Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Les gérants réalisent de bonnes performances OPCVM -bilan 2004

Auteur :
Publier le : January 13, 2005

Les gérants de fonds se frottent les mains. L’année 2004 a été globalement un bon cru. L’encours des OPCVM géré s’est fortement apprécié pour atteindre 81,3 milliards de dirhams à la date du 24 décembre 2004, en forte progression par rapport à l’année dernière. Cette hausse est le fait, entre autres, d’une hausse des souscriptions par rapport aux rachats d’actions et de parts, de la création de nouveaux fonds et, surtout, de l’amélioration quasi-totale des cours des titres cotés à la Bourse de Casablanca qui entrent dans la composition des divers fonds.
Par catégorie d’OPCVM, ce sont toujours les fonds obligataires qui s’accaparent de la grande partie de l’encours géré au niveau du marché avec plus de 55,51 % de l’actif net. Considérés comme des placements de refuges pour les investisseurs durant les années de crise du marché boursier –septembre 1998 à fin 2002-, les fonds obligataires n’ont pas perdu de leur attrait avec la reprise du marché boursier depuis 2003 et la baisse continue des taux. Bien au contraire. Les investisseurs misent toujours sur ce mode de placement avec l’objectif de rémunérer au maximum l’épargne gérée tout en limitant leur exposition au risque. De ce point de vue, et sur l’année 2004, les 29 OPCVM obligataires ouverts au public n’ont pas déçu les investisseurs. Ils ont réalisé des performances comprises entre 5,07 % et 15,91 %. Les meilleurs gains sont à mettre sur les comptes de Cap Solidarité et Patrimoine Obligation, toutes deux de Wafa Gestion et FCP Maroc Obligations de Marogest qui ont réalisé des performances respectives de 15,91 %, 9,77 % et 9,0 %. Ces réalisations sont à mettre en grande partie sur le compte des gérants. Outre les politiques de placement basées sur la sensibilisation ou la désensibilisation de leurs portefeuilles obligataires à l’apparition des premiers signaux annonciateurs des menaces de renversement de tendance à la baisse ou à la hausse des taux pour profiter des rendements intéressants de plusieurs positions, les professionnels du marché n’ont pas manqué de réaliser d’opérations de trading en période de stabilité avec externalisation des plus-values. En plus, alors que certains gérants jouent la prudence en misant sur l’obligataire pure, investi exclusivement sur des instruments de taux -titres émis ou garantis par l’État, titres de créances négociables et autres titres du marché monétaire-, d’autres, par contre, pour mieux profiter du redressement du marché boursier, n’ont pas hésité à investir massivement sur les valeurs ayant un fort potentiel de croissance pour doper leurs portefeuilles en prenant au passage davantage de risques.

Rendements satisfaisants

A côté des fonds obligataires, les placements actions confirment leur redressement entamé en 2003 à la faveur de la reprise du marché boursier et de la baisse continue des taux au niveau de l’obligataire. Les OPCVM actions à 60 % ont vu leur encours croître de 14,66 % à 0,48 milliard de dirhams et ont réalisé des performances annuelles comprises entre 13,38 % et 19,34%. Les fonds Actions d’Al Istitmar Chaabi, Inma Croissance de la CD2G et le FCP Al Istitmar Chaabi Actions ont vu leurs gains annuels s’établir respectivement à 19,4 %, 18,0 et 15,3%. Ces trois fonds ont ainsi surperformé l’indice MASI. Mieux encore, les OPCVM actions à 85 % ont réalisé des gains se situant dans un intervalle compris entre 6 % et 26,7 %. Dans le tiercé gagnant figurent CFG Emergence de CFG Gestion (26,7 %), Palmarès Financière de Wafa Gestion (18,8 %) et CFG Valeur de CFG Gestion (18,4 %). A noter que pas moins de 7 fonds sur les 24 qui composent cette classe et ouverts au public ont surperformé l’indice MASI en réalisant des gains compris entre 14,7 % et 26,7 %. Pour réaliser ces performances, les gérants ont opté pour des politiques de placement marquées, entre autres, par le nettoyage des portefeuilles de quelques capitalisations en raison de l’absence de visibilité sur celles-ci, la prise de bénéfices sur des valeurs ayant atteint des niveaux de cours élevés et le positionnement sur des titres dont le couple rendement-risque s’avère avantageux.

