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"Etre un champion national par la qualité, la compétitivité, l’innovation" M. Mohamed Kettani, DG d’Attijariwafa bank :

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Publier le : January 6, 2005

La Nouvelle Tribune : Pouvez-vous nous parler de l’organisation de la nouvelle banque Attijariwafa bank.
M. Mohammed Kettani : La nouvelle organisation a pour objectif fondamental la satisfaction de la clientèle.
En effet, le client est au centre de nos préoccupations stratégiques. Nous avons identifié deux sortes de clientèle. Le particulier et le professionnel d’un côté, que nous classons dans le " retail banking " ou la banque grand public, et de l’autre côté, l’entreprise. Et nous avons monté des réseaux de vente spécifiques pour chaque catégorie de clientèle. C’est pourquoi, il y aura un transfert de clients d’une agence à l’autre, en fonction de leur nature, pour réunir les entreprises dans des centres d’affaires spécialement dédiés à ce type de clientèle, avec les cadres qualifiés et les services qui leur sont spécifiques.
La Banque des Particuliers et des Professionnels et celle de l’Entreprise sont deux des " business units " avec leurs allocations de fonds propres et leurs objectifs à atteindre.
De même que nous avons distingué la banque d’Investissement pour les domaines financiers, celle des Services Financiers Spécialisés et toutes les fonctions de services généraux et les Ressources Humaines. Les directions centrales se partagent ces business units et leur apporteront leur soutien et assistance.

Il y a donc cinq " business units "
Effectivement, il y a la Banque des Particuliers et des Professionnels, les Services Financiers Spécialisés, la Banque d’Entreprise, la Banque d’Investissement.
M Omar Bounjou coordonne les Particuliers, les Professionnels ainsi que les Services Financiers Spécialisés, je suis moi-même en charge de la Banque d’Entreprise, celle d’Investissement, tandis que M. Boubker Jaï coordonne les directions fonctionnelles : Systèmes d’information, Finances groupe, Ressources Humaines et Gestion Globale des Risques… .

Cet organigramme a-t-il été encore modifié avec le départ de M. Ali Iben Mansour ?
Non, pas exactement. Seule une répartition de la charge des trois Directeurs généraux a été révisée pour une meilleure coordination au sein de la Direction générale laquelle, je vous le rappelle, reste collégiale.

Concrètement, que va apporter aux clients, entreprises ou particuliers, cette nouvelle organisation ?
Cette organisation va nous permettre d’être proactifs au niveau de la stratégie commerciale à l’égard de la clientèle parce que les équipes seront spécialisées par segments de clients, d’asseoir la proximité et la disponibilité envers la clientèle et surtout, d’optimiser la vente entre les business units et les filiales. Nous escomptons présenter à nos clients dans leurs catégories respectives une palette de produits extrêmement riche et diversifiée.
Car, avec tout cela, Attijariwafa bank a aujourd’hui l’ambition de conforter l’écoute et la disponibilité envers le client.
 En effet, il ne s’agit pas seulement d’être un champion national par le volume ou par la taille, mais par la qualité, la compétitivité, par l’innovation, la remise en cause et l’anticipation. C’est ainsi que je vois réellement, (et il s’agit là d’un devoir), Attijariwafa bank assurer une certaine veille concurrentielle pour être une locomotive dans plusieurs métiers.

