La Société Générale Marocaine de Banque (SGMB) et l’Usaid (Agence Américaine pour le Développement) ont signé le mardi 14 décembre dernier une convention pour la gestion d’une garantie globale destinée à couvrir et à promouvoir le financement des institutions de micro-crédit. Suite à la signature de cette convention, les institutions de micro-crédit agréées par l’Usaid pourront bénéficier de financement garantis, destinés à encourager la création de micro-entreprises au Maroc. La garantie globale en question porte sur un montant de 5 millions de dollars. Avec la signature de cette convention, la SGMB gère cette garantie pour couvrir 50 % du principal des crédits qui seront alloués aux associations de micro-crédit. A signaler que le montant de l’enveloppe de crédits couverts par la garantie Usaid est de 10 millions de dollars. Le plafond des autorisations à accorder à chaque institution de micro-crédit à été fixé comme suit: 2 millions de dollars pour Al Amana, 2 millions de dollars pour le Fondep, 1,25 million pour l’Amsef, 0,75 million pour l’INMAA. Le reste de cette enveloppe, soit 4 millions de dollars, sera accordé aux autres institutions de micro-crédit une fois qu’elles seront agréées par l’agence américaine. L’allocation des autorisations est basée sur des critères financiers et des logiques de transparences. Notons que cette garantie, qui se traduit par un partage de risque entre la SGMB et l’Usaid, constitue certainement une bouffée d’oxygène pour les association de micro-crédit dont le refinancement constitue un problème majeur en ce sens qu’elles ne sont pas habilitées à collecter l’épargne publique. Ce qui fait dire à M. Reda Mrini, Président de la Fédération Nationale des associations de Micro-crédit (FNAM) que “cette convention constitue un pas très important vers les 4 milliards de dirhams nécessaires au secteur du micro-crédit pour faire face aux besoins importants de financement”.
Engagement dans le développement durable
Revenant sur cette opération, M. Abdelaziz Tazi, Président du Conseil de Surveillance de la SGMB, a tenu à souligner que c’est “pour la première fois au Maroc, qu’un bailleur de fonds institutionnel international, en l’occurrence l’Usaid, confie à un établissement financier, la gestion d’une garantie globale, destinée à couvrir et à promouvoir le financement des institutions de micro-crédit”. Pour lui, “il s’agit en quelque sorte d’une reconnaissance de l’engagement de la banque dans le développement durable”. Il a rappelé à ce titre que la SGMB “a initié sa première opération dans le micro-crédit au Maroc en 1998 au profit des associations telles que Al Amana, Zakoura et Fondep, en leur accordant des prêts à des taux bonifiés”. Depuis, l’engagement de la SGMB n’a pas fléchi et les autorisations accordées par la Banque avoisinent aujourd’hui une centaine de millions de dirhams pour tout le secteur. Et aujourd’hui, l’engagement de la SGMB s’inscrit dans la stratégie globale du groupe Société Générale qui a intégré depuis 1996 le développement durable dans sa stratégie en signant la déclaration du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et en adhérant au Global Compact.
Selon M. Thomas Riley, Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Maroc, “la garantie est offerte par le Congrès américain par l’intermédiaire de l’autorité du Crédit au Développement de l’Usaid”. Cette opération “est la septième garantie accordée par l’Usaid en l’espace de deux ans pour contribuer au développement du micro-crédit au Maroc”. Il s’agit de la septième garantie accordée par l’Usaid, en l’espace de deux ans, pour développer le micro-crédit au Maroc. Selon M.Riley, “le total des crédits autorisés au profit des associations de micro-crédit pour emprunter auprès des banques privées avec 50 % des prêts garantis par l’Usaid s’élève à 27 millions de dollars”.
Pour le Pr Abderrahim Harouchi, ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, “la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale est l’une des priorités stratégiques du Gouvernement qui lui consacre une part importante de son budget”. Tout en saluant les efforts fournis par les associations de micro-crédit dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, M.Harouchi note que “la couverture du monde rural demeure très insuffisante”. Ainsi, tout en jugeant “la convention signé entre la SGMB et l’Usaid de très importante”, le ministre espère que d’autres établissements financiers suivront cet exemple pour faciliter le refinancement des sociétés de micro-crédit et par ricochet l’élargissement de la base bénéficiant des concours de ces sociétés.
MD