| | Articles » Finance | | Bank Al-Maghrib, réforme, réorganisation, nouvelles missions, pour une réelle indépendance |
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Auteur : Publier le : November 11, 2004
L’adoption du plan stratégique 2004-2006 de la banque, il y a à peu près un an, pour sa préparation à la réforme de ses propres statuts et à la révision de la Loi bancaire, a abouti à une réorganisation des hommes et de leurs fonctions pour assumer les nouvelles prérogatives de la banque centrale. Sachant que le plan stratégique a fixé des objectifs à court et moyen terme pour chaque métier de la banque, tout en en évaluant les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. Cette étape franchie, il fallait mettre en place la structure organisationnelle à même de réaliser les diverses composantes de ce plan. Dans ce cadre, est intervenue au début du mois d’octobre, une restructuration et un renforcement des effectifs de la banque, notamment au niveau de compétences pointues, orientées vers les nouvelles missions de la banque. Celles-ci portent, entre autres, sur : - la supervision bancaire afin que le système soit en bon état, - la gestion de la politique monétaire, dans le sens de l’autonomisation de Bank Al-Maghrib pour l’élaboration de cette politique et pour le choix des instruments de la mise en œuvre de celle-ci, - la gestion des réserves, qui constitue un volet important de l’activité de la banque centrale,le système de paiement, qui, d’ailleurs, souffre de quelque retard, etc. En conséquence, au niveau de l’organisation de la banque centrale, la prévention des risques, un aspect de gestion relativement négligé jusqu’à présent a été renforcé. Aujourd’hui, des moyens sont mis en œuvre pour que cette fonction soit accomplie de façon satisfaisante. De même qu’en ce qui concerne les entreprises et la collecte d’informations les concernant, le réseau de BAM a été responsabilisé dans ce sens pour des considérations de proximité. Quant à la communication externe de la Banque Centrale, qui était une simple cellule, elle a été érigée en département parce que l’autonomie de BAM, qui implique la responsabilité, a pour conséquence la diffusion de l’information et la communication tant vis-à-vis de Sa Majesté le Roi à qui le Gouverneur de Bank Al-Maghrib présente un rapport annuel, du Parlement puisque le Wali de BAM peut être appelé à faire des interventions devant les commissions parlementaires et, enfin, de l’opinion publique. Dans le cadre de cette réorganisation, il y a eu aussi des regroupements en pôles, comme pour les opérations monétaires, dirhams et devises, au sein de la Direction des Opérations. Ou encore la formation qui a été rattachée à la division des Ressources humaines, la Caisse générale qui a été rattachée à Dar As- Sikkah et la sécurité, auparavant département autonome, qui fait partie désormais de la logistique. C’est ainsi que les expressions de l’indépendance de BAM, tels qu’exprimés par les articles de la nouvelle loi bancaire, concernent notamment la détermination et la conduite de la politique monétaire et la mise en application des décisions adoptées lors de la réunion annuelle du Conseil National de la Monnaie et de l’Epargne. Le champ d’intervention des banques sera, également, élargi par la nouvelle loi bancaire qui donnera à ces établissements la possibilité d’offrir à leurs clients une panoplie de prestations. Jusqu’à présent, en effet, les règles de fonctionnement des banques étaient édictées par décret, alors que dans ce nouveau cadre institutionnel, Bank Al-Maghrib sera souveraine en matière de supervision bancaire. Vis-à-vis du Trésor également, cette indépendance sera renforcée, et éliminera de ce fait toutes les facilités de caisse automatiquement accordées à ce dernier par la banque centrale., de même que les obligations cautionnées, l’escompte de chèques, etc. Toutes ces possibilités qui donnaient au Trésor la possibilité de tirer sur Bank Al-Maghrib, seront donc proscrites. Seule demeurera la facilité de caisse limitée à 5 % des recettes budgétaires de l’année écoulée et ce dans des circonstances exceptionnelles. Le compte entre le Trésor et BAM n’est d’ailleurs pas entièrement soldé puisqu’il reste encore une avance conventionnelle très ancienne de 5,5 milliards de dirhams. Mais, il faut reconnaître que comptablement l’Etat n’est pas débiteur vis-à-vis de la banque centrale puisque les dêpôts de fonds publics dépassent et de loin ce montant de 5,5 milliards. Ainsi le fonds Hassan II a-t-il en dépôt à BAM plus de treize milliards de dirhams. L’ensemble des avoirs de l’Etat auprès de la banque centrale est ainsi largement supérieur au solde de ce compte. La gestion des excédents de liquidités adoptée par la banque centrale repose sur une batterie d’instruments de régulation : réserves obligatoires, reprise de liquidité, swap de devises, facilité de dépôt…etc Le phénomène expansif des liquidités qui caractérise le système bancaire marocain s’explique principalement par la forte expansion des avoirs extérieurs générée par les investissements étrangers effectués notamment dans le cadre des programmes de privatisation. Mais il ne faut se tromper sur les moyens de sa résorption. En accordant des crédits à l’économie, les banques, ne peuvent contribuer à la diminution de ces derniers que si les crédits distribués encouragent les importations dont le règlement exerce un effet restrictif sur les liquidités bancaires. Les sur-liquidités concernent les excédents en monnaie centrale, émise donc par Bank Al-Maghrib. Les crédits à l’économie sont constitués de la monnaie créée par les banques commerciales. Si les crédits consentis à l’entreprise restent à l’intérieur du système, cela n’aura aucune incidence sur les excédents de liquidités. Donc, la meilleure façon de réduire les surliquidités de manière structurelle serait à notre avis une ouverture plus grande du compte capital.Mais est-ce que toutes les conditions requises pour une telle ouverture sont remplies ? c’est là une autre question. La seule autre possibilité qui existe, est celle d’augmenter les réserves obligatoires. Mais une telle mesure est politiquement délicate dans la mesure où elle indique une volonté d’augmenter les taux d’intérêt. Aujourd’hui, en valeur absolue, la réserve obligatoire est à 32 milliards de dirhams ,représentant 16,5% des dépôts à vue.C’est déjà un niveau relativement élevé. L’indépendance de BAM et son engagement dans la transparence nous permettra certainement de mieux comprendre dorénavant, sa politique et de mieux en évaluer les résultats. Afifa Dassouli
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