A l’image des deux premiers trimestres de l’année en cours, le marché de la dette a été marqué, durant le troisième trimestre, par la poursuite de la tendance baissière des taux qui trouve son origine dans la combinaison de deux facteurs principaux: l’initiative de Bank Al-Maghrib de réduire ses taux de reprises de liquidités (3,25 % à 2,25 %) et l’accentuation de la surliquidité structurelle du marché. Ainsi, par rapport à leurs niveaux du début d’année, les maturités 13, 26 et 52 semaines ont perdu respectivement 104, 110 et 115 points de base (pbs), ramenant leurs rendement respectifs à 2,31 %, 2,40 % et 2,64%. Les maturités moyennes et longues ont également accusé le coup. Ainsi, les maturités 2, 5, 10 et 15 ans ont cédé respectivement 92, 98, et 36 pbs, pour des rendements respectifs de 3,12 %, 4,01%, 4,92 % et 5,56 %.
En dépit de la baisse des taux, le marché de la dette privée n’a pas enregistré un engouement manifeste de la part des émetteurs. Le volume des émissions privées durant le trimestre s’est établi à 1102,5 MDH tous titres confondus. Reste que, comparativement à la même période de l’année 2003, ces émissions sont en forte hausse de 124 %.
L’essentiel des émissions privées ont à trait aux Billets de Trésorerie qui ont représenté plus de 74 % de l’ensemble des emprunts privés.
Spreads en baisse
Pas moins de 13 émissions ont été réalisées par 5 émetteurs qui ont levé quelque 815MDH à des taux de financement compris entre 2,70 % et 3,25% pour des spreads qui se sont inscrits dans la fourchette allant de 27% à 85 %. Parmi les principaux émetteurs durant le semestre il y a le Groupe ONA qui après avoir relevé son plafond de 300 MDH à 1,5 milliard de dirhams, a émis une nouvelle tranche de Billets de Trésorerie d’un montant de 500 MDH. Une nouvelle émission est déjà dans le pipe du Groupe qui utilise ce moyen de financement en tirant profit des niveaux de taux très attractifs. Les autres intervenants sur ce compartiment du marché de la dette privée sont la Centrale Automobile Chérifienne, Copragri, Charaf Corporation, Promopharm et Maghreb Steel. Notons que du fait que ces différents émetteurs ont honoré leurs engagements à chaque échéance de remboursement, les primes de risque des émetteurs ont été revues à la baisse.
Concernant les Bons de Sociétés de Financement (BSF), en dépit d’une évolution favorable des taux, seuls trois opérateurs ont sollicité le financement du marché : Salafin (62,5 MDH), Maghrebail (95 MDH) et Wafasalaf (50 MDH). Au total, les émissions de BSF durant le troisième trimestre 2004 ont atteint 207,5 MDH en baisse de 48 % par rapport à la même période de l’exercice précédent. La faiblesse des émissions de BSF est justifiée par les analystes de BMCE Capital Emissions, par: “le timing des tombées –de nombreux bons arrivant à échéance fin 2004 en début 2005”, d’une part, et “l’aversion des investisseurs au secteur des sociétés de financement”.
Au terme du troisième trimestre de l’année, l’encours total du marché ressort à 6 754,6 MDH. Par émetteurs, c’est Wafasalaf qui tient la tête avec un montant de 1 425,1 MDH, soit 21,1 % de l’encours total, suivie d’Eqdom (1 290,8 MDH) et de BMCI Leasing (586,4 MDH).
Enfin, les émissions obligataires n’ont concerné que deux sociétés durant le trimestre : Taslif et Somepi Texaco Lubrifiants qui ont émis des obligations pour des montants respectifs de 30 et 50 MDH à des taux fixes respectifs de 5,50% pour une maturité de 5 ans et 5,46% pour une maturité de 7 ans. Les emprunts obligataires n’ont représenté que 7 % des émissions de dettes privées durant le troisième trimestre 2004.
MD