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Attijariwafa Bank, promoteur du financement touristique Investissements

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Publier le : February 17, 2005

En attendant que Mc Kinsey, le cabinet d’études américain de renom, ne donne au M. Premier Ministre, M. Driss Jettou, les résultats de l’étude qui doit définir les autres secteurs cibles de l’économie marocaine, le tourisme reste le secteur-phare de l’activité économique. Alors que les premières concrétisations du Plan Azur apparaissent et que le partenariat public privé tourne de mieux en mieux. Cela est d’ailleurs attesté par le financement de projets publics qui, de plus en plus, bénéficient de concours bancaires, voire du marché financier.
En effet, les banques contribuent d’une façon croissante au financement de la politique gouvernementale, notamment en matière de logements sociaux ou de promotion du tourisme.
C’est dans ce contexte qu’Attijariwafa Bank vient de se positionner très favorablement dans le financement du tourisme en proposant concomitamment le crédit Investotel et en créant un fonds original et spécifiquement dédié à la capitalisation des entreprises opérant dans ce secteur.
En effet, dans sa nouvelle organisation, Attijariwafa Bank a réservé deux "business units" pour le financement de l’entreprise. Il s’agit, d’une part, de la banque de l’entreprise, dédiée au financement classique de l’entreprise et notamment au financement de l’investissement et, d’autre part, de la banque d’investissement.

Un crédit de type nouveau

En rapport avec la problématique du financement du tourisme, la première "unit" et tout particulièrement l’équipe de Mme Noufissa Kessar, responsable de l’investissement à la banque, a été réactive en travaillant avec le Ministère en charge de ce secteur, pour élaborer une formule de financement prenant largement en compte les contraintes et les besoins des opérateurs, tels que déterminés par la Fédération du Tourisme.
Il s’agit notamment de la durée du financement qui doit être longue, pour correspondre à celle de l’investissement lequel s’étend sur huit à neuf ans au moins et du taux d’intérêt qui doit être fixe pour une longue visibilité. Sachant que les ressources bancaires sont plutôt courtes et que les crédits se situent de ce fait largement sur le court  et moyen terme, Attijariwafa Bank a consenti un notable effort en proposant la formule Investotel sur une maturité de 15 ans, sachant que le long terme pour une banque ne peut se concevoir au-delà de 7 à 9 ans. En ce qui concerne le taux, ne pouvant annoncer un taux unique maximum sur 15 ans, le produit en question, propose d’assurer la fixité du taux de 5 ans en 5 ans dans le laps des 15 ans. Le taux, lui-même, est déterminé sur la base des taux du Trésor en prévoyant une indexation et une marge bancaire préalablement définie pour chaque tranche de cinq années. Cela signifie que si le taux d’intérêt peut évoluer avec celui des bons du Trésor, la marge de la banque, quant à elle, restera fixe.  De même, le crédit Investotel épouse les cash-flows de l’opérateur du tourisme puisque les amortissements tiennent compte des possibilités effectives de remboursement de l’entreprise afin d’alléger la structure de sa charge financière. En outre, il est prévu que les remboursements par anticipation ne subissent pas de pénalités. De plus, pour le lancement de ce produit une offre promotionnelle pour 2005, fait l’objet d’une enveloppe globale d’un milliard de dirhams dégagés par Attijariwafa bank sur les 4 milliards dont a besoin le secteur pour l’année en cours à raison de 50 % en dettes bancaires et 50 % en fonds propres. Enfin, pour les projets financés au cours de cette année, un taux unique sur 15 ans sera proposé. Pour apprécier le niveau de ce taux, il faut savoir que la référence du taux des bons du Trésor d’une maturité de 10 ans, augmenté du minimum réglementaire de 150 points de base, aboutit à 6,86 %.
Le succès de l’offre d’Attijariwafa bank ne s’est pas fait attendre, compte tenu des potentialités en termes de besoins de financement du secteur touristique. Les demandes proviennent d’investisseurs variés.
Ils vont du pompiste qui veut construire un petit hôtel au-dessus de sa station, à la personne qui possède un terrain à Marrakech sur lequel elle souhaite édifier un établissement hôtelier, aux projets mieux structurés, bien ficelés et déjà arrivés au stade du financement. De même, certains professionnels du secteur, déjà endettés  par ailleurs, veulent profiter de cette intéressante formule de financement pour procéder à des rachats de crédits et convertir leur dette en une durée plus intéressante et un taux plus faible. Et ce, d’autant que ce type de crédits n’est pas assorti d’une obligation d’apport personnel à condition que le projet dégage suffisamment de cash-flows pour couvrir les charges du crédit.