Le long terme payant

L’adoption de cette gestion dynamique visant à optimiser le couple rendement-risque et à obtenir, dans la durée des performances en phase avec les objectifs définis par le client, a permis aux différents fonds actions de réaliser des performances exceptionnelles sur le moyen terme. Les placements actions étant recommandés pour un horizon de placement supérieur à un an, il s’avère judicieux d’analyser les performances réalisées par les divers fonds sur le moyen terme. Ainsi, sur une période de trois ans glissants, les fonds actions ont réalisé des gains compris entre 26,25 % et 81,39 %. CFG Emergence de CFG Gestion, CFG Valeurs de CFG Gestion et Atlas Premium ont réalisé des performances respectives de 81,39 %, 60,08 % et 59,37 %. Ces performances donnent raison aux analystes financiers et commerciaux des sociétés de gestion qui conseillent à leurs clients de miser sur le moyen et long termes pour réaliser de bons résultats. Notons qu’en plus des rendements élevés, les fonds investis au minimum à hauteur de 85 % en actions, bénéficient, en plus d’une liquidité assurée, d’une fiscalité privilégiée, étant exonérés de la taxe sur la plus-value de cessions des valeurs mobilières (TPCVM).
Dans le sillage des fonds actions, les OPCVM diversifiés, qui ont pour vocation principale la recherche d’un équilibre entre la sécurité d’un placement obligataire et l’espérance d’un bon rendement, se sont bien comportés en 2004. Outre la progression de leur actif net de 7,37 % à 3,45 milliards de dirhams, ces placements ont globalement généré des gains compris entre 6,05 % et 14,03 %. Outre la sécurité qu’offrent les titres obligataires, certains gérants ont su dénicher au sein des valeurs du marché des opportunités intéressantes pour concevoir des portefeuilles alliant sécurité et rentabilité élevée.

Le court terme prisé

Par ailleurs, les placements court terme -les obligataires court terme et les monétaires- continuent à drainer d’importants fonds. Les fonds obligataires investis pour un horizon de placement minimum de 6 mois, ont vu leur actif net croître fortement en 2004 pour atteindre 10,46 milliards de dirhams et ont réalisé sur un an glissant des performances comprises entre 3,23 % et 3,94 %. Quant aux fonds monétaires, dont l’objectif est d’offrir une appréciation régulière des flux de liquidités pour une meilleure optimisation de la gestion de trésorerie sur un horizon de placement compris entre 30 et 90 jours, leur encours s’est établi à 18,52 milliards de dirhams en hausse de 4,41 % pour des performances sur un an glissant entre 2,18 % et 3,64 %. Pris globalement, les placements court terme offrent des rendements supérieurs ou égaux à ceux qui sont offerts par les dépôts à terme du secteur bancaire.
De cette analyse, il ressort que les épargnants ont tout intérêt à confier leur épargne aux professionnels du marché de la gestion collective. Ces derniers ont su affiner leurs expertises et leur professionnalisme notamment durant les années de crise. En plus, sous l’œil vigilant du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) et de la volonté de certaines sociétés de gestion de portefeuille, le marché a gagné plus de maturité et de transparence au cours de ces dernières années au grand bonheur des épargnants. Une situation qui ne manquera pas d’avoir un impact positif sur le développement de l’épargne institutionnelle nécessaire au financement de l’économie.
In fine, et pour ce qui est des perspectives 2005, rappelons d’abord que les performances passées d’un OPCVM ne présagent en rien ses performances futures. Partant, pour l’année 2005, les rendements des différents OPCVM dépendront d’une kyrielle de facteurs dont le comportement du marché boursier, l’évolution des taux et, bien évidemment, de la politique des gérants. Concernant le marché boursier, en dépit de l’absence d’études des sociétés de bourse, les analystes pensent que l’année 2005 sera également celle de la croissance du marché action. Maroc Telecom et les nouvelles sociétés qui rejoindront la cote cette année devront tirer le marché vers le haut. Au niveau de l’obligataire, tout dépendra de la situation du Trésor. La forte présence de celui-ci sur le marché pourrait se traduire par un renversement de la courbe des taux. D’ailleurs, des signes de tensions sur les taux sont perceptibles durant ces dernières semaines, et plus exactement depuis l’opération d’introduction de Maroc Telecom. Il faut reconnaître que les taux ont atteint des niveaux tellement bas que pour nombre d’analystes obligataires, ils ne peuvent que remonter.

Moussa Diop



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com