| | Articles » Finance | | CNIA, le renard et les raisins |
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Sur la base d'informations des plus fiables, La Nouvelle Tribune a annoncé dans son édition de la semaine passée que la CNIA, compagnie d'assurance détenue majoritairement par le groupe ARIG, opérateur originaire du Golfe, avait été cédée au groupe SAHAM de Moulay Hafid Elalamy. Notre hebdomadaire avait recoupé ses sources et M. Elalamy lui-même, contacté par nos soins, avait confirmé qu'il figurait sur une "short list" qui comprenait également un autre candidat . Cette nouvelle, évidemment, a fait le tour de la place et suscité quelques réactions très peu déontologiques de plusieurs confrères, dépités sans doute d'avoir raté ce "scoop"... Ils reprirent l'information sans mentionner son origine, tout en s'essayant à en relativiser la portée (au moins pour l'un d'entre eux), appliquant à la lettre la vieille fable du renard et des raisins... Une semaine après, l'affaire est toujours au devant de la scène financière nationale, mais plusieurs éléments sont intervenus qui donnent à croire que le Groupe SAHAM ne sera finalement pas retenu par Arig. En effet, dans le contexte actuel d'un secteur des assurances en piteux état, caractérisé par une ardoise globale d'impayés d'un montant de 9 milliards de dirhams sur un chiffre d'affaires total de 11 milliards à fin 2004, alors que les nouvelles dispositions prudentielles du code des assurances entrent en vigueur appuyées de surcroît par les mesures fiscales introduites par la Loi de Finances 2005, on estime dans les milieux proches du Ministère des Finances que la cession de la CNIA à une personne physique, aussi expérimentée soit-elle, n'est pas de mise. De plus, certains des actionnaires de la CNIA, tels la CDG ou RMA Watanya n'approuveraient pas une telle initiative qui atomiserait encore plus un secteur où la concentration est à l'ordre du jour, accompagnée d'ailleurs par les efforts de restructuration entrepris depuis plusieurs mois par la Fédération nationale des Assureurs que préside M. Mustapha Bakkoury, Directeur général de la CDG et "patron" du RCAR. En outre, la CNIA possède pour partenaire depuis deux bonnes décennies le Groupe Banques Populaires avec lequel elle réalise une part conséquente de son chiffre d'affaires parce qu’il est le distributeur exclusif de ses produits. La BCP a d'ailleurs fait savoir que la cession de la CNIA à tout nouvel opérateur entraînerait ipso facto la fin de toute collaboration entre le Crédit Populaire et cette compagnie remise à flot par le dynamique Saïd Ahmiddouch. Enfin, comme chacun sait, le groupe de M. Noureddine Omary, doté désormais du statut de société privée cotée en bourse, aspire depuis longtemps à investir et s'investir dans l'assurance, considérant qu'il s'agit là d'une démarche normale pour tout opérateur bancaire d'importance à l’heure du développement de la bancassurance. Pour ce, le PDG de la BCP a d’ailleurs demandé carrément un agrément pour création d’une nouvelle compagnie que les services de M. Oualalou n’a pas accueilli avec enthousiasme. La CNIA serait donc l'occasion espérée pour cette banque, de concrétiser une telle aspiration. A l'heure où nous mettons sous presse, telles sont les principales certitudes dont nous disposons et que nous mettons confraternellement à la disposition de nos collègues, avec la conviction que l'important n'est pas de réaliser un scoop, mais d'avoir le sentiment d'accomplir son travail d'information avec honnêteté, rigueur et passion. Afifa Dassouli
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