L'année 2002 a été faste pour la Sonasid. Le chiffre d'affaires de la société s'est établi à 2 791,7 MDH, en hausse de 17,2 %. Le résultat net ressort à 365,8 MDH, en progression de 24,9 %. Outre les efforts faits en matière d'amélioration de la productivité, l'entreprise a bénéficié d'une conjonction de facteurs favorables. Un dividende de 65 dirhams par action est proposé à chaque actionnaire.
La Sonasid a réalisé au terme de l'exercice 2002 de bonnes performances. Tous les indicateurs de la société ont enregistré des progressions appréciables. Le chiffre d'affaires s'est établi à 2 791,7 MDH en hausse de 17,2 %, suite à une progression de la consommation apparente des produits rond à béton et de fil machine de 14% au niveau du marché local. Cette progression est à mettre sur le compte d'une conjugaison de plusieurs facteurs favorables : la dynamique du secteur du bâtiment tirée en grande partie par la construction de logements sociaux, la hausse des prix et, surtout, la reconstitution de stocks de distribution. Face à la hausse de la demande, l'entreprise a accru sa production de 14,6% à 690 774 tonnes. Autre évolution significative, celle de la valeur ajoutée. Elle progresse de 34,5 % à 866,1 MDH. La baisse des droits de douane à l'importation des billettes y est pour quelque chose, en plus des importants efforts faits en terme d'amélioration de la productivité. Ce faisant, le résultat d'exploitation s'est apprécié fortement passant de 471,2MDH en 2001 à 622,6MDH en 2002, soit une progression de 32,1%. L'évolution favorable de tous ces indicateurs s'est traduite par une progression du résultat net de la Sonasid de 24,9 % à 365,8 MDH, contre 292,1MDH en 2001. Cette progression moindre par rapport à celle du résultat d'exploitation est à mettre sur le compte des provisions pour investissements programmés par l'entreprise et de la baisse du résultat financier de 49,7% à 28,2 MDH en 2002.
Dividende de 65 dirhams
Les bonnes performances de la Sonasid se sont traduites par une amélioration de ses principaux ratios financiers. La rentabilité des fonds propres (RoE), un indicateur très apprécié par les investisseurs s'est appréciée pour passer à 20,0 %, contre 18,8 % en 2001. De même, le bénéfice par action a enregistré une hausse appréciable passant de 75,1 dirhams à 93,8 dirhams.
Suite à ces performances, il a été décidé d'une distribution de 65 dirhams par action, contre 55 dirhams en 2001. Au niveau du cours de l'action Sonasid, à fin décembre 2002, ce dividende correspond à un rendement appréciable de 12,4%. Pour M. Rachid Benyakhlef, PDG de la Sonasid, "il s'agit d'une distribution intelligente et sage devant permettre à la Sonasid de faire face aux difficultés qui peuvent éventuellement survenir et garder une assise financière solide pour saisir les opportunités qui se présentent". La Sonasid est d'autant plus apte à saisir les opportunités qui se présentent qu'"elle dispose d'une trésorerie confortable de 900 MDH qui ouvre des perspectives intéressantes en termes de croissance interne et externe", fait remarquer M. Benyakhlef.
Malgré les bonnes performances et la solidité des fondamentaux, la Sonasid fait face à certaines menaces sur son marché. Le plus important de celles-ci demeure bien évidemment l'entrée en vigueur du programme de démantèlement tarifaire qui a débuté cette année et qui se traduira par une baisse progressive des droits de douane de l'ordre de 5 points chaque année pour disparaître complètement en 2012. Partant, la Sonasid est appelée à réaliser d'importantes avancées pour être encore plus compétitive et conserver son marché face aux entreprises étrangères qui globalement bénéficient des coûts de production -électricité notamment- plus favorables.
Approvisionnement sécurisé
Face à cette crainte, une série de mesures ont été prises par la Sonasid. D'une part, les prix de ventes des produits étant intimement liés à ceux des billettes sur le marché international -hausse de +30% en 2002-, d'importants investissements ont été réalisés pour sécuriser l'approvisionnement en billettes avec la réalisation d'une aciérie dès cette année, qui permettra à la société de satisfaire une grande partie de ses besoins en billettes, le reliquat devant être importé afin de faire profiter la Sonasid d'éventuelles baisses des prix sur les marchés internationaux. En plus de la sécurité des provisionnements, la société compte intensifier sa politique de réduction des coûts. Reste qu'à ce niveau, l'électricité qui représente 40 % du coût de transformation et 20 % du coût de production de la billette constitue un handicap majeur pour la société. De même, le processus de revamping du laminoir de Nador sera accéléré afin de le rendre conforme aux normes internationales. En outre, au niveau des ventes, l'approche marketing et logistique de la société sera revue avec comme objectif de s'approcher davantage de la clientèle. Par ce biais, elle compte maintenir sa part de marché qui s'est effritée passant de 91,7% en 2001 à 89,8% en 2002. Et pour finir, les dirigeants de la Sonasid ont annoncé, pour 2003, l'arrêt d'activité du site de Casablanca et la certification de la Sonasid selon la norme ISO 9001 version 2000.
Moussa Diop