En raison du succès qu’a connu l’offre à prix ouvert de Maroc Telecom, tout le monde s’attendait à ce que les premières séances de cotation de l’action Maroc Telecom soient marquées par un excès de demandes par rapport à l’offre. Les taux de satisfaction étant trop faibles pour les différentes tranches de souscripteurs, hors personnel de Maroc Telecom, le ramassage des titres par les institutionnels et les “gros” petits porteurs, était très attendu lors des premières séances de cotation du titre, et ce au grand bonheur des nouveaux boursicoteurs à la recherche de gains rapides. Et c’est ce qui s’est produit. L’afflux des demandes d’achat sur le titre Maroc Telecom était tel que la cotation programmée pour le lundi 13 décembre 2004 a été reportée au mercredi 15 décembre sur la place de Paris, réservation à la hausse du titre au niveau de la Bourse de Casablanca oblige. A noter qu’au niveau du marché gris parisien, le titre avait connu lors des séances du lundi et mardi des progressions respectives de 16,1 % et 7 %. La cotation du titre Maroc Telecom étant obligatoire lors de la séance du mercredi, après deux séances de réservation à la hausse, une forte animation du marché était attendue. Vu la forte demande sur le titre, aussi bien sur Paris que Casablanca, beaucoup d’observateurs pronostiquaient sur une flambée de l’action dès ses premières séances de cotation. Le franchissement de la barre des 90, voire 100 dirhams, étant jugé très plausible par plusieurs analystes dans les toutes prochaines semaines. Reste que la prudence demeure de mise sur le marché boursier et ce d’autant que la valeur sera cotée sur deux marchés différents qui ne manqueront pas de s’influencer mutuellement. En plus, les comportements de ceux qui vont jouer le maintien, voire la baisse du titre (après la flambée des premières séances) à des niveaux acceptables pour pouvoir ramasser davantage d’actions Maroc Telecom à des prix plus attrayants et ceux qui misent sur une hausse rapide du cours pour maximiser leurs plus-values, la bataille sera rude. Mais en dernier ressort, c’est le marché qui doit arbitrer dans une logique d’affrontement entre l’offre et la demande sous le regard bienveillant de l’autorité du marché.
En tout cas, cette effervescence manifeste sur l’action Maroc Telecom n’est que le résultat du succès de l’offre publique de vente auprès des investisseurs. Pour rappel, les demandes des investisseurs avaient atteint 192,15 milliards de dirhams, soit une sur-souscription de 21,5 fois. A titre indicatif, ce montant représente 43,61 % du PIB national estimé à 440,5 milliards de dirhams pour 2004! Partant de l’importance de la demande, le prix de l’offre a été fixé à 68,25 dirhams par action, se situant en haut de la fourchette indicative qui avait été établie entre 54,60 et 68,25 dirhams par action. A noter que 99,51 % des demandeurs institutionnels marocains, personnes morales marocaines et institutionnels étrangers avaient souscrit au plus haut prix, soit 68,25 dirhams. Ainsi, la capitalisation boursière de Maroc Telecom, sur la base du prix d’introduction, ressort à près de 60 milliards de dirhams.
La réussite de cette opération se justifie certes par la solidité de Maroc Telecom, sa générosité en matière de distribution de dividendes, mais aussi il y a tout l’effort fourni par le ministère des Finances et de la Privatisation et le management de Maroc Telecom, ses conseillers et les placeurs pour la réussite de cette opération. “Le renforcement du partenariat stratégique entre le Royaume et Vivendi a également favorisé le succès de cette opération en donnant plus de visibilité aux investisseurs, notamment étrangers”, fait remarquer M.F. Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation. Les road shows qui ont amené M. Abdeslam Ahizoune, Président du Directoire de Maroc Telecom, dans plus de 16 villes de par le monde ont fortement contribué au succès de cette opération. Pour preuve, les investisseurs étrangers ont demandé plus de 156,03 milliards de dirhams de titres. En clair, ils ont été très sensibles aux explications fournies par l’équipe accompagnant M.Ahizoune.
