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Il faut poursuivre l’effort de consolidation budgétaire Trois questions à M. Zouhair Chorfi, Directeur du Trésor

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La Nouvelle Tribune : Monsieur Chorfi, pouvez-vous nous expliquez l’importance d’une balance des paiements excédentaire pour la santé financière de notre pays ?
M. Chorfi :
Depuis quatre années, nous avons d’une manière structurelle un excédent du compte courant de la balance des paiements de l’ordre de 3,6% du PIB par an.  Cela marque une situation historique nouvelle.
Cet excédent a permis la reconstitution de nos avoirs extérieurs qui sont passés de 53 milliards de dirhams en 2000 à 135 milliards de dirhams à fin 2004.
 Ces réserves de change représentent l’équivalent de près de 10 mois d’importations de biens et services et ce, en dépit de l’importante augmentation des importations en 2004.
Un tel niveau des réserves de change place bien évidemment notre pays à l’abri de toute difficulté de financement de ses importations et du paiement des échéances de sa dette extérieure.
Il convient de souligner par ailleurs qu’en 2004 le niveau de nos avoirs extérieurs a excédé le stock de la dette extérieure publique (y compris la dette garantie par le Trésor) alors que ces mêmes réserves de change ne représentaient en 1997que 21 % de l’encours de la dette publique.

L’allègement de l’endettement du Trésor en général et de sa dette extérieure en particulier, est-il un autre indicateur de la santé financière du Maroc ?
En effet, il importe de souligner que le stock de la dette globale du Trésor rapporté au PIB ne cesse de décroître d’année en année. Ainsi, et à titre d’exemple, le ratio en question est passé de 79 % du PIB en 1997 à seulement 66,6 % en 2004, soit une baisse annuelle moyenne de l’ordre de 2 points de PIB. Cette évolution contribue indéniablement à la consolidation de la viabilité budgétaire et à l’amélioration de la soutenabilité de notre dette.
Si l’on procède à des comparaisons internationales, il ressort que peu de pays ont réussi à réduire leur endettement de manière similaire.
Par ailleurs, il est à préciser que si le ratio de la dette du Trésor décroît continuellement, cela n’est pas le cas de l’encours exprimé en valeur absolue qui, en revanche, augmente à hauteur des déficits budgétaires cumulés d’une année à l’autre. Néanmoins, ce stock s’accroît à un rythme moindre que celui de la richesse nationale.
S’agissant de la dette extérieure, il est clair là aussi que des progrès importants ont été accomplis tant au niveau de la réduction de son stock qu’au niveau de la gestion de son service.
Ainsi, le ratio de la dette extérieure du Trésor est passé de 58,2 % en 1993 à moins de 16 % en 2004, soit une réduction annuelle moyenne de 4 points de PIB. Cette tendance à la baisse s’est accompagnée en même temps de la contraction de l’encours de la dette lui-même qui est revenu de 145 milliards de dirhams en 1993 à 70,4 milliards de dirhams à fin décembre 2004.
Cette baisse significative de l’encours la dette extérieure a résulté en partie de la mise en œuvre d’une politique efficace en matière de gestion active de la dette et grâce également à la réforme du système financier national qui a permis l’émergence d’un véritable marché de la dette du Trésor (marché des adjudications).
Ces développements ont permis au Trésor de mobiliser en interne dans de bonnes conditions les ressources nécessaires non seulement pour financer le déficit budgétaire mais également pour faire face aux flux négatifs des financements extérieurs.
En effet, l’affermissement de la concurrence entre les intervenants sur le marché de la dette a permis au Trésor de se financer selon la loi de l’offre et de la demande et à des conditions avantageuses sans encourir certains risques, notamment le risque de change. A titre d’illustration, le Trésor mobilise actuellement sur le marché intérieur des ressources sur 5 ans au taux de 4 % l’an et ce, sans exercer d’effets d’éviction sur le secteur privé.

Le déficit des finances publiques est-il pour autant sécurisé ?
Tout d’abord, il convient de préciser que le déficit budgétaire, en dehors des recettes de privatisation, s’est situé au cours des trois dernières années à près de 4,4 % du PIB en moyenne. En tenant compte des recettes de privatisation, ce déficit n’est que de 3,2 % du PIB.
Sur cette base, on peut dire que globalement notre pays a réussi à conserver une maîtrise du niveau de son déficit compatible avec la stabilité de son cadre macroéconomique.
Bien entendu, la situation des finances publiques présente, comme l’a souligné Monsieur le Ministre lors de sa dernière conférence de presse, un certain nombre de fragilités liées au poids de la masse salariale, à l’importance des transferts au titre de la compensation et aux pertes de recettes fiscales sur le commerce extérieur. 
Cette situation qui nous interpelle est au centre de nos réflexions. Notre objectif est de poursuivre l’effort de consolidation budgétaire qui passera nécessairement par la poursuite de la réforme fiscale, notamment à travers une mise à plat de la dépense fiscale et l’élargissement de l’assiette, d’une part, et la mise en œuvre des mesures prévues pour la réduction du poids de la masse salariale, notamment le départ anticipé à la retraite, d’autre part.
Cet effort de consolidation budgétaire devrait à terme nous permettre de ramener le déficit budgétaire, hors recettes de privatisation, à près de 3% du PIB. La réalisation d’un tel objectif nous permettra de diminuer davantage le poids de l’endettement public et des charges en intérêt de la dette, ce qui contribuera à dégager des espaces budgétaires pour une meilleure prise en charge du social et un renforcement des dépenses d’investissement.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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