Les résultats 2002 sont positifs. Le chiffre d'affaires s'est accru de +3% à 1 689 MDH. Le résultat net s'est établi à 409 MDH, en hausse de +11,5 %. Un dividende de 26 dirhams par action est programmé.
L'année 2002 a été une année riche en activités pour le second cimentier du Royaume, Ciments du Maroc, et les résultats ont été au rendez-vous. A l'image de la maison mère, Italcimenti, l'entreprise a vu ses indicateurs évoluer favorablement. Le chiffre d'affaires, bénéficiant d'une conjonction de facteurs favorables dont bien évidemment la dynamique du secteur du bâtiment et travaux publics (+7,0 %) a progressé de +3,0% à 1 689 MDH. Cette progression aurait été meilleure si les ventes de sa filiale Indusaha, localisée à Laâyoune, étaient intégrées au chiffre d'affaires de Ciments du Maroc. En incorporant les ventes de Indusaha, le chiffre d'affaires affiche une hausse de 5,9 %, à 1 786 MDH, contre une hausse des ventes du secteur estimée à +5,3 %. Les exportations ont représenté 7% du chiffre d'affaires du cimentier. Le résultat d'exploitation s'est apprécié de +11,8 % à 627 MDH, représentant 37,1 % du chiffre d'affaires. Cette progression s'explique par une maîtrise plus importante des charges et coûts de production. Cela a eu des effets positifs sur le résultat net du cimentier qui s'est établi à 409 MDH, en progression de +11,5 %, représentant 24,2 % du chiffre d'affaires. En incorporant les résultats réalisés par Indusaha, le résultat net ressort à 445MDH, en hausse de +17,5% par rapport au résultat de 2001. Le Conseil d'administration a proposé une distribution raisonnée d'un dividende de 26 dirhams par action, correspondant à un rendement de dividende de 3,3%, permettant de consolider les fonds propres de la société.
A côté du ciment, l'activité matériaux poursuit son développement avec la montée en puissance des nouvelles centrales de Marrakech, El Jadida et Berrechid. Les ventes de béton en volume ont progressé de 13 %, et Bétomar consolide sa position et les dirigeants du cimentier affirment détenir 40 % du marché du béton prêt à l'emploi (BPE). Au niveau des activités de granulats, outre la progression des ventes sur la carrière de Benslimane, qui a dépassé le million de tonnes, Ciments du Maroc vient d'acquérir une nouvelle carrière granulats d'une capacité d'un million de tonnes au sud de Casablanca, plus précisément à Ouled Abou.
Bonnes perspectives
Pour ce qui est des perspectives, le management de Ciments du Maroc reste confiant. Le programme de construction de logements sociaux, le souhait du gouvernement de combler certains déficits en infrastructures et le potentiel de croissance de la consommation du ciment par habitant -270 kg/habitant contre 400-500 pour des pays similaires-, devraient tirer le secteur cimentier durant les années à venir. Face à la progression de la demande, "Ciments du Maroc dispose des réserves de capacité pour les trois à quatre prochaines années", a souligné M.Mohammed Chaïbi, PDG du groupe. Ainsi, contrairement aux concurrents qui sont appelés à réaliser des investissements pour accroître leur capacité de production, la filiale de Italcimenti, avec un taux d'utilisation des capacités d'environ 80%, peut faire face à l'accroissement de la demande du ciment pour les quatre prochaines années, rentabilisant davantage les unités existantes. Cela est d'autant plus valable qu'il est possible d'entreprendre l'extension de l'unité de Safi. N'empêche, et partant des projections faites quant à l'évolution du secteur, M. Chaïbi souligne qu'"à l'horizon 2007, il n'est pas exclu qu'il y ait un investissement visant à augmenter la capacité de production du groupe à Agadir". Ciments du Maroc ayant un endettement nul et disposant d'une trésorerie appréciable, avec les bonnes perspectives de résultats attendus pour les années à venir, le groupe n'aura pas de difficultés à financer son développement. De même, partant des potentialités de croissance des marchés du Moyen-Orient, Ciments du Maroc n'exclut pas de saisir des opportunités d'investissements sur le marché égyptien une fois que toutes les conditions le permettront. Toujours en matière d'investissements en dehors des frontières nationales, le groupe a pris une participation dans une société d'ensachage à Nouadhibou (Mauritanie). Avec cet investissement, Ciments du Maroc exporte du ciment en vrac qui sera ensaché ainsi à Nouadhibou. Par ailleurs, le groupe a lancé la certification ISO 14001 de ses sites de Marrakech et de Safi.
Suite aux performances enregistrées par Ciments du Maroc au cours de ces dernières années, et à la faveur également de l'offre publique de rachat d'actions, le cours du titre Ciments du Maroc poursuit sa progression au niveau du marché boursier, en dépit de la morosité ambiante. Ainsi, le cours de l'action est passé de 788 dirhams à fin 2002 à 870 dirhams lors de la séance du 17 mars enregistrant une progression annuelle 2003 de +10,4 %. Une progression en ligne avec les fondamentaux de la société. Enfin, après l'OPR, Ciments du Maroc compte intervenir prochainement sur le marché, après l'autorisation du CDVM, en achetant ses propres actions selon une fourchette de prix qui a été fixée par le Conseil d'Administration.
Moussa Diop