Sa valorisation serait d’un milliard de dirhams et ARIG demandait à ses interlocuteurs du moment quelques 900 millions de dirhams pour les 67 % du capital qu’il détenait. Mais aujourd’hui la donne a changé. Si la CNIA s’est redressée, elle n’en connaît pas moins les problèmes du secteur des assurances et notamment celui du recouvrement de 50 % de son chiffre d’affaires. D’autre part, les discussions sur le transfert de la majorité de son capital ont dévoilé le partenariat commercial privilégié qu’elle a avec la BCP dans la bancassurance. Celui-ci lui assure au moins 20 % de son chiffre d’affaires et il est aujourd’hui en question (voir encadré). De plus, la due diligence menée par des experts marocains et étrangers à la suite de l’accord de principe sur la cession de la majorité du capital de la compagnie d’assurance, signé entre Moulay Hafid Elalamy et ARIG il y a un mois et demi, a encore ramené à la baisse la valeur de la CNIA. Eléments qui permettent de dire que le Président du Groupe Saham réalise une bonne affaire.
En effet, Saham est une société de gestion dont les participations diversifiées sont toujours majoritaires. Elle s’implique donc dans la gestion et suit de près la création de richesses de ses entreprises. M. Elalamy ne cache pas que compte tenu du fait que l’assurance est son premier métier et parce qu’il en maîtrise les rouages, cette acquisition représente une aspiration ancienne. D’ailleurs, les négociations avec l’actionnaire de référence de la CNIA ont débuté il y a plus de trois ans.
Lundi dernier donc, le PDG de Saham a réuni pour la première fois le staff et les cadres de la CNIA et leur a présenté la stratégie du groupe qu’il dirige où la CNIA prendra la place numéro un en termes de chiffre d’affaires et de numéro 2 en termes de résultats, en attendant que la stratégie qu’il compte mettre en œuvre pour la compagnie ne la place au premier rang à tous points de vue. C’est en cette occasion que Moulay Hafid Elalamy a officiellement confirmé à son poste M. Saïd Ahmiddouch, en tant que Directeur général de la CNIA.
M. Elalamy revient donc tout simplement à ses premières amours et son objectif dorénavant est connu, celui de donner à la CNIA la place qu’elle mérite dans le secteur des assurances, à l’image de ce qu’il avait fait pour la Compagnie Africaine d’Assurance, la CAA, avant la fusion de cette dernière avec Al Amane et l’arrivée d’AXA.
Le come back de Moulay Hafid Elalamy bénéficie donc d’une appréciation positive. La place financière de Casablanca salue l’investissement et l’implication d’un groupe dans son propre pays à l’heure où d’aucuns s’attendaient à l’arrivée d’un opérateur étranger pour remplacer ARIG.
Quant à la question des moyens de paiement, il parait acquis que le Groupe Saham s’endettera en partie pour régler la note des 550 millions de dirhams.
Enfin, sur le doute ou le flou qui existeraient à propos de l’attitude des pouvoirs publics et notamment du ministère des Finances sur l’opportunité et la validité de cette opération, La Nouvelle Tribune a pu apprendre que ni M. Oualalou, ni la Direction des Assurances n’opposeront leur veto à cette acquisition…
Afifa Dassouli