Cette opération est une première par sa taille et marquera de son empreinte la Bourse des Valeurs de Casablanca. Mais, avant d’en apprécier, le moment venu, l’importance concrète, il paraît utile de retracer les évolutions qui ont permis une telle introduction en bourse.
Rappel historique
L'adoption en 1997 par le parlement du texte de loi n°24–96, sur les postes et les télécommunications peut être considérée comme le point de départ d’une nouvelle ère des télécommunications au Maroc.
Cette loi prône une libéralisation totale du secteur, une dissolution de l’Office National des Postes et Télécommunications (ONPT) et la création de trois entités distinctes : Ittissalat Al Maghrib (MAROC TELECOM) pour l’activité Télécom-munication, Barid Al Maghrib pour l’activité Poste et l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) comme organisme de régulation.
A sa création en février 1998, MAROC TELECOM était détenue à 100% par le Royaume du Maroc. En avril 2001, Vivendi Universal acquiert 35 % du capital de la société dans le cadre d’un appel d’offres international, au prix de 2.4 milliards d’euros. Vivendi Universal dispose par ailleurs d’une option d’achat de 16 % supplémentaire du capital de MAROC TELECOM, valable jusqu’en septembre 2005.
MAROC TELECOM est organisée autour de deux pôles d’activités : le pôle Mobile et le pôle Fixe & Internet.
L’entrée en service de Méditel en 2001 a poussé l’opérateur historique à revoir son approche commerciale pour le Mobile. Une stratégie claire a été mise en place, basée sur une politique d’innovation des offres, une meilleure couverture du réseau, une densification des points de distribution et un ajustement tarifaire permanent, combinée à un effort considérable de communication et de publicité.
Cette démarche a permis à l’opérateur historique d’accroître sensiblement son parc de clients Mobile et de maintenir sa position de leader, malgré l’ouverture du marché.
MAROC TELECOM bénéficie actuellement d’une situation monopolistique dans la téléphonie fixe, après l’échec en 2002 de l’appel d’offres concernant l’attribution d’une deuxième licence.
Pour cette activité, MAROC TELECOM est présente sur trois grands segments : (i) le marché des résidentiels, (ii) la téléphonie publique et (iii) les professionnels et entreprises. A fin juin 2004, le parc d’abonnés a atteint 1,3 millions de lignes, avec un taux de pénétration de 4,3%.
Depuis le lancement du Mobile, l’activité fixe a souffert d’une érosion de son parc d’abonnés. Cette tendance a été cependant stoppée à partir de 2003 grâce au lancement de nouveaux produits (Al Manzil…) et au rééquilibrage tarifaire.
Concernant l’activité Internet, MAROC TELECOM affiche une part de marché de 83% pour l'Internet à bas débit et 94% pour le haut débit (ADSL). Les récentes baisses des tarifs et la promotion commerciale pour l’ADSL (connexion et terminal à 2 500 DH) ont permis à MAROC TELECOM d’accroître considérablement son portefeuille clients. Le nombre de lignes ADSL est ainsi passé de 2572 à fin décembre 2003 à 26 567 à fin juin 2004 (sur plus de 79 000 accès Internat actifs, notamment à travers les cybercafés).
Une situation financière saine
L’effort commercial consenti par MAROC TELECOM s’est fait ressentir au niveau des comptes de la société : un chiffre d’affaires en croissance soutenue et une rentabilité financière en constante progression.
Au niveau bilantiel, MAROC TELECOM, affiche à fin décembre 2004, une situation financière saine, avec des capitaux propres représentant plus de 66% du total bilan et une trésorerie nette excédentaire de plus de 2 milliards de DH à fin Juin 2004.
MAROC TELECOM a procédé durant le 1er semestre 2004 à une distribution d’un dividende exceptionnel de 2,37 milliards deDH.