Tiraillé entre la volonté du Gouvernement de poursuivre la baisse du stock de la dette extérieure à travers une politique de gestion active de celle-ci et le souci de faire face à des dépenses budgétaires de plus en plus importantes (investissements, déficits sociaux, flux nets négatifs des financements extérieurs, etc.), le Trésor, mettant à profit une conjoncture favorable marquée par la surliquidité du secteur bancaire et la tendance baissière des taux, a fortement recouru au marché intérieur pour faire face au financement des dépenses de l’Etat. Conséquence, l’encours de la dette intérieure a progressé à fin 2004 de près de 6%, par rapport à la même période de l’année 2003, pour s’établir à 224,1 milliards de dirhams, soit une hausse de 12,6 milliards de dirhams. Cette progression du stock de la dette intérieure est le fait uniquement des bons émis par adjudication qui se sont accrus de 9,0 % à 17,72 milliards de dirhams pour ressortir à 214,82 milliards de dirhams, alors que les autres produits de financement –emprunts nationaux, bons à 6 mois, emprunts conventionnels et autres- enregistraient des replis significatifs contribuant “au ralentissement de la progression du stock de la dette intérieure”, comme l’a laissé entendre M.Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation. Ainsi, rapporté au PIB, l’encours de la dette intérieure ne s’est apprécié que de 0,2 point en 2004 par rapport à l’année précédente pour passer de 50,5% à 50,7%.
Coût en baisse
La ventilation de l’encours par produit laisse apparaître une prédominance des bons émis par adjudication qui ont représenté plus de 96 % de l’encours total de la dette intérieure à fin décembre 2004, soit 214 milliards de dirhams, contre 24 % de celui-ci en 1995. Par créancier, les compagnies d’assurance détiennent un portefeuille de 71,7 milliards de dirhams devant les banques et les OPCVM avec respectivement 65 et 45,5 milliards de dirhams. Bien que le secteur bancaire soit le deuxième créancier du Trésor en termes d’encours, M. Fathallah Oualalou a tenu à souligner que “le Trésor ne gène pas les relations entre les entreprises et le système bancaire” et le marché est en surliquidité comme en témoigne le volume global soumissionné sur le marché des adjudications des valeurs du Trésor qui s’est élevé à 274 milliards de dirhams en hausse de 47 % par rapport à 2003. Concernant la répartition de l’encours par échéance résiduelle, elle laisse apparaître une durée de vie moyenne de la dette intérieure d’environ 4 ans et 9,5 mois, en hausse d’environ un an par rapport à l’exercice précédent. L’amélioration du stock de la dette par terme résiduel est le résultat de la volonté du Trésor de rallonger cette durée en mobilisant d’avantage de ressources moyennes et longues dans un contexte marqué par l’abondance de l’offre et la baisse des taux d’intérêt. Ainsi, en 2004, les maturités à moyen et long termes ont représenté 71 % des 75,2 milliards de dirhams de souscriptions réalisées. Par ailleurs, le Trésor continue de profiter de la tendance baissière des taux sur toute la courbe comparativement aux niveaux des taux de 2003. Ainsi, en 2004 la baisse du coût moyen de la dette intérieure (hors dépôts dans le circuit du Trésor) était de 36 points de base à 6,39 %.
Enfin, notons que les charges en intérêt de la dette intérieure payée au titre de l’année 2004 sont estimées à 14,7 milliards de dirhams, correspondant à un taux de réalisation de 101 % par rapport aux prévisions de la loi de Finances 2004.
MD