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Sothema va céder 15 % de son capital au public Introduction en Bourse

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Publier le : January 20, 2005

“C’est un jour mémorable pour Sothema”, s’est exprimé M. Omar Tazi, son Président Directeur Général, pour apprécier le long parcours jalonné de succès de la société qu’il a fondée en 1976, en partenariat avec deux laboratoires, l’américain Lilly et le français Laphal. A la veille de son introduction à la Bourse de Casablanca, Sothema se hisse au 5ème rang des unités pharmaceutiques du Maroc, filiales de multinationales comprises, à la 3ème position pour les unités à capitaux marocains et occupe le premier rang au niveau national pour les unités de fabrication sous licence. Sothema compte 4 unités de production pour une superficie couverte de 47 000 m2, une cinquième unité de fabrication est en cours de construction et l’ouverture d’une nouvelle unité de production au Sénégal est en cours de réalisation. La société compte actuellement 463 salariés. Outre le fait de disposer de l’une des 7 unités de production d’insuline non génériques au monde, Sothema dispose d’un portefeuille diversifié de 230 produits, 30 formes galéniques et compte sur 32 laboratoires commettants. Ainsi, en presque trente ans d’existence, Sothema est devenue un acteur majeur du secteur pharmaceutique national avec un outil industriel et des process de fabrication aux standards des grands leaders mondiaux du secteur.
Globalement, l’activité de Sothema se scinde en quatre grands ensembles: la vente de médicaments sous-licence de grands laboratoires internationaux (médicaments fabriqués et/ou importés), la fabrication pour compte propre, le façonnage (mise à la disposition du savoir-faire et de l’outil industriel pour des tiers) et l’export. Sothema est présente sur les principaux segments du marché: appareils digestifs & métabolisme (Umuline, Serum et Biotone), antinfectieux (Ospamox, Starpen, Altafil), Système nerveux central Prozac, Nootropil, Nalgézic), appareil cardio-vasculaire (Amilo, Zanidip), etc. Ce qui lui a permis de réaliser au cours de ces dernières années un chiffre d’affaires en nette progression. Celui-ci est passé de 215 MDH en 1998 à 504 MDH en 2003, réalisant un taux de croissance moyen annuel de 19 %. Toutefois, pour 2004, le chiffre d’affaires devrait connaître un très léger repli pour s’établir à 502MDH. Une baisse qui s’expliquerait, selon Souad Benbachir, Administrateur associé CFG Group, “par la transformation du contrat passé avec le laboratoire MSD d’une licence en un contrat de façonnage”. Cette opération a eu un impact négatif sur le chiffre d’affaires en ce sens qu’au niveau de la compatibilité, Sothema n’enregistre désormais que la facturation de services de façonnage (location de l’outil industriel et mise à disposition de ressources) et non la vente des produits. Or, pour l’exercice 2003, le chiffre d’affaires réalisé avec la licence MDS avait atteint 52 MDH. Reste que cette transformation du contrat MDS “n’affecte pas le bénéfice de la société en ce sens que la marge brute du contrat MSD reste maintenue avec le façonnage”, fait remarquer Mme Benbachir. Ainsi, le tassement du résultat net de Sothema en 2004, à 45 MDH contre 46 MDH en 2003, ne s’explique pas du tout par l’impact du passage au façonnage sur les compte de l’exercice 2004, mais de l’augmentation significative des charges du personnel suite au recrutement de 37 nouveaux salariés dont 26 commerciaux et de la hausse des frais d’entretien. En dépit de ce tassement des bénéfices en 2004, notons que sur la période 2001 et 2004, les bénéfices générés par Sothema ont plus que doublé passant de 21 MDH à 45MDH, soit une progression moyenne annuelle de 29 %.
En terme de rentabilité, Sothema affiche des indicateurs très satisfaisants. Ainsi, sur la période 1998-2004, la rentabilité des capitaux investis, indicateur qui permet de mesurer la productivité de l’actif économique de Sothema, s’est établie en moyenne annuelle à 20 %. Mieux, la rentabilité des fonds propres s’est établie à 25 % sur la même période. En clair, Sothema affiche une rentabilité élevée et récurrente. En plus, le niveau d’endettement de la société demeure encore faible avec un taux d’endettement qui représente à peine 28 % des fonds propres.

