose à la CDG une réunion pour négociation à l’amiable, affirmant être disposés à " étudier avec cette institution toutes les propositions ou les mesures adéquates qui permettraient la restructuration durable de la BNDE tout en sauvegardant l’intérêt des actionnaires minoritaires, sans omettre au passage de réitérer "  leur confiance absolue " en l’Etat et en la CDG en tant que premier institutionnel public marocain.

En fait cette lettre des petits porteurs de la BNDE montre tout simplement leur désarroi et leur incapacité à se défendre sans l’aide du premier protecteur du marché et des épargnants, le CDVM. En effet, sous prétexte que les OPA ne sont pas encore réglementées et qu’il n’a pas, à ce titre, besoin d’avaliser cette opération ni même d’en viser la note d’information, (alors qu’il l’a fait pour l’OPR de CIMAR et celle de la BMCE), le CDVM n’a pas joué selon eux, son rôle de protection des épargnants.

On sait, pourtant, qu’avant le lancement de cette OPA , le CDVM avait essayé de négocier un prix supérieur à 50 Dh pour la sortie des actionnaires minoritaires du capital de la BNDE, sans pouvoir s’imposer à la CDG, elle aussi émanation des pouvoirs publics.

Mais le CDVM devra se prononcer tout de même sur cette opération en accordant sa dérogation afin que l’opération de rachat des actions BNDE détenues par les petits porteurs puisse être enregistrée à la Bourse, compte tenu de l’écart de prix entre celui de l’offre et le cours du marché. Et, ce parce que les opérations de ce genre sont enregistrées sur le marché de blocs qui, selon la réglementation, doit respecter un écart de prix avec la marché officiel, de 1 % maximum si l’action cotée traite selon le mode du fixing et de 10 % dans le cas du continu.

Bref ! Tout le monde aura compris à la faveur de cette affaire, que dans le cadre de l’assainissement des banques publiques, l’Etat est seul maître à bord. Pourtant, le coût de cet assainissement sera élevé comme le prouvent les 40 millions de dirhams consacrés à l’OPA en cours, et qui seront supportés par la CDG,  laquelle remplace le Trésor en tant qu’actionnaire de référence.

C’est pourquoi, si M. Bakkoury accepte de recevoir le collectif des petits porteurs de l’action BNDE, comme il leur aurait promis de le faire avant la fin de la semaine, cela ne sera certainement pas pour leur accorder un dirham supplémentaire, mais pour mieux leur expliquer leur intérêt d’accepter l’offre de 50 Dh et de souscrire à l’OPA. Dans le cas contraire en effet, ils se retrouveraient dans le cas des autres actionnaires institutionnels et les OPCVM, à qui la seule porte de sortie offerte est le dirham symbolique par action !

Afifa Dassouli



 

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