Toutefois, avez-vous fait le bilan des pertes de clientèle occasionnées par le processus de fusion absorption ?
Nous savions qu’un tel effet allait immanquablement se produire, comme dans toutes les fusions absorptions et nous avions budgétisé une perte de clientèle de l’ordre de 3 % dans les business de la banque. Mais généralement, les pertes de clients, une fois l’opération réalisée et l’intégration réussie, sont récupérées grâce à la proximité et à la qualité de service qui sont apportées par le nouvel organisme. D’ailleurs, ce sont les objectifs du Groupe Attijariwafa bank aujourd’hui. Notre devise désormais tient à la fois dans une qualité de service irréprochable et une innovation permanente.
Au niveau des " busisness units", la nouvelle organisation est-elle mise en place ?
Chacune des business units que je chapeaute, est dirigée  par un patron bien choisi. C’est ainsi que Hassan Bertal dirige la Banque d’Entreprise. Houssine Sahib celle d’Investissement. Pour ma part, je coiffe directement l’Assurance et la Gestion d’Actifs en attendant de nommer un responsable.
Les plans d’action de ces business units sont achevés et seront présentés au Comité de Direction générale dans les jours à venir.
Dans cette phase d’intégration informatique, elles auront pour objectif  principal de veiller au développement du business, gagner du terrain dans le cadre du développement de leurs activités, réoccuper le terrain sur le plan commercial, accélérer la mise en œuvre de l’organisation et accompagner la réalisation du processus d’intégration des process et de l’informatique au niveau des agences et des services centraux.

Cela signifie que vous accordez la priorité au retail banking que dirige M. Bounjou ?.
Effectivement, parce que les agences en charge de la Banque des Particuliers et Professionnels sont des usines.
Mais la spécialisation du réseau va nous permettre de résoudre plusieurs problèmes, notamment ceux afférents à la disparité des situations des clients dans nombre d’agences.
De plus, dans la Banque d’Entreprise, il y a deux marchés importants : la grande entreprise et les groupes et d’un autre côté la PME. Au siège, nous avons donc prévu deux directions d’animation qui vont épauler les centres d’affaires dans la même business unit. La Banque d’Entreprise regroupe également d’autres expertises telles que l’International, la gestion des flux et marketing d’entreprises, qui est un métier hautement technique et très important pour l’avenir, le financement du développement ou les projets de création d’entreprises avec une cellule dédiée à la mise à niveau et la restructuration industrielle.
La Banque d’Entreprise comprend ainsi plusieurs directions aux côtés du réseau. Elles servent, soutiennent et assistent le réseau.

Quelle place accordez vous à la Banque d’Investissement, dont le développement est encore faible chez nous ?
En matière de Banque d’Investissement, il y a réellement un marché puisque l’on est dans une économie qui va migrer progressivement vers une économie de marché. Et les émissions privées ont commencé à se multiplier. Cela ne peut se faire qu’à l’instigation de banques complètes. Et notre Banque d’Investissement a un programme ambitieux pour aller toucher la clientèle pour des financements alternatifs à des coûts compétitifs destinés aux grandes entreprises. Parallèlement, pour la PME, elle proposera du capital investissement, dans l’agroalimentaire, les fonds touristiques, ceux de mise à niveau, parce que la PME a besoin d’une réhabilitation de son outil de production ou de diversifier ses capacités de production. Là aussi, c’est une problématique stratégique que nous devons assumer au niveau d’Attijariwafa bank et de sa Banque d’Investissement pour les trois années à venir, dans une démarche proactive.

Combien d’agences Attijariwafa bank compte-t-elle aujourd’hui et combien en avez-vous sous votre responsabilité ?
La nouvelle entité compte désormais 474 agences, contre 275 pour l’ex-BCM. L’essentiel de ces agences sera spécialisé dans la clientèle de proximité. Mais nous aurons également une trentaine de centres d’affaires qui seront des méga agences, dédiées aux entreprises et dirigées par le réseau de la Banque d’Investissement sous la responsabilité de Hassan Bertal assisté de trois responsables réseaux, et dont j’ai en charge la coordination au titre de la Direction générale.

Mais avez-vous comme préoccupation, à ce niveau, la nécessité d’une revalorisation des salaires, notamment pour le personnel en agences, qui, selon plusieurs constatations, estime que la fusion leur a donné plus de travail, sans avantages particuliers?
Dans la bataille au quotidien que nous menons, la Direction générale mesure parfaitement que des efforts et des incitations sont à entreprendre afin d’intégrer à tous les niveaux la nouvelle philosophie et la stratégie de l’ensemble Attijariwafa bank. Il y a des projets concrets en ce sens.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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