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BMCE, BMCI, de l’utilité évidente des programmes de rachats d’actions Marché boursier

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Publier le : October 14, 2004

Avec la dépression du marché boursier en 1998, plusieurs sociétés cotées, aux fondamentaux solides, ont lancé des programmes de rachat de leurs titres à la Bourse de Casablanca pour animer leur cours et éviter ainsi qu’ils ne s’effondrent. Leur objectif était également d’améliorer la liquidité de leurs valeurs et d’en régulariser le cours par des interventions en contre tendance des variations excessives des cours de leurs actions sur un marché dépressif. À ce jour, les principaux programmes de rachat ont été ceux de la BMCE, de la BMCI ou encore de Samir et d’Unimer.
Le programme de rachat par une société anonyme de ses propres actions est une dérogation à la Loi 17/95 sur la S.A. Car celle-ci prévoit dans son article 279 qu’une société ne peut détenir directement ou par l’intermédiaire d’une personne agissant en son nom plus de 10 % de ses propres actions. De plus, l’article 280 interdit la souscription et l’achat par la société de ses titres sauf si l’acquisition de ces actions vise leur annulation à l’effet d’une réduction de son capital.
Mais l’article suivant de la même loi, le 281 donc, donne par dérogation la possibilité aux sociétés cotées d’acheter en bourse leurs propres actions en vue de régulariser le marché. Ce même article précise que c’est l’Assemblée Générale Ordinaire qui a pouvoir d’autoriser un tel programme, d’en fixer les modalités comme le nombre d’actions à acquérir, la fourchette de prix et le délai dans la limite de 18 mois au-delà de laquelle l’émetteur est obligé de vendre. L’AGO autorise ce programme, mais c’est le management de la société qui décide de son application en fonction de son appréciation de la situation.

Les cas de BMCE Bank et BMCI

L’un des tout premiers programmes de rachat d’actions est celui de BMCE Bank, intervenu à un niveau de cours de 400 Dh que le management de ladite banque jugeait d’autant plus bas que Finance.com, le holding de participations du Président Othman Benjelloun détenait des actions BMCE acquises à un prix supérieur, ce qui devait donner lieu à des provisions. De plus, un actionnaire étranger, la Commerzbank, voulait sortir du capital de la BMCE sans brader sa participation. Le programme de rachat de la BMCE, établi dans une fourchette de prix de 375 Dh à 750 Dh, a ainsi consisté, dans un premier temps, à faire l’acquisition de titres sur le marché afin d’empêcher la chute injustifiée du titre BMCE, puis de le rétablir durablement à un certain niveau.
Mais ce ramassage a également permis à BMCE Bank de réaliser des plus-values sur sa propre valeur en cédant, comme elle l’a fait durant le mois d’août pour la première fois 18250 actions BMCE au cours moyen de 469,19 Dh et, plus récemment, 3 % du capital au gestionnaire de fonds Morgan Stanley Asset Management.
La BMCI a également lancé un programme de rachat sur une période de 12 mois renouvelable. Il a été reconduit 4 fois et la dernière vague ira jusqu’au 28 mai 2005. L’objectif initial visé, était la régularisation du cours de la valeur à un moment où la Bourse était dépressive.  Pour celui de l’année en cours, la fourchette du programme de rachat BMCI est 475 Dh-800 Dh et qui pourrait aller jusqu’à 5 % du capital, soit un nombre maximum d’actions à acquérir de 387586 ou un montant de 310 millions de dirhams, financé par ses ressources propres.
Aujourd’hui, le cours de la BMCI est de 700 Dh, proche donc de la valeur supérieure de la fourchette. Ce programme n’a pas été encore mis en marche pour la période mai 2004/ mai 2005, parce que le management considère que le cours se situe à un niveau acceptable.
Mieux encore, elle ne détient plus aucune action, ce qui veut dire que toutes celles qui ont été acquises dans le cadre de ce programme ont été revendues sur le marché sans impacter le cours qui, bien régulé par le marché, reste stable.
En effet, le titre BMCI semble bénéficier de l’élan porteur du marché amorcé depuis le début de l’année 2003. Toutefois, les fondamentaux et les résultats dégagés par la BMCI en 2003 dans un contexte sectoriel de plus en plus concurrentiel, conjugués à l’impact psychologique du renforcement de BNP Paribas dans le capital, expliquent aussi l’évolution du cours, et par conséquent l’absence de nécessité d’une intervention directe sur le marché de l’émetteur.
Globalement, les programmes de rachat lancés par la BMCI n’ont pas donné lieu à des interventions d’envergure. Entre juin 2000 et mai 2001, les achats et ventes d’actions ont porté sur 30 028 et 3100  actions seulement, à un cours moyen de 474,53  dirhams. L’année suivante les opérations ont été effectuées sur 45370 à l’achat et 71439 titres à la vente, et entre mai 2002 et mai 2004, les interventions ont été pratiquement nulles. Néanmoins, ils ont joué un rôle essentiel de régularisation du cours en attendant que le marché prenne la relève. C’est ce qu’atteste le poids du programme de rachat par rapport au total des titres BMCI échangés qui était de 28,58 % en 2000 et 2001, de 72,19 % l’année suivante avant de tomber à 0,13% en 2003 et 0,54 % en 2004.

Un succès probant

C’est dire qu’à travers ces programmes de rachats, le management de la filiale marocaine de BNP Paribas a voulu également assurer par son intervention, la liquidité du titre BMCI en permettant que tout vendeur du titre puisse trouver acheteur et inversement. Et ce, d’autant que le titre BMCI n’était pas liquide. Son ratio de liquidité qui se traduit par le nombre de jours de cotation de la valeur, sur le nombre de jours ouvrables, s’est beaucoup amélioré pour atteindre aujourd’hui 63,95 %. De plus, au-delà de la liquidité, c’est la volatilité de la valeur BMCI qu’il fallait encadrer. La courbe du cours BMCI sur la période globale du programme de rachat montre que ce dernier, qui était autour de 500 Dh en juin 2000, c’est-à-dire au début de la vague de programmes en question, se situe à plus de 700 Dh aujourd’hui.
En conclusion, ces programmes de rachat s’avèrent efficaces en période de régression de l’activité boursière.
Toutefois, si le comportement du cours de la valeur BMCI a été influencé techniquement par le programme de rachat de la banque pendant la période dépressive du marché, les fondamentaux de la valeur n’en n’ont pas moins évolué très positivement et peuvent justifier dans un marché plus serein la bonne appréciation de son cours. À ce propos, le dividende par action a doublement augmenté en 2002 passant de 15 à 33 Dh en 2003, suivant en cela le bénéfice par action qui a grimpé de 28 à 42 Dh, améliorant ainsi le rendement du titre et sa performance. Celle-ci, après avoir été négative , à –9.83 % en 2000,  a enregistré des évolutions positives de +2,15%, +3,76 % , +24,35% et +13,26% respectivement pour 2001, 2002, 2003 et septembre 2004

Afifa Dassouli



 

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