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Les introductions programmées vont soutenir Bourse de Casablanca

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Publier le : January 27, 2005

Prévoir ce que sera le marché boursier ou des secteurs et sociétés cotées est devenu au cours de ces dernières années une gymnastique que beaucoup d’analystes essayent d’éviter. L’intensification de la concurrence au niveau des différents secteurs, les restructurations qu’elle implique et la conjoncture nationale sont autant de facteurs dont il est difficile de prévoir les impacts. Malgré tout, certains analystes s’y mettent pour donner aux investisseurs quelques unes des grandes tendances sectorielles du marché boursier. Ainsi, après avoir décortiqué les réalisations du marché en 2004, les analystes de BMCE Capital Bourse ont tracé les grandes tendances qui devraient marquer les différents secteurs de sociétés cotées de la place. Bien que l’étude manque de chiffres, elle permet tout de même d’avoir une idée sur les évolutions qui marqueront les différents secteurs des sociétés cotées.
Après une année 2004, qualifiée d’année charnière, grâce notamment à la mise en œuvre de plusieurs chantiers –renforcement des pouvoirs du CDVM, simplification des conditions de cotation, concrétisation de mouvement du fusions, poursuite des opérations de privatisation, l’adoption d’un nouveau mode de calcul des indices basés sur le flottant..., l’année 2005 devrait être celle d’une croissance tirée par les effets de l’introduction en bourse de Maroc Telecom en fin 2004 et les nombreuses introductions en bourse de sociétés privées attendues cette année et qui toucheront plusieurs secteurs dont la pharmacie, l’assurance, l’informatique, les télécoms, etc. A cet égard, les analystes de BMCE Capital Bourse soulignent que “le réaménagement des compartiments de la cote ainsi que la simplification des conditions d’inscription à chacun des trois marchés devraient contribuer favorablement à l’enrichissement de la cote et au développement de la place boursière de Casablanca”. Ils tempèrent toutefois leur optimisme quant à la redynamisation de la place, arguant que pour consolider le mouvement haussier enregistré au cours des deux dernières années, “les pouvoirs publics seront interpellés à nouveau sur la prorogation des conditions fiscales avantageuses aux entreprises candidates à l’introduction en Bourse et aux particuliers boursicoteurs”. Mieux, ils avancent que “la mise en place du Plan Epargne Actions défiscalisé et la création d’un marché à terme semblent plus que jamais des thèmes d’actualité”. 
En attendant de tels éventuels avantages, le marché pourra compter sur la consolidation de la capacité bénéficiaire des sociétés cotées pour recruter et fidéliser les investisseurs. A ce niveau, après une hausse des bénéfices des sociétés cotées au niveau du marché de l’ordre de 44,1 % en 2003, les analyses de BMCE Capital Bourse estiment que “le total des résultats nets de la place devrait s’inscrire en hausse de 16,4 % en 2004, et de 8,7 % en 2007, capitalisant sur le bon  comportement économique général des différents secteurs de la cote”. 

