Comme de tradition depuis son arrivée au Maroc, M. Jean-Marie Schmitz, Administrateur-Directeur général du premier opérateur cimentier du pays, Lafarge Maroc, a commenté, avec son bagout habituel, les résultats traditionnels de la filiale commune (Lafarge International et SNI-ONA) devant des représentants de la presse spécialisée et des analystes financiers de la place. Tout en relevant les performances positives de Lafarge Maroc, M. Schmitz n’en a pas moins insisté sur certaines évolutions qui pourraient affecter l’activité cimentière nationale, notamment du fait de la forte instabilité des prix sur le marché énergétique international. L’Administrateur-directeur général de Lafarge Maroc, qui a souligné toute la satisfaction que lui procurait l’exercice de sa mission dans notre pays, a également évoqué la nécessité de préserver la compétitivité du secteur cimentier national dans l’optique de l’application prochaine des termes des accords de libre-échange conclu avec des pays producteurs de ciment dont l’Égypte et la Turquie. Enfin, parce qu’il a toujours fait preuve de franchise, M. Schmitz n’a pas manqué de commenter favorablement l’arrivée de M. Rachid Benyakhlef, ancien PDG de Managem, au sein du Groupe Lafarge International.
Pour les résultats du premier semestre 2004, les informations communiquées par le cimentier attestent qu’ils sont en progression par rapport à 2003 et au budget grâce :
• A une croissance des ventes de 8,2% par rapport à 2003 ;
• A une amélioration de la productivité, fruit d’une rapide montée en puissance de la nouvelle usine de Tétouan et des performances techniques réalisées à Bouskoura et surtout à Meknès.
Ces facteurs compensent:
• L’impact de la diminution du prix moyen de vente résultant de l'augmentation de la taxe spéciale de 50 dh/t, supportée par les cimentiers (partiellement compensée par des économies sur le coût de certains intrants de l'ordre de 20 dh/t);
• La hausse des frais généraux sociaux principalement liée à l’évolution des coûts relatifs aux études stratégiques ;
• L'impact sur les amortissements de la mise en service de Tétouan II.
Le résultat d’exploitation avant frais financiers (REAFF) de l’activité cimentière à fin juin 2004 s’établit à 535,8 MDH, en progression de 13,8 MDH par rapport à l’exercice précédent (+2,6%) et de 23,4 MDH par rapport au budget (+4,6%).
1. Analyse de l’évolution du REAFF
La décomposition de la variation du REAFF entre 2003, le budget et 2004 est la suivante :
L’évolution des principales composantes du REAFF de Lafarge Maroc (Groupe) à fin juin 2004 s’analyse comme suit:
• Evolution des volumes : +75 MDH vs 2003 ; en ligne avec le Budget
Les ventes Lafarge Maroc enregistrées à fin juin 2004 sont en augmentation de 8,2% (+148 kt) par rapport à 2003 (impact +75 MDH) et en ligne avec le volume budgété. Cette croissance est sous-tendue par les facteurs suivants :
- dynamique enclenchée par les pouvoirs publics en 2003 pour la promotion des chantiers de logements sociaux;
- montée en puissance des gros chantiers de génie civil ;
- nombre de jours ouvrables plus important (152 jours à fin juin 2004 vs 147 jours à fin juin 2003) ;
• Evolution du prix moyen de vente: -98,2 MDH vs 2003; -2,6 MDH vs Budget
Le prix moyen de vente baisse par rapport à 2003 du fait de la hausse de la taxe spéciale sur le ciment de 50 dh/t, supportée entièrement par la société.
Par rapport au budget, l'effet prix (-2,6 MDH) connaît une évolution défavorable suite notamment à l’évolution du niveau des ristournes, soit 6,3 dh/t vs 4,9 dh/t au budget (flux de ventes plus importants sur Tanger à partir de Tétouan, sur la région de Marrakech à partir de Bouskoura et sur El Hoceïma à partir de Meknès et Tétouan).
Perspectives pour 2004
Après une forte progression de la consommation nationale de ciment au cours des quatre premiers mois de l’année (+9,1% vs 2003), celle-ci a connu un ralentissement au cours du second quadrimestre : sur la période mai-août 2004, la croissance a été de seulement 0,4% par rapport à l’exercice précédent (et les volumes vendus en mai, juillet et août sont inférieurs à ceux réalisés au cours des mêmes périodes en 2003).
Dans ce contexte, la progression du marché à fin août s’établit à 4,4%. Pour les quatre derniers mois de l’année, Lafarge prévoit une croissance de la consommation nationale légèrement supérieure à 6%, ce qui porterait la progression annuelle à 5%. C’est également l’hypothèse retenue pour l’évolution des volumes vendus par Lafarge Maroc.
Cependant, la productivité de Lafarge Maroc (activité ciment gris) connaît une évolution favorable de +1,7% par rapport à fin juin 2003, suite notamment à :
• L’impact de Tétouan II sur les performances techniques;
• L’introduction des combustibles de substitution (pneus et huiles) à Bouskoura et Meknès ;
• Des consommations calorifiques en nette diminution sur l’usine de Meknès ;
• Une évolution favorable des consommations de réfractaires ;
• Des performances achats suite notamment aux renégociations des contrats des emballages.
Ces éléments favorables sont atténués par l’augmentation des frais fixes (fonctionnement de Tétouan I sur le 1er trimestre, impact de Tétouan II, recours accru à la sous-traitance à Tanger) et des frais généraux (Libye, inauguration Tétouan II).
Par rapport au budget, outre l’évolution favorable des consommations calorifiques et des réfractaires, ainsi que celle des performances achats (emballages), l’impact positif des frais fixes (dépenses d’entretien prises en charge par le fournisseur à Tétouan II, manutention de clinker non réalisée à Bouskoura…) améliore la productivité de Lafarge Maroc (activité ciment gris) de 4%. Elle est légèrement compensée par la progression des frais généraux.
C’est donc une évolution globalement positive qui a été mise en exergue par l’Administrateur-Directeur général de Lafarge Maroc, même si les problèmes conjoncturels (hausse des combustibles et baisse de la consommation durant l’été) ont quelque peu freiné l’enthousiasme du cimentier. Mais, disposant de ressources financières importantes, désireux de poursuivre sa politique de développement (grâce au doublement de la capacité de production de Bouskoura), soucieux de réaliser des améliorations de productivité et des économies (grâce à l’éolien ou la combustion de pneumatiques usagés importés d’Europe) ; M. Jean-Marie Schmitz a, une nouvelle fois, prouvé que son optimisme n’était pas déplacé. Car, comme à chaque occasion depuis son arrivée au Maroc, ce sont des avancées notables qu’il a pu communiquer à la presse et aux analystes pour la plus grande satisfaction de ses deux (grands) actionnaires…
FY