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Le microcrédit satisfait 82 % des bénéficiaires 2005 Année Internationale du Microcrédit

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Publier le : February 24, 2005

Le démarrage officiel de l’Année Internationale du Microcrédit a été marqué par la présentation des résultats de l’étude d’impact du microcrédit commandité par la Fédération nationale des associations de microcrédit et réalisée par IKM-PlaNet Finance Maroc. Effectuée au niveau de 7 régions du Royaume et ayant touché un échantillon de 1 287 individus, l’étude a démontré que le microcrédit cible majoritairement les femmes et que les populations servies par les associations figurent parmi les plus vulnérables avec des dépenses per capita atteignant à peine 1,7 dollar par jour.
L’étude montre que le microcrédit permet d’augmenter de manière significative les profits et les investissements des micro-entreprises qui en bénéficient. Ainsi, pour 1 000 dirhams de microcrédit accordé, les profits sont de 6%. Et, une augmentation de 1 000 dirhams entre deux crédits augmente les profits des 9,5 %.
L’étude a également démontré que les clients anciens ont un meilleur accès aux marchés que les clients nouveaux. Toutefois, la création d’une nouvelle activité suite à l’obtention d’un microcrédit reste marginale en ce sens que la microfinance ne sert que dans 5 % des cas à la création d’une nouvelle activité. Autre élément positif, la microfinance a un bon impact sur les dépenses de consommation et les bénéficiaires, notamment les femmes, voient leur contribution au budget du ménage croître sensiblement. Conséquence, l’alimentation du ménage, son autonomie, la santé des membres de la famille et l’éducation des enfants se trouvent améliorées. En termes de détention d’actifs, l’étude révèle que le microcrédit a un impact faible. “Une très faible partie des clients des associations de microcrédit (moins de 10%) estiment que le microcrédit leur a permis d’augmenter leur patrimoine”, lit-on dans le rapport de l’étude d’impact.

Des prêts de 5 700 dirhams

Concernant les relations clients /associations de microcrédit, 82 % des clients jugent que les rapports sont très positifs. Concernant les conditions de crédit, si les clients sont globalement satisfaits des conditions d’accès au crédit ainsi que la période de remboursement, ils sont toutefois moins satisfaits des échéances de remboursement, du montant des crédits et de la garantie. Le grief des clients concerne surtout le montant du crédit qui demeure dérisoire pour entreprendre certaines activités. Les clients des associations de microcrédit tablent sur “un montant annuel moyen de 5700 dirhams pour un taux annuel de 18,3% à rembourser sur un an avec une périodicité mensuelle”, soulignent les auteurs de l’étude. Ils seraient même “prêts à payer plus (de taux d’intérêt) pour obtenir des crédits plus élevés”. En matière de garantie, si les clients adhèrent au système de garantie solidaire, il n’en demeure pas moins que beaucoup de bénéficiaires souhaitent la mise en place de nouveaux types de garanties, tels les actifs physiques, la caution morale, etc. Cela permettra d’éviter à certain de payer la défaillance des autres. Vu le niveau actuel très bas des impayés du secteur, il est certain que les associations auront du mal à faire une concession sur ce point fondamental dans le système de remboursement du microcrédit. L’étude a révélé également que le quart des micro-entrepreneurs ont des prêts de plusieurs associations de microcrédit.
Concernant l’élargissement de la palette de produits qu’offre le secteur, plus de la moitié des clients sollicités dans le cadre de cette étude sont demandeurs du crédit logement et dans une moindre mesure du crédit à la consommation.
Enfin, un autre indicateur significatif de l’impact du microcrédit a trait au niveau très significatif d’épargne des micro-entrepreneurs. Selon l’étude, les clients épargnent presque le quart de leur revenu. “Cette volonté d’épargner s’explique par le souci des bénéficiaires du crédit de faire face aux aléas de la vie”, explique Sébastien Duquet, Directeur de PlaNet Finance. Cependant, cette épargne n’est que faiblement canalisée par les circuits du système financier. En moyenne, 21 % des clients de l’échantillon disposent de comptes bancaires, 20% ont un livret d’épargne et 22 % pratiquent la tontine. Pour le reste, c’est la thésaurisation qui domine. Cette donne renforce le souhait du secteur d’élargir ses compétences à la collecte de l’épargne comme cela est le cas dans les pays asiatiques plus en avance dans le domaine de la microfinance. 
Signalons que cette étude a été financée par les administrateurs de PlaNet Finance Maroc (BMCE Bank, CDG et Caisse des Dépôts et Consignation française).

MD



 

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