Une intensification de la concurrence

Reste que tous les différents secteurs auront des comportements divergents.
Au niveau du secteur bancaire, “l’intensification de la concurrence devrait repositionner les opérateurs sur l’échiquier bancaire et réduire le pouvoir de marché des intervenants de taille moyenne, aboutissant probablement ainsi à des recentrages stratégiques et à la consolidation”. En plus, et les banques sont appelées à concilier entre le financement de la mise à niveau, avec les implications en terme de contentieux et de profitabilité, tout en faisant face aux nouvelles dispositions réglementaires de Bâles II. C’est dire que l’année 2005 sera certainement celle de la mise en place d’outils performants de gestion des risques au niveau du secteur bancaire. Pour les Sociétés de financement, on devrait “assister à un redressement de leurs niveaux de rentabilité à partir de 2005, profitant des effets d’assainissement des portefeuilles de crédits”, avancent-on auprès des analystes de BMCE Capital. Les impératifs de gestion des risques et la baisse continue du TMIC devraient réduire davantage les marges bénéficiaires dans un secteur où les petites et moyennes structures, non adossées à de groupes solides, résistent difficilement à la concurrence imposée par les grandes structures ou celles adossées à des groupes. Concernant les Assurances, les analystes estiment qu’en dépit d’“un gisement de croissance notable, comme en attestent les faibles taux de croissance notable et de pénétration nationale (moins des 3 % du PIB), les opérateurs s’accordent sur une croissance à venir modérée”. Le secteur, qui demeure assujetti à un certain nombre de contraintes, dont la recrudescence des risques opérationnels, techniques et financiers et l’amplification de la concurrence, pourra toutefois compter sur la branche vue qui “devrait toutefois connaître une évolution intéressante à moyen terme dans le sillage de l’essor de la bancassurance”. Du côté du secteur pétrolier, représenté exclusivement par la Samir, outre la convention d’investissement d’un montant de 6 milliards de dirhams, destinés à la modernisation des installations techniques du raffineur, la Samir va tirer profit du maintien de la structure de la formule tarifaire, du report de l’entrée en vigueur des nouvelles normes de production à 2008 et le rétablissement des droits de douane sur l’importation des produits pétroliers raffinés avec le maintien  du calendrier initial de démantèlement des tarifs douaniers.

Des tendances contrastées

Concernant les mines, qui malheureusement n’ont pas tiré profit des redressements des cours internationaux des métaux de base au cours de ces dernières années, du fait de la politique de sur-couverture pratiquée par Managem et sa filiale Imiter. L’année 2004 a connu le développement de l’hydrométallurgie et l’inauguration des nouvelles mines de Draa Sfar et de Samira Hill. Malgré les effets positifs qu’induiront ces nouvelles activités, “le recours de Managem au marché international pour honorer ses engagements de vente devrait affecter ses résultats au courant de l’année 2005”, font remarquer les analystes de BMCE Capital Bourse.
A l’opposé, il faudra une fois encore compter sur le secteur des Bâtiments & Matériaux de Construction qui “continuerait à afficher de bonnes réalisations”. Outre l’accélération du programme des 200 000 logements et le lancement de plusieurs chantiers d’envergure, notamment dans le domaine touristique. En plus, “l’annonce non encore officielle du report de l’entrée en vigueur de l’accord d’Agadir, prévu initialement pour janvier 2005, devrait également laisser plus de temps aux cimentiers ainsi qu’au sidérurgiste national pour se préparer à l’éventuelle entrée sur le marché de nouveaux concurrents”, pronostiquent les analystes. Enfin, le secteur Agro-alimentaire affichera en 2005 des tendances contrastées par branche. Le marché des bières connaîtrait une accélération avec la hausse des arrivées touristiques et des opportunités potentielles d’exportation des produits vinicoles marocains. Pour les boissons gazeuses, la concurrence s’intensifie avec le retour de Pepsi Cola sur le marché national, grâce à un accord de partenariat avec Les Eaux Minérales d’Oulmès. Pour le secteur laitier, la levée du blocus sur l’importation des génisses, sous conditions de respect de certaines conditions, et l’assujettissement des coopératives réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 2 MDH à la TVA et l’impôt sur les sociétés, devrait pousser le marché vers une évolution qualitative et impacter la configuration concurrentielle de la filière. Au niveau de l’industrie oléagineuse, l’avènement de deux concurrents de taille, Groupe Belhassan et le Groupe Amhal en partenariat avec le Saoudien Savola, devrait corser la concurrence sur le secteur. Enfin, l’industrie sucrière pourrait connaître l’achèvement de son processus de libéralisation. Quant au leader du marché, Cosumar, il s’est engagé dans un vaste programme d’investissement devant aboutir à une augmentation de ses capacités de production. 

MD



 

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