Ce constat, établi par M.Brahim Benjelloun, Administrateur-Directeur général de cette banque, est facile à relever car cette réalité ne s’exprime pas seulement dans la poursuite des efforts commerciaux et la réalisation de résultats, mais aussi au niveau du rayonnement de la BMCE.
La récompense du dynamisme
Le Président Othman Benjelloun en a apporté une nouvelle preuve par l’annonce faite mardi 28 septembre 2004, lors d’une rencontre avec les analystes et les journalistes à l’occasion de la communication des résultats semestriels, de l’acquisition de 3 % du capital de BMCE Bank par la célèbre banque d’affaires et gestionnaire de fonds américaine Morgan Stanley Asset Management.
Cette opération, considérée comme un placement à moyen terme plutôt qu’une participation stratégique au capital de la BMCE, n’en représente pas moins le résultat du profond travail réalisé par M. Othman Benjelloun lui-même à l’international, aussi bien pour le Maroc que pour sa banque.
C’est d’ailleurs la caractéristique fondamentale du Président Othman Benjelloun que de vouloir pour sa banque la même démarche que celle des grandes sociétés cotées sur les places étrangères, qui marquent un intérêt aussi fort pour l’actionnariat populaire que pour les grands actionnaires institutionnels ou les gestionnaires de fonds réputés.
Autre qualité exprimée par cette annonce d’une prise de participation de Morgan Stanley, la rapidité d’adaptation aux situations les plus évolutives. Ainsi, après l’abandon du projet de partenariat de capital de BMCE Bank avec les Caisses d’Épargne françaises, le Président Benjelloun n’avait eu cesse de réussir l’entrée à hauteur de 10 % du Crédit Industriel et Commercial, (CIC), dans le capital de sa banque.
L’arrivée de Morgan Stanley Asset Management est, ainsi, le résultat d’un travail conséquent de l’équipe BMCE Bank, illustré par le road show entrepris au printemps dernier à Londres notamment par le Président Benjelloun accompagné de M. Jelloul Ayed, Administrateur-Directeur général, en charge de la banque de Corporate et d’Investissement et de l’International.
Par ailleurs, cette opération a être inspirée également par une note d’information sur la valeur BMCE émise par CFI, la société de bourse de CFG Group. Cette banque d’affaires nationale, comme d’autres sur la place, (Upline par exemple), propose le Maroc et les valeurs de la Bourse de Casablanca aux investisseurs étrangers à travers des notes de recherche et d’information qu’elle diffuse sur les places étrangères et notamment à Londres où se concentrent des investisseurs de plusieurs nationalités. En cela, CFG et ses confrères poursuivent l’objectif, des plus louables, de favoriser le retour dans notre pays des investisseurs en portefeuille étrangers qui ont fortement contribué à animer le marché financier local dans ses années fastes, c’est-à-dire avant la crise de septembre 1998.
C’est en août dernier que CFI avait donc édité une note sur le titre BMCE avec la recommandation de sur-pondérer la valeur, basant son argumentaire sur l’amélioration de ses indicateurs durant les deux dernières années et dans une perspective d’évolution à moyen terme.
Une analyse fouillée
La note d’information de CFG Group mettait en exergue un certain nombre de points nodaux de BMCE Bank, incontestablement positifs, comme sa position de deuxième banque commerciale de la place en termes de dépôts et de crédits, dotée, de surcroît, d’une stratégie de développement basée sur des leviers de croissance interne et tout particulièrement une contribution importante du segment des particuliers.
En outre, CFI anticipait une amélioration du coût de financement de BMCE Bank et un effet de levier de productivité dans les années à venir. Enfin, la note de la filiale de CFG Group présentait les résultats de la restructuration du portefeuille de la BMCE, lesquels mettaient en évidence trois pôles d’investissement stratégiques de la banque : l’assurance, les télécommunications et diverses industries. Cette analyse permettait notamment de mettre en évidence la part de Medi Telecom dans la valeur par action de BMCE, à 16 dirhams.
Compte tenu de ces éléments d’importance, CFI valorisait le titre BMCE Bank dans la fourchette de 558 Dh à 607 Dh l’action, alors le cours boursier actuel est à 520 Dh seulement, conférant ainsi à l’action BMCE un potentiel de croissance de cours fort attrayant. