Avant de distiller les chiffres clés des réalisations d’Attijariwafa bank au titre de l’année 2004, M. Khalid Oudghiri, PDG du Champion national, est revenu sur l’état d’avancement du programme de la fusion des deux banques –BCM et Wafabank. Selon le PDG, “à fin 2004, le programme de fusion a été réalisé à 49 %, en phase avec le planning et dans le respect des budgets”. Dans le cadre de ce processus, l’année 2005 sera marquée par la réalisation de plusieurs chantiers dont les plus importants resteront la finalisation du déploiement des centres de traitement régionaux et la mise en place en application de la nouvelle version de l’applicatif informatique en agence. Quant à la bascule de la totalité du réseau vers le système d’information unifié, il s’effectuera progressivement au cours du second semestre de l’année 2005. C’est dire que l’année en cours ne sera pas de tout repos pour tous ceux qui participent à cette opération d’envergure.
Bien qu’impliqué dans le processus de fusion, le management, conscient de l’effet négatif des fusions sur l’activité des acteurs impliqués, n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer une présence commerciale soutenue, à même d’atteindre les objectifs opérationnels et commerciaux fixés et consolider son positionnement sur le marché. C’est ainsi que le Groupe s’est permis d’occuper des positions leaders dans des opérations majeures de conseil et de financement (Maroc Telecom, financement de Vivendi Universal, projets d’infrastructure, etc.), de lancer des fonds d’investissement spécialisés, infrastructures, hôtellerie, agro-industrie, etc.), de mettre en place une formule de financement spécifique pour le secteur touristique (Investotel), de développer son réseau commercial avec l’ouverture de 14 agences au cours du dernier trimestre 2004, etc. Ces opérations et tant d’autres ont permis au Groupe de consolider ses positions au niveau du marché. Ainsi, les dépôts d’Attijariwafa bank sont en hausse de 4,97 % à 83,8 milliards de dirhams dont 49,3 milliards de ressources non rémunérées. L’encours des ressources confère à la banque une part de marché de l’ordre de 28,98 %. Au niveau des crédits par décaissement, le compteur s’est arrêté à fin 2004 à 55,1 milliards de dirhams en progression de 8,86 % dont une hausse appréciable de 10,7 % des crédits productifs. La part de marchés de la banque ressort à fin 2004 à 28,86 %. Parallèlement, les créances en souffrance brutes ont marqué un recul de 3,4 % à 6,4 milliards de dirhams, ce qui traduit une amélioration de la gestion des risques.
Concernant les résultats 2004, signalons que la fusion ayant été affective le 1 er septembre 2004, les résultats d’Attijariwafa bank ont été confectionnés sur la base de 12 mois d’exercice ex-BCM et 4 mois ex-Wafabank (01/09 au 31/12). L’exercice clôturé le 31 août 2004 de Wafabank s’est traduit par un effort de provisionnement conséquent de 712 MDH réparti entre la provision du système informatique Inova (127 MDH), les provisions clientèles (410 MDH) et les autres provisions (175 MDH). Du fait des cessions de filiales qui ont généré des plus-values de 1 258 MDH, le résultat net de Wafabank est passé à 897 MDH. En ne tenant pas compte de ces plus-values, les cessions étant intra-groupe, Wafabank dégage un déficit de -361 MDH.
Résultat net de 685,5 MDH
Pour Attijariwafa bank, et afin de rendre les résultats de 2004 comparables à ceux de l’exercice précédent, les comptes de 2003 ont été également retraités. A l’issue de cet exercice, le produit net bancaire d’Attijariwafa bank s’est établi à fin 2004 à 3,1 milliards de dirhams en hausse de 5,44 %, sous l’effet essentiellement de la forte progression de la marge sur commissions qui a bondi de 21,1 %. Les charges générales, sous l’effet des coûts engendrés par l’intégration ont augmenté de 7,3 % à 1477,5 MDH sous l’effet notamment des frais généraux en hausse de 9,1 % à 1 222,1 MDH. Du coup, le résultat brut d’exploitation est ressorti à 1 715,7 MDH en progression de 7,7 %. Suite à des dotations nettes, des reprises de 674,7 MDH, le résultat courant a bondi de 129,5 % à 1 040,9 MDH. Notons que les dotations de provisions clientèle ont atteint 913 MDH et les reprises de provisions clientèle se sont établies à 427,8 MDH justifiant les efforts fournis par les départements de recouvrement. A la suite de ces dotations, le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions d’Attijariwafa bank est passé de 70,52 % en 2003 à 77,64 % en 2004. En tenant compte d’un résultat non courant de 36,9 MDH et de la charge d’impôt sur le revenu de 318,6 MDH, le résultat net d’Attijariwafa bank est passé de 248,5 MDH en 2003 à 685,5 MDH en 2004, soit une appréciation de 175,9 %. Fort de ce résultat et des fonds propres atteignant 10,94 milliards de dirhams et un total bilan atteignant 100,96 milliards, le Conseil d’administration d’Attijariwafa bank a proposé à l’Assemblée Générale Ordinaire une distribution d’un dividende de 30 dirhams par action correspondant à un rendement brut de 3,1 % (cours du 31 décembre 2004). Selon M. Oudghiri, “le niveau de distribution témoigne de la confiance des actionnaires quant à l’avenir d’Attijariwafa bank”.
Au-delà de ces chiffres, “l’exercice 2004 a été marqué par le nettoyage des bilans de la banque et de ses filiales”, fait remarquer M. Oudghiri. Outre les provisions de Wafabank, les filiales Wafasalaf-Crédor, Wafabail-Attijari Leasing et Wafa Cash ont affecté au titre de dotations aux provisions des montant respectifs de 223 MDH, 115 MDH et 30 MDH. Du coup, les dotations aux provisions pour l’ensemble du Groupe Attijariwafa bank ont atteint à fin 2004 un montant de 2 340 MDH. Cet effort en matière de provisionnement a permis de mettre à niveau les bilans de la banque et de ses filiales et favorise un développement plus sain du Groupe.
Acquisition de CDMG
Sur ce point, le PDG d’Attijariwafa bank a souligné que si 2004 a été “une année charnière dans l’édification d’une grande banque marocaine au service de l’économie du Royaume, 2005 sera celle du déploiement des forces vives d’Attijariwafa bank au profit d’une nouvelle dynamique tant au niveau national qu’international”. Cela passera par la finalisation du programme de fusion cette année avec le déploiement des centres de traitement régionaux, la finalisation de la spécialisation du réseau et l’unification du système informatique pour toutes les agences de la banque. Mais aussi, par l’accélération du développement des différents pôles de la Banques. Pour la Banque des Particuliers et des Professionnels, l’année 2005 sera marquée par une accélération de l’extension du réseau avec l’ouverture de 45 nouvelles agences en 2005, l’augmentation du rythme d’acquisition et d’équipement de la clientèle en produits et services et le développement des synergies avec les filiales. Au niveau de la Banque de l’Entreprise, l’accent sera mis sur le développement du portefeuille avec des offres à forte valeur ajoutée, une optimisation des expertises métiers et filiales, et la recherche de solutions innovantes pour tout ce qui est gestion de flux, financements structurés, marchés des capitaux, etc. Pour la Banque d’Investissement, des efforts seront entrepris pour accroître sa contribution au Pnb du groupe. Enfin, le pôle Services Financiers Spécialisés est appelé à développer des synergies intra-groupe et des partenariats. C’est dans cette optique que s’inscrit l’acquisition de la filiale de gestion d’actifs du Crédit du Maroc, Crédit du Maroc Gestion par le leader du marché de la gestion collective, Wafa Gestion, pour un montant de 50 MDH.
Moussa Diop