Le processus d’introduction en Bourse de Maroc Telecom vient de franchir un nouveau palier avec la présentation de la société aux analystes financiers et aux journalistes à la Bourse de Casablanca. Une coutume dans l’hexagone pour faire connaître davantage la prochaine recrue du marché boursier. Cette présentation fait suite à l’obtention par Maroc Telecom du visa du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) pour sa note d’information préliminaire et l’enregistrement par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) de son document de base. Selon M. Abdeslam Ahizoune, Président du Directoire de Maroc Telecom, “l’enregistrement de ces documents par les autorités boursières marocaine et française constitue une première et importante étape dans le processus de mise en bourse de Maroc Telecom. Cette opération permettra d’associer de nouveaux actionnaires aux performances de l’un des tous premiers groupes marocains, une entreprise dynamique, intervenant sur un marché en développement et parmi les plus rentables de son secteur d’activité”.
N’ayant pas encore obtenu l’aval des gendarmes des marchés financiers marocains (CDVM), pour sa note d’information définitive, et français (AMF), sur le prospectus relatif à l’opération, le management de Maroc Telecom s’est contenté lors de cette sortie, la première d’une série de rencontres prévues avant son introduction en Bourse, de présenter aux investisseurs potentiels ses principaux atouts. Opérateur historique de télécommunications du Royaume du Maroc, Maroc Telecom est présent dans la téléphonie mobile, le fixe et l’internet. Pour ce qui est de l’activité Mobile, Maroc Telecom compte actuellement plus de 6 millions de clients, pour une part de marché de 70,3 %, selon des sources de l’ANRT. Il dispose d’un réseau dense qui couvre toute l’étendue du pays grâce à l’implantation de plus de 3.500 stations radio. A l’international, les clients de Maroc Telecom bénéficient du service dans plus de 156 pays grâce à plus de 260 accords de roaming. Au niveau du Fixe, l’opérateur est encore l’unique détenteur d’une licence de téléphonie fixe et le principal fournisseur de services de transmission de données au Maroc. Ce monopole est toutefois appelé à disparaître avec l’annonce par l’ANRT de la libéralisation du fixe le lundi dernier. Reste que l’opérateur historique dispose d’une bonne longueur d’avance sur son prochain concurrent. Il dispose d’un parc qui compte, à fin juin 2004, plus 1,3 million d’abonnés. En plus, “l’offre s’appuie sur un réseau entièrement maillé et numérisé, constitué de plus de 6.500 kilomètres de câbles fibres optiques interurbains et plus de 3.200 kilomètres de câbles fibres optiques urbains”, fait remarquer M. Ahizoune. A travers son réseau, Maroc Telecom assure la connectivité du Maroc avec le reste du monde dans de bonnes conditions. C’est cette qualité des infrastructures conjuguée au prix compétitif qu’offre l’opérateur que s’explique en grande partie l’orientation des délocalisations des centres d’appels français vers le Maroc. Enfin, au niveau de l’activité Internet, Maroc Telecom est le principal fournisseur de services Internet au Maroc avec plus de 79.000 accès. Le marché est tourné actuellement vers des offres de connections à haut débit. Ainsi, l’offre ADSL compte actuellement plus de 25.000 accès Internet actuellement.
Pour diffuser ses différents produits et services, Maroc Telecom s’appuie sur un réseau de distribution propre de 269 agences et un réseau indirect de près de 28.000 points de ventes couvrant tout le Royaume.
En matière d’embauche, Maroc Telecom emploie directement 12.100 salariés et son réseau indirect est derrière la création de plus de 80.000 emplois.
Au niveau international, Maroc Telecom contrôle 51% du capital de l’opérateur historique mauritanien, Mauritel, via une holding dans laquelle il est associé à des partenaires mauritaniens.
Par ailleurs, Maroc Telecom demeure l’une des entreprises les plus solides et des plus rentables de son secteur. Elle constitue, avec Cegetel, l’une des sources de profit sûr du groupe Vivendi Universal actuellement.
Rentabilité et générosité
Rappelons qu’au terme de l’exercice 2003, l’opérateur a réalisé un chiffre d’affaires de 15,90 milliards de dirhams, en hausse de 3 % par rapport à son niveau de 2002. Sur les trois dernières années -2001-2003, la croissance moyenne annuelle du chiffre d’affaires a été de 5,5 %. Mieux, le résultat d’exploitation s’est apprécié de 17 % pour s’établir à 6,95 milliards de dirhams. Preuve de bonne rentabilité de l’opérateur, le résultat net à fin 2003 a connu un bond de 57 % par rapport à 2002 pour atteindre 5,08 milliards de dirhams. A titre comparatif, rappelons que l’ensemble des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca a distribué un dividende global d’un peu plus de 5,2 milliards de dirhams. Le montant exceptionnel distribué par l’opérateur en 2003 se justifiant certainement par l’existence d’un matelas de trésorerie conséquent mais aussi par le souci de rémunérer l’actionnaire majoritaire qu’est l’Etat avant l’ouverture du capital au public et la cession programmée pour l’année prochaine de 16 % supplémentaire à l’opérateur français Vivendi Universal qui détient actuellement 35 % du capital de Maroc Telecom.
Autre indicateur de la solidité des fondamentaux de l’opérateur historique est l’importance de ses fonds propres qui ressortent à 15,09 milliards de dirhams. La trésorerie nette de Maroc Telecom demeure très importante et ce en dépit de la générosité de l’opérateur en terme de distribution de dividendes. Celle-ci s’établit actuellement à plus de 3,45 milliards de dirhams après déduction d’un dividende global (ordinaire et exceptionnel) de 5,124 milliards de dirhams distribué au titre de l’exercice 2003.
En matière de transparence au niveau des comptes, M. Ahizoune a souligné que Maroc Telecom applique les règles et procédures pratiquées par Vivendi Universal avec des reportings financiers à J+15, des états financiers aux normes US et French GAAP. Le contrôle interne répond également aux exigences de la loi Sarbannes-Oxley et de la loi française sur la sécurité financière. Concernant les pratiques comptables, elles suivent une évolution conforme aux nouvelles exigences du marché et notamment aux IFRS.
En somme, c’est une entreprise leader de son secteur, solide financièrement, qui applique les nouvelles règles de governance d’entreprise et qui contribue activement au développement socio-économique du Royaume qui va rejoindre le marché boursier pour lui donner une nouvelle impulsion.
Moussa Diop