La Nouvelle Tribune :
M. Bounjou, vous êtes Directeur Général, en charge essentiellement, de la banque de détail dans la nouvelle entité, Attijariwafa bank, avec un réseau de près de 500 agences. Quel est votre programme ?
M. Omar Bounjou :
Mon programme s’appuie sur deux axes, le premier est relatif à la réorganisation du réseau en dissociant les particuliers, professionnels et petites entreprises des moyennes et grandes entreprises. Et ce, en créant une trentaine de centres d’affaires dédiés à l’entreprise où les directeurs d’agence et les agents eux-mêmes se consacreront à satisfaire ses besoins et régler ses problèmes, alors que le reste du réseau accomplira le travail de la banque de détail, c’est-à-dire essentiellement les particuliers et les professionnels. D’autre part, en soulageant les agences du back-office qui est centralisé au niveau des centres régionaux de traitements, nous souhaitons les rendre plus commerciales, proactives et leur donner le temps et la formation pour satisfaire entièrement leurs clients. D’ailleurs, ces agences seront réaménagées afin de recevoir les clients et personnaliser le conseil. De même, elles offriront tous nos produits aux clients et iront au-delà de leurs besoins premiers en les orientant vers les services financiers spécialisés comme le crédit à la consommation, l’immobilier, le leasing, mais aussi les produits d’assurance et de gestion collective de leur épargne et bien d’autres instruments et produits. D’ailleurs, une partie de nos agents sont devenus désormais des conseillers ou chargés de clientèle dédiés à la vente des produits et à la fidélisation des clients.
Il apparaît donc naturel que vous ayez en charge les services financiers spécialisés ?
Effectivement, ces activités sont essentiellement destinées aux particuliers et aux professionnels. Nous devons les intégrer aux packages de produits proposés à nos clients et les vendre de plus en plus à travers le réseau. Sachant que chacune des filiales dispose de son réseau comme Wafasalaf qui a ses propres agences et qui travaille avec les distributeurs ou encore Wafabail qui offre ses crédits à travers les concessionnaires automobiles.
Parallèlement, avez-vous un plan de développement des agences ?
Nous sommes déjà engagés dans un plan de développement qui consiste en la création de 50 agences par an d’ici à la fin 2007. A ce jour, nous avons déjà créé 15 nouvelles agences.
La banque des particuliers est une des business units de la nouvelle organisation, pourquoi ce type de fonctionnement ?
Cette organisation permet aux équipes de se focaliser sur leur marché cible et de suivre les performances commerciales et financières de chaque segment de clientèle. C’est d’ailleurs ainsi que sont organisées plusieurs grandes banques à travers le monde. Certaines vont même, jusqu’à filialiser ces activités et se transforment en holdings. Ces business units sont autonomes, bénéficient d’une affectation de fonds propres de la banque, ont leurs propres budgets et moyens et poursuivent des objectifs de production et de rentabilité qui leur sont spécifiques.
Et à l’étranger, comment comptez-vous vous développer ?
En tant que champion national et compte tenu de la taille critique d’Attijariwafa bank, nous avons, bien sûr, un plan de développement à l’international qui repose, entre autres, sur un projet de banque européenne de type communautaire. Je m’explique : d’une part, il ne s’agit plus pour notre banque d’être représentée à l’étranger uniquement par des succursales ou des bureaux, mais par un nombre plus important d’agences offrant tous les produits et services bancaires de détail. C’est ainsi que nos agences ne se contenteront plus d’aller vers les Marocains résidents à l’étranger pour leurs transferts vers le Maroc ou le placement de leur épargne, mais pour leur proposer des produits et services bancaires européens dont nous deviendrions distributeur. Nous pensons également pouvoir attirer d’autres communautés qui, à l’instar des MRE, auraient besoin d’un traitement particulier et personnalisé.
Au-delà de l’Europe, nous comptons nous installer également en Afrique de l’Ouest et au Maghreb et, peut être un jour, au Moyen- Orient, à la recherche de nouveaux marchés domestiques aux fortes potentialités.
Comment Attijariwafa bank compte-t-elle financer son ambitieux développement ? Comptez-vous procéder à des augmentations de capital ?
Attijariwafa bank a des fonds propres suffisants pour financer son développement au Maroc et à l’étranger. C’est une banque qui dispose aujourd’hui d’une importante force de frappe.
Entretien réalisé par
Afifa Dassouli