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" Nous occupons la première place du marché automobile marocain " Entretien avec le PDG de Renault au Maroc

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Publier le : December 23, 2004

La Nouvelle Tribune :
Pouvez-vous nous expliquer les synergies dont vous profitez avec Volvo, d’une part, à travers RVI et votre filiale Nissan, d’autre part ?

M. Pereira Dos Santos :
Je tiens tout d’abord à préciser qu’en 2002, Renault a cédé la totalité de Renault Véhicules Industriels (RVI) à Volvo Trucks. Ce dernier vient effectivement d’acquérir la majorité du capital de Berliet Maroc, renforçant ainsi sa présence dans le Royaume. Renault n’a aucun lien capitalistique avec Volvo Trucks, bien que la marque Renault et l’identité stylistique des camions soient conservées sur la gamme Renault Trucks. Au Maroc, nous partageons uniquement avec Berliet Maroc certains concessionnaires.
Concernant Nissan, il y a une relation capitalistique importante avec Renault, qui a acquis 44 % du capital de la société japonaise Nissan en 1998. Depuis, Nissan a acquis 15 % du capital de Renault. Les deux constructeurs ont noué une alliance solide, dont les synergies portent sur l’ingénierie véhicule et mécanique, les achats, les systèmes d’information, les sites industriels et le déploiement international. L’Alliance Renault-Nissan est un modèle, qui connaît un succès grandissant depuis 5 ans. Nissan est devenue l’une des entreprises les plus rentable au monde, elle contribue donc à la création de richesse de notre groupe.
Au Maroc, Renault Maroc et Nissan fonctionnent de façon totalement intégrée depuis 2000. La SIAB (importateur exclusif de la marque Nissan au Maroc) est une filiale à 100% de Renault Maroc. Le back office des deux entreprises est commun, notamment pour l’administration, la finance, le marketing, la communication et surtout les achats. Il n’y a que la partie commerce qui est séparée.
En reprenant SIAB en 2000, Renault Maroc a récupéré 8 % du capital de la Somaca, qui appartenait à la SIAB. En juillet 2003, Renault SA a signé un protocole d’accord portant sur le rachat en deux temps des 38 % du capital de la SOMACA détenus par l’Etat marocain. Depuis septembre 2003, Renault a repris 26 % du capital, les 12 % restant reviendront à Renault en octobre 2005. A terme, Renault SA disposera donc de 38 % + les 8 % de Renault Maroc soit 46 % du capital de l’entreprise de montage.

A travers toutes ces opérations réalisées par Renault SA, c’est Renault Maroc qui se renforce et prend une place très importante sur le marché automobile marocain

Depuis 2002, nous avons mis en place un plan de développement important qui connaît un succès certain. La montée en puissance de Renault au Maroc est notamment liée, directement ou indirectement, au projet du véhicule familial Logan. En effet, Kangoo, s’est fortement développé suite à l’arrêt des activités industrielles de Fiat au Maroc fin 2003. Afin de maintenir le plan de charge de la Somaca en attendant le lancement de Logan, (deuxième semestre 2005), nous avons signé avec l’Etat marocain en janvier 2004 une convention permettant l’assemblage de Kangoo VP (Véhicule Particulier) à la Somaca. Peugeot et Citroën ont signé une convention similaire portant sur les modèles Partner et Berlingo. Il s’agit de véhicules particuliers offrant 5 places, entièrement assemblés à la SOMACA  avec un équipement plus riche et à moindre prix. Kangoo VP connaît un grand succès depuis son lancement fin janvier 2004.

Pouvez-vous traduire cette réussite par quelques chiffres?

Le marché marocain a atteint 44 700 voitures à fin novembre, soit une progression de +8,2 %. C’est une performance totalement inattendue. On prévoyait au mieux une stagnation avec l’arrêt des activités industrielles de Fiat alors que c’est tout le contraire qui s’est produit, avec une remarquable percée des voitures assemblées à la SOMACA.
A fin novembre 2004, Renault a commercialisé 9740 véhicules contre 7517 en 2003, soit une croissance de plus de 2200 unités marquant une hausse de 29,5 %. Aujourd’hui, avec une pénétration de 21,7 % de parts de marché, nous occupons la première place du marché automobile marocain depuis plus de 4 mois et espérons terminer l’année avec 11 000 véhicules vendus et la place de leader VP/VU en 2004.
Du point de vue de notre exploitation, nos résultats sont meilleurs que les années précédentes, malgré  les fluctuations du couple euro - dollar.
Pour NISSAN, nous comptons atteindre les 1 000 véhicules en 2004, contre 730 en 2003, ce qui représente une belle progression de la marque japonaise au Maroc.

Pouvez-vous revenir sur l’impact négatif d’un euro fort sur votre activité ?

Nos importations sont essentiellement effectuées en euro et dans une moindre mesure en yens pour NISSAN. Le taux de change du yen n’a pas beaucoup baissé par comparaison à l’euro dont la hausse n’a cessé d’impacter, depuis septembre dernier, nos  prix de revient. Par conséquent, nous avons été obligés de répercuter une partie de l’impact de l’euro sur nos prix de vente tout en essayant d’en lisser au maximum les effets. 

Et les investissements de Renault ?

Les investissements de Renault portent sur la réalisation du projet Logan et la constitution d’un nouveau Magasin National de Stockage et Distribution de Pièces de Rechange. Ces investissements représentent 30 millions de dhs pour le magasin et 300 millions de dhs pour le Projet Logan, hors montant d’acquisition des 38% du capital de la Somaca qui ont été réalisée par Renault SA. Le plan de réalisation de la Logan a atteint la phase où les engagements sont très importants, mais les décaissements n’interviendront que dans les deux mois qui suivent. La sortie de Logan se fera comme prévu en juillet prochain, cependant les premiers véhicules prototypes sont déjà en assemblage à la Somaca. Le projet avance conformément au cahier des charges industrielles et commerciales et conformément à nos engagements vis à vis du Ministère de l’Industrie.

Que pouvez-vous nous dire de l’efficacité de l’autorité marocaine ?

Un des facteurs clés de la réussite du Projet Logan Maroc, réside dans l’accompagnement du projet par l’Etat marocain. Nous avons toujours eu une écoute favorable auprès du Ministère de l’Industrie. Nous constatons cependant une recrudescence de l’importation des voitures d’occasion, alors que le Maroc a fait le choix de développer une industrie automobile locale. Il ne serait pas opportun pour le développement du secteur automobile marocain que le Royaume devienne le pays de commercialisation d’une grande partie des voitures d’occasion européennes.
J’insisterai aussi sur le Diesel 350 ppm qui certes, a été introduit, mais qu’on n’arrive pas à généraliser dans tout le pays. Compte tenu de son prix, beaucoup d’automobilistes continuent à préférer le Diesel de base, certes moins cher mais 30 fois plus polluant.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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