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2004, année du redémarrage de la production M.Jacques Lagarrigue, PDG d’Acred :

Auteur :
Publier le : October 21, 2004

La Nouvelle Tribune :
Quelle est la situation d’Acred aujourd’hui ?

M. Jacques Lagarrigue :
À partir de juin 2002, date de ma nomination en tant que Directeur général de cette société, j’ai pu observer qu’Acred était dotée d’un fonds de commerce sain, avec certes un volume d’impayés notables, mais qui étaient des impayés insuffisamment gérés. Les premières décisions ont donc porté sur l’assainissement de ce portefeuille et sur la détermination d’une stratégie d’action spécifique. Ainsi, on a pu remarquer que ces créances impayées  portaient dans une grande mesure sur des crédits automobiles ou " assimilés " et concernaient aussi de manière caractéristique un certain nombre de secteur ou de typologie de clientèle. Il a donc été décidé, d’une part, de quasiment sortir du marché de l’automobile où nous occupions d’ailleurs une position relativement marginale, et d’autre part, de prendre de nouvelles dispositions dans la sélection des risques.
En 2003, en accord avec notre actionnaire de référence, Axa Assurance Maroc, nous avons mis en place un plan de développement et de modernisation ; une modernisation technique et des méthodes, une nouvelle stratégie commerciale, mais aussi une stratégie sur le plan du risque. De plus, nous avons opté pour le renforcement des équipes et particulièrement du management. C’est ainsi que deux collaborateurs sont venus du pôle Banque d’Axa France au deuxième semestre 2003, pour renforcer Acred. Le premier a été nommé au poste de Directeur Commercial et des Réseaux où il a en charge le développement et la stratégie commerciale et le second à pris la responsabilité de  la Direction de l’Organisation et des Méthodes, avec pour première mission principale la rénovation complète du système d’information dont le projet aboutira à la fin du présent exercice.
Par ailleurs, au-delà des décisions opérationnelles sur le recouvrement, et en vue d’assainir le portefeuille, la décision importante prise en 2003 a été  la mise à niveau des provisions pour impayés  par l’adoption dès le 31 Décembre 2003 des normes de Bank Al-Maghrib pour la classification et le provisionnement des créances douteuses. 
Cette mise à niveau, avec, je précise, avec une année d’avance par rapport à l’obligation réglementaire, explique pourquoi nous avons produit un résultat de -18 millions de dirhams à la fin de l’an passé. La structure financière saine de la société permettait de faire cette opération, tout en développant notre plan.

Les résultats du premier semestre 2004 expriment-ils ces avancées ?

Effectivement puisqu’aujourd’hui, nous sommes en phase avec nos prévisions avec un résultat net  du premier semestre 2004 à environ +11 millions de dirhams, un PNB qui a progressé de 11% par rapport à fin juin 2003. Par ailleurs, l’augmentation de notre production qui s’est établie à +7 %, une progression de l’encours total d’environ 10%, et l’amélioration progressive de nos risques sont également conformes à nos prévisionnels.
Ainsi, 2003 a été une année de décision de modernisation et d’assainissement et 2004 marque véritablement le démarrage de la production. Certes, le stock de  créances en souffrances demeure encore trop important, mais le coût du risque a fortement diminué et nos productions nouvelles sont beaucoup moins génératrices d’impayés ; parallèlement l’efficacité de notre recouvrement progresse, sous l’impulsion d’une nouvelle Responsable qui a rejoint Acred en mars 2004.

Acred a-t-elle une bonne situation financière ? L’actionnaire Axa n’a-t-il  pas eu à opérer une injection de fonds?

La situation financière d’Acred est parfaitement saine. Elle dispose de fonds propres d’environ 135 millions de dirhams et un coefficient de solvabilité effectif aux alentours de 17 %. Comme je l’ai indiqué précédemment, c’est cette situation financière parfaitement saine qui a permis à la fin de 2003 de se mettre définitivement aux nouvelles normes de déclassement et de provisionnement des créances en souffrance et d’accepter un résultat net négatif à -18MDH. Le Conseil d’Administration a par ailleurs décidé, compte tenu de cette situation, de distribuer un dividende de 11 Dirhams par action.
Dans ce contexte, vous comprendrez que notre actionnaire de référence n’a pas eu à intervenir dans le domaine évoqué dans votre question.

Acred est la société de crédit à la consommation de Axa Assurance Maroc. Quel est son avenir ? Diversification ou simple legs du passé ?

Axa Assurance Maroc est l’actionnaire majoritaire à hauteur de environ 86 % d’Acred. En ce qui me concerne, j’ai la responsabilité de mener à bien, en accord avec l’actionnaire  et dans le cadre des objectifs qui me sont fixés, un plan d’action de modernisation et de développement d’Acred. C’est ce à quoi je m’emploie exclusivement. Concernant l’avenir, notre action doit encore être accentuée dans ce sens, afin de consolider nos premiers résultats et de placer sereinement cette société dans une dimension de volumes suffisants et à un niveau de rentabilité conforme aux objectifs définis.

Acred est en phase de croissance et de développement. Somafic, également filiale d’Axa Assurance Maroc, ne donne pas la même impression, sans doute du fait d’un passé "plus agité". On a donc le sentiment que vous avez été chargé de régler définitivement le dossier Somafic, dont vous avez également la responsabilité pour préparer une future fusion avec Acred. Qu’en est-il exactement ?

Je vous dirai que la fusion n’a pas eu lieu et qu’elle n’aura pas lieu. Chaque société est gérée de manière distincte, chacune avec son compte d’exploitation et son activité propre. Compte tenu de sa situation spécifique, Somafic se consacre à mener son plan de recouvrement. Acred conduit un plan de modernisation et de développement, tel que nous venons d’en parler

Quelle est la situation exacte de Somafic actuellement ?

Somafic a mis en place un plan d’action strictement dévolu au recouvrement. Au plan commercial, la société gère son encours actuel sans nouvelle production.
En 2003, nous avons augmenté de manière très sensible notre taux de couverture des créances en souffrance par une dotation complémentaire de 85 MDH. Actuellement, ce taux est supérieur à 80 % pour un stock à ce jour, d’environ 450 MDH. Les nouvelles normes de déclassement instituées par Bank Al Maghrib sont en place. Par ailleurs, nous avons informé cette dernière des plans d’action mis en œuvre dans le cadre de notre exploitation.
Soutenu par notre actionnaire qui a procédé en 2003, à une augmentation de capital (141MDH), nous continuons à mener un recouvrement déterminé après avoir réorganisé depuis trois ans nos méthodes et, avec l’appui de nos avocats, nos procédures contentieuses. Ces dernières, pour un nombre significatif, sont en train d’aboutir judiciairement, en particulier pour quelques affaires importantes.
Ces actions donnent des résultats constants qui nous permettent jusqu’à présent de consacrer la totalité de nos ressources à l’assainissement de la société et particulièrement au désendettement.
Dans ce contexte, et pour l’avenir, il est clair que, soutenu par notre actionnaire, nous sommes totalement déterminés à aller jusqu’au bout de tous les recouvrements, dans le cadre des actions déjà entreprises et du plan que nous sommes en train de mener.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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