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Distribution massive de résultats par les sociétés cotées

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Le marché boursier marocain montre ainsi  qu’il est essentiellement spéculatif en ce sens qu’il réagira plus sur une rumeur ou information non vérifiée que sur la performance des entreprises. Cela est d’autant plus paradoxal que la majorité des sociétés cotées se trouve dans un cycle d’amélioration de leurs résultats après avoir connu une restructuration pour les sociétés industrielles, d’assainissement pour les banques et les sociétés de financement et de différenciation entre les holdings financiers (ou de participations) et ceux de gestion qui détiennent une part suffisante du capital des sociétés pour les gérer.
Par contre, les actionnaires portent un réel intérêt pour le dividende et ils l’expriment à travers le marché, qu’ils soient institutionnels dont les portefeuilles d’actions restent importants, OPCVM ou petits porteurs. Il est vrai que les sociétés cotées ont de plus en plus une politique boursière de distribution de dividendes pour fidéliser leur actionnariat et aussi pour afficher un dividend yield attractif (taux de rendement de leur action ou rapport entre le dividende distribué et le cours de l’action). En effet, dans un contexte de baisse des taux d’intérêt des placements, celui en action, jugé sur le critère de dividend yield, devient plus attractif.
C’est ainsi que les business plans des sociétés cotés, leur réalisation et l’avenir de ces entreprises entre de moins en moins en ligne de compte pour l’appréciation d’une société cotée. D’ailleurs, les bénéfices réalisés par les sociétés sont interprétés en termes de pourcentage du montant distribué et non dans leur totalité comme une performance de l’activité de l’entreprise concernée. Alors que sur tous les marchés internationaux les placements boursiers se basent par principe sur les bénéfices futurs, les business plans des sociétés marocaines semblent ne plus être pris en considération.

La bourse, courroie de distribution

Par ailleurs, un autre constat s’impose, celui selon lequel les sociétés cotées bénéficiaires, qui utilisent la Bourse comme une courroie de distribution d’une partie de leurs résultats, n’y ont nullement recourt comme source de financement.
En d’autres termes, le marché financier a très peu joué son rôle premier de financement des entreprises cotées et donc de l’économie. Ce qui signifie que les entreprises, après utilisation de leurs cash flows, s’endettent pour leurs besoins en investissements. Cela peut signifier aussi que ces derniers restent faibles, car au-delà d’un certain ratio d’endettement, ils sont obligatoirement financés par augmentation de capital et passent par la Bourse. Et sans investissements financés par augmentation de capital pas, il n’y a de contribution du marché boursier. Si les sociétés cotées investissent peu en moyenne, même si certaines investissent plus que d’autres, c’est sans doute parce qu’elles sont sur des capacités de production et parts de marché dans un marché global marocain qui ne se développe pas suffisamment. Pourtant, la politique économique du pays en matière d’encouragement des investissements permet aux entreprises qui réalisent de grands projets de bénéficier de conventions avec l’Etat et veut favoriser aux mieux le développement de la PME. Mais elle reste certainement insuffisante parce peu attractive du fait que du point de vue fiscal, l’investissement au Maroc n’est pas accompagné d’allègements.

Afifa Dassouli



 

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