La semaine allant du 9 au 15 décembre, le marché monétaire a été marqué par la hausse notable de la masse des liquidités dans les trésoreries bancaires. Cette situation est la “conséquence à une surmobilisation de cash pour le dénouement de l’opération Maroc Telecom”, indiquent les analystes de Mediafinance. Allant dans le même sens, les analystes de BMCE Markets soulignent que “les réserves obligatoires des banques ont dégagé un excédent de 56,45 milliards de dirhams (au 12 décembre 2004)”.
Face à cette situation, et afin d’éviter une baisse des taux, Bank Al Maghrib est intervenu sur le marché pour ponctionner une partie de cette surliquiduité. Ainsi, lors de l’appel d’offre du 15 décembre, ayant date de valeur et d’échéance respectives le 16 et le 23 décembre, Bank Al-Maghrib, a retenu 800 MDH au titre de reprise de liquidité à 7 jours, sur un montant offert de 8,8 milliards de dirhams et ce, au taux moyen pondéré de 2,5 %. Ce sont les facilités de dépôt à 24 heures qui se sont accaparées du gros des ponctions de l’institut d’émission avec 8,8 milliards de dirhams au taux de 2,25 %. En tout, et suite à l’amplification des liquidités excédentaires consécutive à l’opération Maroc Telecom, ce sont plus de 9,6 milliards de dirhams qui ont été retirés en moyenne quotidienne durant la semaine du 9 au 15 décembre, contre une moyenne de 3,84 milliards de dirhams la semaine précédente. Cette intervention de l’autorité de régulation a permis de maintenir le taux moyen pondéré au jour le jour à un niveau stable de 2,26 %, légèrement supérieur à celui de la facilité de dépôt fixé à 2,25 %.
Globalement, du fait de la surliquidité, l’orientation à la baisse des taux s’est poursuivie mais à un rythme faible, les taux ayant atteint des niveaux très bas.
Réguler les excédents
Pour leur part, les taux primaires des émissions de bons du Trésor émis par adjudication se sont globalement maintenus à leur niveau de la semaine précédente. Il faut dire que les taux primaires ont atteint un niveau très bas actuellement. A titre d’exemple, depuis le début de l’année en cours, les maturités 13 semaines, 26 semaines et 52 semaines ont perdu respectivement 112 points de base (pbs), 120 pbs et 110 pbs.
Selon les analystes de Médiafinance, “cette vague de surliquidité ne doit pas occulter la ponction qui va être opérée via Maroc Telecom au détriment du circuit bancaire”. Ceux de BMCE Markets, estime que “malgré la sortie de plus de 4 milliards de dirhams du système (opération Maroc Telecom), le marché monétaire ne devrait pas connaître de tensions particulières eu égard au niveau de sur-constitution de la réserve monétaire”.
Une chose est sure, avec la dernière opération de privatisation de Maroc Telecom -ouverture de 14,9 % du capital au public via des introductions en Bourse sur les places de Casablanca et de Paris-, à laquelle s’ajoutent les hausses des transferts des Marocains résidant à l’étranger et des recettes touristiques, la surliquidité du système bancaire est appelée à s’entretenir encore pour quelques mois et ce d’autant que le Trésor semble être relativement à son aise en terme de besoins de financement. Une situation que Bank Al-Maghrib est appelé à gérer avec beaucoup de doigté comme par le passé. Rappelons tout de même que pour résorber les excédents de liquidités importantes générées par les opérations de privatisation au cours des dernières années, et face aux effets limités des instruments de régulation par le marché, Bank Al-Maghrib n’avait pas hésité à deux reprises, à recourir à une mesure règlementaire en procédant au relèvement du coefficient de la réserve monétaire pour “assécher” le marché.
M.D.