Le chiffre d'affaires de la société leader du marché des corps gras a progressé de 16 % à 3 125 MDH. Toutefois, la hausse des prix des matières premières sur le marché international s'est traduite par un recul du résultat net de la société de -31 % à 191,46 MDH.
Les différents indicateurs de Lesieur Cristal ont connu des évolutions divergentes au terme de l'exercice 2002. Le chiffre d'affaires a progressé de 16 % à 3 125 MDH. La réorganisation complète du système de distribution qui s'est traduite par la mise en place d'un système de distribution directe, l'adoption d'une politique commerciale ciblée par région et par type de concurrence, le lancement de nouveaux produits et le très bon comportement des ventes de tourteaux ont largement contribué à cette progression. Seulement, si les ventes ont bien évolué, la rentabilité par contre n'a pas été au rendez-vous. L'environnement était globalement défavorable. Outre le niveau faible du pouvoir d'achat, la substitution de la consommation d'huile de table par l'huile d'olive, l'intensification de la concurrence et, surtout, la forte hausse des cours mondiaux des huiles brutes ont pesé lourdement sur les réalisations de la société. Ce dernier facteur semble avoir beaucoup pesé sur la balance en contribuant fortement à la progression des charges d'exploitation de 24 % à 2 858,22 MDH. Cette hausse est notamment due à l'augmentation significative des achats de consommés de Lesieur Cristal. En effet, malgré une production record de soja en Amérique Latine, la crise Argentine s'est traduite par une envolée des cours des matières premières. Si la politique de couvertures partielles des achats des graines et des huiles brutes a permis d'atténuer l'effet de hausse des prix enregistré au niveau du marché international, il n'en demeure pas moins que l'importance de la hausse a fini par avoir un impact négatif sur les bénéfices de la société du fait que la répercussion partielle des augmentations des prix d'achat sur les prix de vente s'est traduite par une baisse des marges très significatives. Ainsi, alors que les prix des matières premières se sont accrus de 30 % en 2002, ceux pratiqués par Lesieur Cristal n'ont connu qu'une évolution faible d'environ 6 %. La hausse des achats consommés a annulé les gains obtenus sur les autres charges, notamment sur les charges externes qui ont baissé de -11 % à 158MDH. Conséquence, le résultat d'exploitation a chuté de -17 % à 311,7 MDH. Les provisions d'un montant de 64 MDH pour les pertes enregistrées par les titres de placements et de participations ont contribué à amoindrir le résultat net de Lesieur Cristal qui ressort à 191,46MDH, contre 277,57 MDH en 2001, soit un recul de -31%.
Un dividende de 70 dirhams
Face à cette situation, Lesieur Cristal poursuit son rôle moteur d'innovateur sur le marché national avec comme finalité le renforcement des actions en faveur de la santé. Dans ce cadre, elle a lancé en 2002 la première huile vitaminée sous la marque Lesieur accompagnant ainsi le projet national de santé publique du ministère de la santé. L'entreprise a pris en charge le surcoût des vitamines et n'a pas procédé à une augmentation de prix lors de lancement du produit. De même, un accent particulier est accordé à la qualité des produits. Cela s'est traduit par l'obtention de la certification ISO 9001 Version 2000 pour ces activités de stockage, titrisation et raffinage.
En dépit de la baisse de la marge et de la concurrence accrue faisant suite à la libéralisation totale du secteur, les dirigeants de la société leader du marché des corps gras restent confiants quant à l'avenir, comptant sur l'innovation, l'amélioration de la productivité, la qualité, etc. N'empêche, la rentabilité de Lesieur Cristal semble vraiment dépendre de l'évolution des cours des matières premières sur le marché international.
Ainsi, et malgré le recul du résultat net, un dividende de 70 dirhams, identique à celui de 2001, est proposé aux actionnaires. Il correspond, au cours de l'action Lesieur à fin décembre 2002, à un rendement appréciable de 7,57%. Pour rappel, lors de l'exercice 2001, la société avait procédé à une distribution exceptionnelle de 100 dirhams par action en plus du dividende ordinaire de 70 dirhams.
MD