Managem a annoncé au titre de l’exercice 2004 des résultats en net repli par rapport à ceux de l’exercice 2003 qui n’étaient pas d’ailleurs fameux. Comme en 2003, le management s’est appuyé sur la baisse du dollar –monnaie de facturation des ventes de Managem- face au dirham, l’effet des sur-couvertures qui ont empêché la société de tirer profit de la hausse des cours des métaux sur le marché international et les baisses de teneurs des gisements exploités qui se traduisent par la hausse des coûts opératoires pour justifier le résultat réalisé par la filiale minière du groupe ONA. Et pour corser le tout, l’exercice 2004 a été marqué par la constatation d’une provision pour risque et charge de 155 MDH liée aux engagements de couverture et devant permettre à Managem de se conformer aux règles comptables internationales en la matière. Conséquence, tous les indicateurs consolidés de Managem sont en baisse, excepté le chiffre d’affaires. Ce dernier a progressé de 10 % en rythme annuel pour ressortir à 1 862 MDH, soit une hausse de 170 MDH par rapport à l’année précédente. Cette hausse est essentiellement le fait combiné d’un écart positif de 568 MDH dû à la hausse des cours des métaux, dont 333MDH dus au cobalt, et des volumes vendus (Draa Sfar, Samira et oxyde de zinc) pour un montant de 47 MDH. Ces écarts positifs ont largement compensé les écarts négatifs de -293 MDH dus aux opérations de couverture de métaux et -151,9 MDH consécutifs à la baisse du dollar. A noter que le chiffre d’affaires 2004 tient compte d’un bilan négatif des couvertures de métaux d’un montant de -200,9 MDH. Si le chiffre d’affaires s’est accru, par contre, le résultat d’exploitation a baissé de -141,26% à -42,5 MDH contre 103 MDH en 2003 sous l’effet entre autres, des baisses des teneurs à Akka et Guamassa, des hausses des coûts opératoires et de la sous-activité liée à l’oxyde de zinc. Le résultat financier s’est établi à -67,2 MDH, contre 63MDH l’année précédente, sous l’effet de la hausse des charges d’intérêt consécutives au déblocage du financement du projet Samira et à la dégradation de la trésorerie de Guemassa, Akka et Managem ainsi qu’aux pertes de change occasionnées par le repli du dollar par rapport au dirham. Le résultat non courant a baissé de 147 MDH par rapport à l’exercice précédent pour s’établir à fin 2004 à -191 MDH. La plus-value de 7,3 millions de dollars réalisée sur la cession d’actifs (Ebi Teleku et Segala) par Semafo n’a que partiellement atténué le poids de la réduction d’engagements de couverture sur l’or qui a généré un coût de 57,9 MDH et la constation d’une provision pour risque et charges de 155MDH. “Cette dotation liée aux engagements de couverture est exigée par nos commissaires aux comptes pour se mettre en conformité avec les normes internationales en la matière”, a laissé entendre M. Abdellaziz Abarro, PDG de Managem avant de poursuivre que “ces provisions seront reprises une fois que les surcouvertures seront consommées”. Enfin, et en tenant compte d’un amortissement d’écart d’acquisition de 45,6MDH et d’un impôt sur les sociétés de 22,3MDH, le résultat net consolidé de Managem a affiché une perte de -369 MDH. Dans le même sillage, le résultat net part du groupe s’est établi à -239 MDH, contre 2,3 MDH en 2003. Les résultats de Managem se sont traduits par une érosion -43,5% de la capacité d’autofinancement de Managem à 296 MDH à fin 2004.
