Cela fait presque deux ans que les dirigeants des filiales cotées du Groupe Akwa –Maghreb et Afriquia Gaz- ont promu de sortir de leur réserve traditionnelle et d’instituer une communication continue avec le marché. Depuis, en matière d’informations financières, ils ont rattrapé leur retard en organisant des rencontres avec les analystes financiers et la presse lors des publications de résultats comme le recommande le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM). Conscients que l’information dont a besoin le marché et leurs actionnaires ne se limite pas uniquement à la présentation de résultats semestriels et annuels et à des indications sur les stratégies adoptées par le Groupe et les filiales cotées, les managers des deux filiales ont souhaité montrer patte blanche en ouvrant leurs sites de production aux analystes, journalistes et au CDVM afin de donner une vision plus large de leur domaine d’activité. Ainsi, après la visite orchestrée au niveau du site de Had Soualem, ce fut au tour d’Afriquia Gaz d’ouvrir les portes de ses sites: le centre de remplissage Maghreb Gaz et la filiale de stockage créée en joint venture avec Shell, Stogaz.
Dans ces deux sites, la première chose qui frappe le visiteur a trait aux mesures de sécurité mises en place. Il faut dire que les produits manipulés ou stockés dans ces deux sites (propane et butane) l’exigent aussi. Outre la présence d’extincteurs CO2 et Azote, de circuit anti-incendie permet d’appréhender tout risque d’anomalie. En plus, dans les deux centres visités, les consignes de sécurité sont claires: interdiction de fumer, de laisser le portable allumé, d’utiliser des appareils électriques, etc.
Immersion des cylindres
Au niveau du Maghreb Gaz, centre d’emplissage détenu à hauteur de 37,5 % par Akwa Holding, 37,5 % par Shell et 25 % par Ziz, les bouteilles de 3, 6, 12 kg de butane et de bouteilles de propane sont passées au crible pour détecter d’éventuelles anomalies avant leur remplissage. Les bouteilles ayant des défauts et/ou ayant atteint leur âge limite sont rejetées. Quant aux bouteilles ayant besoin de réparations (changement des dispositifs de fermeture, peinture, etc), elles sont traitées sur place. Une fois que les bouteilles, appartenant à divers distributeurs, passent tous les tests dont certains recommandés par le ministère de l’Énergie, elles sont acheminées sur les chaînes de remplissage automatisées et adaptées au poids de chaque bouteille. Pour plus de sécurité, le centre dispose d’une grande piscine pour faire face à un éventuel incendie.
Le clou de cette sortie reste incontestablement la visite au centre de stockage de propane, Stogaz. Situé à Mohammedia, cette unité, détenue par Afriquia Gaz et Shell à hauteur de 50 % chacune, sert à contrer les tarifs élevés pratiqués par la Samir sur le propane depuis sa libéralisation en 1996. Stogaz possède une capacité de stockage de 2000 tonnes métriques de propane. En guise d’introduction, M. Tawfik Hamoumi, Directeur Général d’Afriquia Gaz, a souligné, avec une certaine fierté, en direction des visiteurs, qu’ils “font partie des rares privilégiés à voir de telles installations de stockage du propane”. Et pour cause, Hormis les installations de Stogaz, il faudra faire le voyage au Vietnam pour en trouver de pareilles. Concrètement, et comme l’a bien l’expliqué le patron des lieux, M. Hassau Lahcen, Directeur Général de Stogaz, “la technique de stockage du propane utilisée au niveau du centre Stogaz repose sur une technologie de construction basée sur l’immersion de deux cylindres de stockage, en forme de cigares, dans un bassin d’eau”. Cette technique, présente plusieurs avantages. En termes de sécurité, “l’immersion des cylindres permet de limiter la fuite des gaz en cas d’accident, de faire face aux chocs externes du fait que les cylindres sont noyés dans une piscine dont les murs en béton ont une épaisseur large d’un mètre, de protéger le stock en cas d’incendie autour, etc”, poursuit le Directeur Général du centre. Autre avantage, “cette technique permet de maintenir le propane à une température ne dépassant pas les 23 °C et ce durant toute l’année”, une nécessité pour ce produit.
Protection infrarouge
L’immersion des cylindres de stockage reste toutefois une technique coûteuse. Outre les investissements de départ, les installations nécessitent des surveillances et des entretiens très rigoureux. A titre d’exemple, rien que l’eau dans laquelle sont immergés les deux cylindres d’une longueur de 59 mètres chacun est purifiée et changée de manière continue. A noter que ce centre de stockage de propane possède une capacité de 2 000 tonnes métriques. La rareté de telles installations s’explique en grande partie par le coût d’installation et d’entretien. Toutefois, pour Afriquia Gaz, “l’investissement a été contenu grâce à la préexistence sur le site de pipelines reliant le centre de stockage au port de Mohammedia”, fait remarquer M. Tawfik Hamoumi.
Pour plus de sécurité, le centre dispose également d’un château d’eau pour faire face à un incendie éventuel. Doté de deux moteurs à diesel pour suppléer une panne due à une coupure d’électricité, cette installation permet au personnel de l’unité de faire face à un incendie en attendant l’arrivée des pompiers.
Et pour corser le tout, Stogaz, dont les portes d’accès sont verrouillées, a mis en place un système de protection à infrarouge qui permet de détecter toute intrusion au sein du site par d’autres issues que celle de la porte d’accès. Même ceux qui passent par cette porte, y compris les visiteurs d’un jour que nous étions, ont été invités à respecter certaines règles élémentaires dans de tels centres: pas de briquets, portables éteints, pas d’appareils électriques, etc.
A noter que toutes les opérations (remplissage des cylindres de stockage, entrées-sorties des camions de distribution, détection des anomalies avec identification du niveau, intrusion dans l’enceinte du site, etc.) sont automatisées et opérées à partir d’une salle de contrôle.
En clair, la sécurité des riverains et du site a constitué une priorité pour Afriquia Gaz et ce d’autant qu’aucune réglementation n’obligeait la société à entreprendre de tels investissements au moment de leurs installations. Et comme avec les produits aussi inflammables, on est jamais trop prévoyant, en plus des mesures de sécurité d’ordre préventif et curatif, Afriquia Gaz s’est dotée de couvertures adéquates des risques industriels par des polices d’assurance spécialisées.
In fine, rappelons qu’Afriquia Gaz est l’entreprise la plus importante du Pôle Gaz du Group Akwa qui comprend, également Somas, Stogaz, Techno Gaz, Maghreb Gaz, AB Gaz et Tadla Gaz. Afriquia Gaz dispose de quatre centres d’emplissage (Casablanca, Marrakech, Oued Zem et Souk Larbaâ) totalisant une capacité de stockage de 950 tonnes pour le propane et 5 000 tonnes pour le butane. La filiale du Groupe Akwa dispose d’une flotte de camions de différentes tailles pour effectuer des livraisons au profit des clients. Afriquia Gaz réalise plus de 53 % du chiffre d’affaires du Pôle. La société a réalisé au terme du premier semestre 2004 un chiffre d’affaires de 368,8 MDH, en hausse de 11,8 % et un résultat net de 19,7 MDH en progression de 10,4 %, par rapport à la même période de l’exercice précédent. Afriquia Gaz a été introduite à la Bourse de Casablanca en 1999 suite à une augmentation de capital et par une souscription en numéraire de 412000 actions au prix de 185 dirhams
l’action. L’action Afriquia Gaz vaut actuellement 449 dirhams (cours du 16 février 2005).
Moussa Diop