Un fonds aux attraits puissants

Parallèlement à cette formule de crédit, Attijariwafa bank propose un fonds d'investissement dédié au financement du tourisme, placé sous la responsabilité de Mme Lamiae Boutaleb, en charge du capital risque à la banque. Cette option prend une ampleur très importante avec la récente décision de la Direction des Assurances du Ministère des Finances, d'accepter les prises de participations des compagnies d'assurances dans des fonds immobilier,  pour le tourisme, pour leurs réserves techniques. Jusque-là en effet, les compagnies pouvaient mettre en face des primes collectées, des bons du Trésor, des actions ou obligations privées alors que leurs investissements dans l'immobilier représentaient les capitaux propres et ne pouvaient constituer la contrepartie des privilèges des assurés. Et les institutionnels ne pouvaient immobiliser des capitaux en investissant dans des fonds de ce type. Désormais, une seule exception sera permise, celle des fonds immobiliers pour le tourisme et on gagera qu'ils ne manqueront pas de le faire du fait de la rentabilité des investissements immobiliers.
L'originalité de ce fonds réside dans le fait que les institutionnels ne prennent pas en général, de participations dans les sociétés de promotion touristique, ni dans des sociétés de gestion d’hôtels. Les institutionnels craignant, en effet, le risque connu de ce secteur où plusieurs très grosses ardoises ont été laissées par le passé,  refusent de partager le risque d'exploitation de ces unités qui connaissent des conjonctures cycliques. En conséquence, le nouveau fonds en question se base sur le principe que l'investissement immobilier doit être dissocié de la gestion de l'acticité des entreprises du secteur du tourisme. Il a donc été créé en considération du fait que la partie fonds propres, apportée par le fonds, doit exclusivement financer l'investissement immobilier qui peut représenter 70 à 85% de l’investissement global dans une unité hôtelière.
Le fonds immobilier lancé par Attijariwafa bank cible ainsi une enveloppe de 500 MDh à investir dans l'immobilier du tourisme pour contribuer à l'amélioration des fonds propres des entreprises du secteur à travers le foncier et la construction des murs.  Cette formule, pour les promoteurs du tourisme, s'apparente à un leasing immobilier puisque le fonds apporte généralement le montant total de l'investissement dans le foncier et les constructions dont il devient propriétaire et qu'il loue au promoteur. Les loyers sont liés au montant de l'investissement. Au bout de cinq à sept ans, une option d'achat des murs est prévue par le promoteur à un prix convenu d’avance. La durée du fonds est de dix ans au terme desquels, tous les investissements doivent être vendus en priorité  aux promoteurs. L'objectif du fonds est donc bien de faciliter la réalisation du contrat programme du Tourisme, un secteur à intensité capitalistique élevée
Les institutionnels sont demandeurs au regard de l’expertise mise en place dans le cadre de la gestion du Fonds, ainsi que de la rentabilité prévue de ce type d’investissements. À ce sujet, d'ailleurs, le Crédit Foncier, filiale des Caisses d'Épargne françaises, a assisté l’équipe d’Attijariwafa bank dans la validation du montage du fonds. La filiale, dédiée à l'immobilier, du Crédit Agricole, actionnaire de la banque dirigée par M. Khalid Oudghiri, pourrait rejoindre aussi ce projet.
Les fonds d'investissements constituent un nouveau relais de financement utilisé par les banques, qui chacune investit des secteurs différents. Attijariwafa Bank a privilégié  l'immobilier touristique. Ce type de fonds doit être multiplié plusieurs fois pour aider à la réalisation du plan 2010.

Afifa Dassouli



 

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