Le point de presse de M.Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation était attendu à plus d'un titre. Non pas parce que l'argentier du pays est un bon orateur - cela va de soi vu sa formation de professeur universitaire)- mais parce qu'il était question de présenter les performances de l'économie nationale au titre de l'année 2004. En la matière, le ministre n'a pas déçu ses invités puisque toutes les questions ont été abordées. Avant de passer aux chiffres, quelques indications s'imposaient notamment au sujet du Plan d'actions stratégiques (PAS) que le ministère a mis en place. Dans ce contexte, dira le ministre, le bilan de l'année 2004 a été marqué par l'amélioration du cadre macroéconomique et la consolidation des réformes économiques. Parallèlement, le ministère a mené la bataille pour la modernisation du sytème de gestion et de contrôle des finances publiques ou encore l'amélioration de la gouvernance ainsi que l'optimisation des ressources. Pour ce qui est de l'année 2005, M.Oualalou table sur la relance de la croissance économique, la consolidation du cadre macroéconomique, sans oublier la mise en place de nouvelles réformes en vue d'accompagner les réformes structurelles. Dans sa démarche, il compte poursuivre l'effort de modernisation de la gestion de son Département. Un ensemble d'éléments qui confortent sa politique dans le domaine. Naturellement, la rencontre avec les représentants de la presse nationale a été confortée par les chiffres, notamment en matière du traitement de la dette intérieure et extérieure, le déficit et l'investissement public. Le ministre a également abordé la situation des établissements publics financiers tels que le CIH et la BNDE avant de parler de la Bourse de Casablanca. Dans ses commentaires et analyses, M. Oualalou s'est montré optimiste, plus que jamais. Ainsi, la dette intérieure et extérieure est passée de 75 % en 2000 à 66,5 % en 2004. Ce qui constitue un signe positif dans l'amélioration du traitement de la dette surtout qu'en 1995, ce taux était de 83,2 %. Mais le ministre n'entend pas s'arrêter là puisqu'il souligne: "notre but est d'arriver à 60 % qui est la norme internationale et nous y arriverons." Ainsi, l'encours de la dette du trésor est passé à 294,5 Mrd Dhs (66,7 % du PIB) contre 69,4 en 2003). Cet encours se répartit à hauteur de 70,4 Mrd Dhs (15 ,9 % du PIB) pour la dette extérieure et 224,1 Mrd Dhs, soit 50,7 % du PIB, pour la dette extérieure. Concernant le déficit budgétaire, le ministre a été on ne peut plus formel. "En définitive, et malgré la prise en charge des dépenses exceptionnelles (pétrole, lutte anti acridienne) la situation provisoire des charges et ressources du trésor de 2004 dégage un déficit budgétaire, hors recettes de privatisation, de près de 4,4 % du PIB, à comparer à 5,7 % prévus initialement par la loi de Finances. Par rapport à l'exercice 2003, le déficit hors recettes de privatisation, marque un recul de 0,3 point de PIB. Cette évolution positive conforte notre volonté de parvenir à moyen terme à un déficit des finances publiques de l'ordre de 3 % du PIB en dehors des recettes de privatisation. Le besoin de financement de l'ordre de 13,3 Mrd Dhs, auquel s'ajoute le flux net négatif des financements extérieurs de 6,5 Mrd Dhs, a nécessité des financements intérieurs nets de près de 19,8 Mrd Dhs", devait souligner le conférencier. Pour ce qui est des dépenses d'investissement, elles se sont chiffrées à près de 22,1 Mrd Dhs, en augmentation de 2,2 Mrd Dhs, soit 11,3 % par rapport à 2003 et 1,8 Mrd Dhs par rapport aux prévisions d'émissions de 2004. Pour le minitre, cela reflète une meilleure utilisatiopn des crédits disponibles. Toutefois, il est à remarquer qu'à ces dépenses d'investissement du budget de l'État en nette augmentation, il faudra ajouter celles du Fonds Hassan II, des collectivités locales et des établissements publics pour avoir une vision consolidée de l'investissement public. Concernant, l'année