Avec cette opération, l’État marocain va engranger quelque 8,9 milliards de dirhams suite à l’exercice intégral de l’option de surallocation. Une partie de cette somme ira au Fonds Hassan II tandis que le reste permettra à l’État de faire face à ses dépenses de plus en plus importantes. Mais au-delà de cette manne financière, plusieurs autres objectifs ont été atteints à travers cette opération comme l’a bien souligné M. F. Oualalou. Ainsi, outre l’attractivité du Maroc en matière d’investissement, l’OPO Maroc Telecom est un succès social en ce sens qu’il a permis d’élargir de manière très conséquente la base des détenteurs d’actions de sociétés cotées à la Bourse de Casablanca. Pour cette seule opération, plus de 128 000 petits porteurs ont été attirés vers le marché boursier. La question qui taraude tous ceux qui suivent le marché boursier est de savoir combien il en restera après la première semaine de cotation.
Moussa Diop
OPO de Maroc Telecom : des résultats au-delà de toutes les espérances
Les analystes et observateurs les plus optimistes ne pouvaient s’attendre à un résultat aussi excellent. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour un montant maximal de l’offre de 8,94 milliards de dirhams, le montant souscrit a atteint la somme astronomique de 192,15 milliards de dirhams, soit une sursouscription de plus de 21 fois. Pour 130 985 210 actions offertes, les demandes ont atteint 2 816 268 721 actions. Ainsi, l’opération a été sur-souscrite 21,50 fois.
Ce sont les demandes des institutionnels étrangers qui ont été les plus importantes. Quelque 397 institutionnels étrangers ont demandé 2 286 120 739 actions, soit l’équivalent de 156,027 milliards de dirhams. Ceci témoigne une fois de plus de la confiance dont jouit le Royaume auprès des investisseurs étrangers. Idem pour les institutionnels marocains qui ont souscrit 26,66 milliards de dirhams, soit 13,72 fois le montant réservé à cette tranche de souscripteurs. Les personnes physiques n’ont pas été en reste. Leurs demandes ont atteint 10,41 milliards de dirhams pour une offre de seulement 2,24 milliards de dirhams. In fine, le taux global de satisfaction de la demande de l’OPO s’est établi à seulement à 4,65 %. Autre chiffre significatif, l’opération a drainé quelque 131 670 souscripteurs, dont 128 000 petits porteurs. A titre comparatif, le nombre de porteurs de part et d’actions à la Bourse de Casablanca, à la veille de l’introduction en Bourse de Maroc Telecom, s’établissait à seulement environ 25000. Autre indicateur significatif, plus de 57 nationalités différentes ont participé à l’opération de souscription de Maroc Telecom.
En terme d’allocation des titres, la place de Casablanca s’accapare des 70 % de titres offerts: 3 % pour les salariés de Maroc Telecom, 23 % pour les personnes physiques et assimilés et 44 % pour les institutionnels. Quant à la place de Paris, elle se voit réserver le reste, soit 30 % de l’offre.
M. Abdeslam Ahizoune membre du Directoire de Vivendi Universal
La gouvernance du groupe Vivendi Universal est appelée à connaître un changement notable en 2005. En ligne de mire, la mise en place d’un Conseil de Surveillance et d’un Directoire. C’est en tout cas la recommandation du Comité du Gouvernement d’Entreprise et du Comité des Ressources Humaines de Vivendi Universal au Conseil d’administration du groupe. Le Conseil de Surveillance, sous réserve d’approbation par l’Assemblée générale mixte serait présidé par Jean-René Fourtou et composé des membres actuels du Conseil d’administration. Quant au Directoire, il serait présidé par Jean-Bernard Lévy et composé d’Abdeslam Ahizoune (Maroc Telecom), Jacques Espinasse (Directeur général adjoint, Directeur Financier de Vivendi Universal), Frank Esser (Groupe SFR Cegetel), Bertrand Meheut (Groupe Canal+), Doug Morris (Universal Music Group) et René Pénisson (Vivendi Universal Games et Directeur des ressources humaines de Vivendi Universal).