Les réalisations en termes de financement net à moyen et long termes au titre de l’année 2004 ont atteint 33,4 milliards de dirhams alors que les prévisions tablaient uniquement sur un montant de 16,4 milliards de dirhams. L’argentier du Royaume, qui s’exprimait lors d’un point de presse tenu le 09 mars dernier et portant sur le financement du Trésor, a justifié ce gap par “le fait que les hypothèses de travail utilisées pour l’année 2004 étaient assez prudentes puisqu’elles se basaient sur les conditions ayant prévalu au dernier trimestre de l’année 2003, marquée par une concentration des volumes offerts sur le court terme, mais également par une révision de la stratégie de financement du Trésor en conséquence de l’évolution des conditions du marché des adjudications durant l’année 2004 dans le but d’améliorer le profil de la dette intérieure”. Globalement, la loi de finance 2004 s’est soldée par un déficit de 14,3 milliards de dirhams et les flux nets négatifs des financements extérieurs se sont établis à 6,5 milliards de dirhams. Pour faire face aux besoins de financement, le Trésor a eu recours au marché intérieur pour un financement net d’environ 19,8 milliards de dirhams (cf article sur la dette intérieure). Du coup, le stock de la dette globale du Trésor, à fin décembre 2004, s’est élevé à 294,6 milliards de dirhams.
Pour l’année 2005, le Trésor table sur des besoins prévisionnels de financement à moyen et long termes à couvrir sur le marché des adjudications d’un montant d’environ 31 milliards de dirhams. En tenant compte des tombées en principal de la dette à moyen et long termes avoisinant 14 milliards de dirhams, le financement net devrait ressortir autour de 17 milliards de dirhams. Toutefois, selon le ministre des Finances et de la Privatisation, “ce montant ne tient pas compte des 11 milliards de dirhams qui seront émis au profit de la Caisse Marocaine de Retraite pour régulariser les arriérés de l’Etat envers cette Caisse”. Concernant cette opération, M. Oualalou a laissé entendre que “les émissions de bons du Trésor au profit de la CMR seront étalées sur toutes l’année et concerneront les maturités de 5 à 20 ans”.
Sur un autre registre, et dans le but de moderniser davantage le marché des valeurs du Trésor, plusieurs réformes sont programmées au titre de l’année 2005 pour compléter celles déjà entreprises en 2004. D’abord, l’exercice 2005 se traduira par le parachèvement des projets entamés en 2004 particulièrement la mise en place du système de télétransmission des soumissions aux adjudications. Dans cette optique, il est prévu “le lancement incessamment d’un appel d’offres ouvert pour le choix d’un prestataire de service qui se chargera du développement et de la mise en place dudit système”, a laissé entendre M. Oualalou. Ce projet devrait s’étaler sur une période de 6 mois. Ensuite, il est prévu l’introduction d’un système de cotation à la demande des bons du Trésor sur le marché secondaire. Cela permettra d’améliorer la transparence et de permettre au Trésor d’assurer une meilleure supervision de l’activité de cotation des Intermédiaires des Valeurs du Trésor. Par ailleurs, il est programmé une institutionnalisation des rencontres avec l’Association des sociétés de gestion et fonds d’investissements marocains (Asfim). Cela permettra aux autorités, d’une part, de tenir les représentants des OPCVM informés de la politique d’émission et de gestion de la dette publique mise en place par le Trésor, et d’autre part, de concerter avec les professionnels dans le but d’améliorer le fonctionnement du marché des valeurs du Trésor. En outre, le Trésor et les intermédiaires en valeurs du Trésor (IVT) ont mis en place une nouvelle convention qui, entre autres, institue la cotation ferme à la demande sur le marché secondaire des bons du Trésor, octroie aux IVT une offre non compétitive post-adjudication à hauteur d’un montant maximum de 5 % du volume adjugé et, enfin, instaure un système de notation des IVT reflétant leur degré d’implication dans l’animation du marché des valeurs du Trésor sur la base de leurs performances sur les marchés primaires et secondaires.
Moussa Diop