en cours, M. Oualalou souligne que le montant global de l'investissement public, au titre de la loi de Finances 2005 s'élève à 70,9 Mrd Dhs contre 64 Mrd Dhs, soit un accroissement de 10,7%. Les secteurs concernés sont l'infrastructure de transport et de communication, la production et transport de l'eau, l'industrie de transformation, mines et énergies, la pêche maritime, l'agriculture et le monde rural, la promotion économique, les insfrastructures administratives, les infrastructures à caractère local ainsi que les secteurs sociaux. Naturellement, on ne peut ne pas parler de la réforme du secteur financier qui vise principalement l'amélioration des conditions de financement de l'économie, le renforcement du système de supervision, la restructuration des institutions financières publiques et le développement de l'épargne longue. Selon le ministre, l'année 2005 a été caractérisée par la mise en place des textes d'application afférents aux lois portant réforme de la Bourse, du CDVM, de Maroclear, des OPCVM, des opérations de pension. À ces textes s'ajoutent la lopi portant statuts de BAM. De même, un projet de loi contre le blanchiment des capitaux et un projet de loi élargissant le champ de la titrisation, qui vont être prochainement présentés au Gouvernement. Last but not least, le ministre affirme : “Les considérations bubgétaires ne pourront jamais primer dans l’acte de privatisation. Je ne crois pas, non plus, que le Maroc subit la gestion de sa dette . Cela a été fait dans le temps. Depuis dix ans, il n’y a pas un indicateur négatif. En outre, nous n’avons pas de relations institutionnalisées avec la Banque Mondiale ni la FMI, mais des relations de partenariat. Quant à la Bourse, nous avons la volonté de l’accompagner dans son développement, mais il faut aussi que les entreprises s’intéressent à ce secteur. Assurément, l'année 2004 a été très chargée pour le ministre des Finances et de la Privatisation.
Mamady Sidibé
Les orientations pour 2005
Sur ce volet, M. Oualalou compte relancer la croissance économique notamment par l’optimisation de l’investissement public, l’accompagnement de la mise en oeuvre des mesures d’encouragement de l’investissement et la participation à la réflexion sur une nouvelle stratégie industrielle. La consolidation du cadre macroéconomique est également prévue notamment à travers la maîtrise du déficit et l’amélioration des conditions de financement du Trésor grâce à l’amélioration des recettes par l’accélération de la réforme fiscale, une évaluation des dépenses fiscales, la lutte contre la fraude en douane et la poursuite du programme de privatisation et de concession. Dans le même cadre, l’accompagnement des réformes structurelles est au menu, notamment en ce qui concerne les régimes de retraites et l’AMO, les nouveaux statuts de BAM, le projet de la nouvelle loi bancaire, l’assainissement des institutions financières publiques, et l’accompagnement des réformes sectorielles, notamment l’habitat et l’administration publique. Le ministre compte continuer la modernisation de la gestion du MFP à travers la gestion des ressources humaines, la consolidation de la déconcentration, l’amélioration des conditions d’accueil des citoyens, la rationalisation et l’optimisation de la dépense informatique, et l’enrichissement de la communication du ministère via l’Internet et l’Intranet. Enfin, la bonne gouvernance qui va être menée à travers trois projets prioritaires. Il s'agit de la réflexion qui doit être menée par le ministère pour la mise en place de mécanismes de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption, l’étude qui sera lancée dans le courant du 1er semestre 2005 pour la réforme du contrôle de la dépense publique pour y introduire davantage de fluidité et de souplesse et le rendre moins coûteux et l’adoption d’une démarche de programmation pluriannuelle sur 3 ans en vue d’inscrire le plan d’action stratégique dans une vision temporelle à moyen terme.