Business plan

Pour l’avenir, plusieurs indicateurs militent en faveur d’une consolidation de la croissance et de la rentabilité. Ainsi, dans le business plan établi pour la période 2004-2008, le chiffre d’affaires de Sothema devrait afficher un taux de croissance moyen annuel de 8 % pour s’établir en fin de période à 757 MDH. De même, le résultat d’exploitation devrait passer de 69 MDH à 114 MDH, enregistrant une croissance moyenne de 6 % l’an. Enfin, le bénéfice net devrait passer de 45 MDH à 87 MDH en 2008, soit une hausse annuelle moyenne de 14 %.
Reste que pour atteindre ces objectifs, Sothema doit entreprendre d’importants investissements qui se chiffrent entre 30 et 40 MDH dans les toutes prochaines années pour faire face à la fabrication de produits sophistiqués très demandés au niveau du marché européen. La cession de 15 % du capital au public via la Bourse de Casablanca permettra à Sothema de renforcer son potentiel de financement pour faire face à son développement. En plus, comme l’a bien souligné M. Tazi, avec cette opération, la société compte atténuer l’étiquette “d’entreprise familiale” qui lui colle à la peau, gagner en notoriété et inscrire Sothema dans une logique de performance et de  transparence comme l’exige le marché boursier.
En levant ainsi des capitaux sur le marché, Sothema compte transformer ses ambitions en termes de chiffres d’affaires et de résultat net en réalisations concrètes. Les objectifs fixés dans le cadre du business plan sont réalisables, selon Mme Benbachir, partant de l’existence d’importants leviers de croissance pour Sothema. Parmi ceux-ci, il y a bien évidemment l’entrée en vigueur cette année de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Cette nouvelle donne va se traduire par une augmentation très sensible des ventes de médicaments sur le marché national et dopera les chiffres d’affaires des unités pharmaceutiques avec le passage de la population couverte de 15 % à 30 % et donc de l’augmentation sensible de la consommation de médicaments par habitant qui demeure faible actuellement, 200 dirhams par an contre 5 200 dirhams en France. Par ailleurs, comme l’a bien souligné M. Tazi, Sothema exploitera le potentiel que lui offre l’activité export qui n’a représenté que 2,17 % du chiffre d’affaires global de la société en 2003, soit 10,8 MDH. Dans cette optique, d’importants investissements ont été entrepris par la société au cours de ces dernières années pour orienter une partie de sa production vers des produits très sophistiqués (biotechnologies) dont le marché européen est demandeur. D’ailleurs, d’après le PDG de Sothema, “des contrats ont déjà été signés avec des pays européens pour des formes très sophistiqués et à forte valeur ajoutée”. Et pour aller plus loin et sortir de l’étroitesse du marché local, Sothema, “dans le but de contourner certains obstacles liés aux enregistrements des médicaments au niveau de certains pays, notamment d’Afrique, mise également sur des implantations d’unités hors du Maroc”, fait remarquer le PDG du laboratoire. La première expérience se concrétise avec la création d’une unité de production au Sénégal et qui se spécialisera dans la fabrication de produits non concurrents à ceux fabriqués par la société au Maroc mais qui répondent le mieux aux attentes des pays de cette sous-région. 
En outre, Sothema, dont l’essentiel du chiffre d’affaires est réalisé sur des produits sous-licence, tirera bénéfice du renforcement de la protection des grands laboratoires (brevets) dans le cadre des accords de l’OMC, ce qui ne manquera pas d’impacter positivement sur ses exportations. Enfin, notons que l’intensification de la concurrence, suite aux signatures d’accords de libre-échange avec plusieurs pays partenaires (Union européenne, Etats-Unis, Turquie et Accord Quadrilatéral), n’affectera pas Sothema qui demeure protégée par le fait que plus de 92 % de son chiffre d’affaires provient des produits fabriqués sous licence et donc protégés et qu’elle détient un monopole pour un certain nombre de produits phares sur le marché national.             

Moussa Diop



 

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