Le marché nous avait habitués au cours de ces dernières années à des débuts d'année difficiles marqués par le recul des principaux indicateurs boursiers. Ce ne fut pas le cas cette année. Le marché boursier poursuit son mouvement haussier entamé l'année dernière consolidant petit à petit sa reprise. La Bourse semble même s'inscrire dans un nouveau cycle haussier après plus de quatre ans de crise. En un mois, le MASI a réalisé un gain de 4,37 % cassant la barre des 4 000 points pour s'établir à 4 115,93 points. De même, le MADEX s'est apprécié de 2,33% à 3 248,52 points. Quant à la capitalisation boursière de la place, elle ressort à plus de 120,50 milliards de dirhams, un niveau qui n'a pas été atteint depuis début avril 2001. Cette hausse est principalement le fait des secteurs Mines, Bâtiments & Matériaux de construction, Portefeuilles et Assurances dont les indices sectoriels ont enregistré des performances respectives de 19,80 %, 12,08%, 5,05 % et 4,54 %. A la lumière de ces performances, on peut dire que le secteur minier retrouve petit à petit son attractivité auprès des investisseurs. Le niveau relativement attrayant des cours des sociétés du secteur au niveau du marché boursier et l'évolution globalement favorable des cours des métaux au niveau du marché international durant ces derniers mois -L'or a franchi la barre des 400 dollars l'once alors que l'argent a atteint ses plus hauts historiques depuis près de six ans- ne sont pas étrangers à ces performances. L'action Managem a ainsi clôturé le mois de janvier avec une performance de 14,7 % à 390 dirhams l'action. Pour ce qui est du secteur Ciments & matériaux de construction, il s'agit d'une confirmation de la bonne santé des sociétés du secteur portées il est vrai par un conjoncture économique et sectorielle favorable. Selon Wafa Bourse, "la consommation de ciment au Maroc en 2003 a atteint 9,3 millions de tonnes en hausse de 9,3 % par rapport à 2002". La politique des logements sociaux y est pour beaucoup. Les investisseurs s'attendent à ce que les entreprises cotées du secteur publient des résultats bénéficiaires en nette progression. Cela explique en partie que le titre Ciments du Maroc soit sujet à des pressions à l'achat qui ont propulsé le cours de la valeur à 1 300 dirhams, enregistrant au passage une performance annuelle 2004 de 18,18%.
C'est durant les dernières séances du mois de janvier que la progression des indices du marché a connu une certaine accélération. Selon les gestionnaires de CFG Gestion, "Cette orientation du marché trouve son origine dans l'implémentation des fonds CIMR, ainsi qu'un retour progressif des investisseurs sur le marché des actions". Il faut dire que les excellentes performances enregistrées par les OPCVM actions au terme de l'exercice 2003 ne laissent pas indifférents les gérants de fonds et ce d'autant que certains secteurs présentent de bonnes perspectives de croissance et de rentabilité au moment où sur le marché obligataire on note une certaine détente des taux.
Manque de papier
Les performances du marché boursier sont toutefois atténuées par l'évolution des volumes échangés au niveau du marché. Durant le mois de janvier, et d'après Wafa Gestion, "la moyenne quotidienne des transactions sur le marché central actions avoisine les 18MDH seulement". Cette faiblesse des échanges, "serait imputable à une rareté de l'offre sur certaines valeurs notamment celles du multi-fixing qui présentent de bonnes perspectives de croissance, et ce à l'image du titre Ciments du Maroc, qui a réalisé un bond de +18,18 % sur le mois", soulignent les analystes du gestionnaire de fonds. On revient ainsi sur l'un des maux dont souffre la place casablancaise, à savoir la liquidité du marché. L'absence de nouvelles introductions en Bourse en dépit des incitations fiscales offertes aux sociétés candidates limite fortement l'engagement des investisseurs qui souvent ne trouvent pas du papier en qualité et en quantité pour assouvir leurs besoins d'investissement. La mise en place de nouveaux critères plus souples pour les entreprises qui souhaitent s'introduire en Bourse, le renforcement des pouvoirs du Conseil déontologique des valeurs mobilières, la prorogation des incitations fiscales pour les entreprises qui intègrent la corbeille casablancaise..., sont autant de facteurs à même d'apporter du sang neuf au marché à partir de cette année. En attendant, les investisseurs se rabattent sur une poignée de valeurs relativement plus liquides offrant des fondamentaux solides et des perspectives de rentabilité appréciables.
MD