L’action dégringole
Face au résultat inattendu, le management a été tancé par les analystes financiers qui semblent avoir perdu leurs arguments pour expliquer aux investisseurs qui leur avaient fait confiance lors de l’introduction en Bourse du fleuron minier du Groupe ONA que Managem reste une bonne valeur de fond de portefeuille. Qualifiée de valeur de “bon père de famille” par l’ancien patron du Groupe ONA lors de son introduction au niveau de la corbeille casablancaise, la valeur a, depuis, perdu de sa superbe et cumule des contre-performances. La reprise du marché boursier au cours des deux dernières années n’a pas profité à la valeur dont le cours poursuit son trend baissier. Derrière cette déconfiture, il y a bien évidemment la déception des investisseurs qui s’explique par la réalisation des résultats en deçà de leurs espérances au cours de ces dernières années. Et ce ne sont pas les réalisations au titre de l’exercice 2004 qui changeront l’orientation du titre qui est réservé d’ailleurs à la baisse après la publication des résultats. Ainsi, après avoir atteint son plus haut historique à 656 dirhams l’action quelques séances après son introduction en Bourse, le titre Managem ne cesse de cumuler les pertes pour s’établir à 166,15 dirhams l’action à la clôture de la séance du 18 mars dernier, soit une perte d’environ 295 % par rapport à son plus haut historique. Face à la déconfiture de l’action, certains analystes n’ont pas hésité à demander au management de Managem de lancer une offre publique de rachat de ses propres titres pour régulariser son cours.
En attendant, le management reste optimiste et annonce que l’exercice 2005 sera meilleur que celui de 2004 sans pour autant s’avancer sur les chiffres. Parmi les points d’espoir, il y a bien évidemment les découvertes de nouvelles réserves/ressources d’or et de cobalt à Akka et à Bou-azzer, les découvertes de réserves à la mine de Kinièro en Guinée, la poursuite des travaux de mise en valeur du gisement aurifère de Mana au Burkina Faso, poursuite du développement dans l’hydrométallurgie, etc.
Moussa Diop
Imiter enregistre un déficit de -22,2 MDH
A l’image de sa maison-mère, la Société Métallurgique d’Imiter (SMI) a vu l’ensemble de ses principaux indicateurs d’activité et de résultat enregistrer des baisses très significatives. A commencer par le chiffre d’affaires qui a reculé de 14 % à 267,8 MDH sous l’effet combiné de la baisse du cours de vente de l’argent métal de 4 % à 5,97 dollars/once, du recul de 6 % du dollar par rapport au dirham de 6 % et, enfin, de la légère baisse de 2 % du volume des ventes qui s’est établi à 158,2 tonnes. Le résultat financier a également enregistré un repli de 23 % pour s’établir à 38,8 MDH s’expliquant par la diminution des gains sur les opérations de couverture sur le change. Idem pour le résultat courant qui s’est établi à -41,4 MDH sous l’effet d’une provision pour risques et charges de 65 MDH liée aux engagements de couverture. Selon M. Abarro, “cette provision reflète les pertes n’ayant pas été constatées en 2004 suite aux reports de positions de l’année sur des années futures pour un montant de 57 MDH, ainsi que la perte potentielle liée à la surcouverture pour un montant de 7,7 MDH”. Il tient également compte d’une provision pour reconstitution de gisement de 10,2 MDH et d’une reprise de PRG pour un montant de 41,4 MDH. Conséquence de l’évolution de tous ces indicateurs, la SMI a enregistré une perte de -22,2 MDH en 2004 contre un bénéfice de 90,32 MDH en 2003, soit un repli de -125 %. Ces résultats ont affecté la capacité d’autofinancement d’Imiter laquelle a abaissé de 35 % à 109,6 MDH. Du coup, et afin de faire face aux investissements nécessaires à l’amélioration de la qualité des réserves par des efforts de recherche et d’adaptation des méthodes d’exploitation à l’évolution de la morphologie du gisement et à la baisse des teneurs, le Conseil d’administration a proposé à l’Assemblée Générale la non distribution de dividendes au titre de l’exercice 2004. Ce qui constitue un coup pour les actionnaires de cette société considérée comme l’une des plus généreuses en matière de distribution de dividendes.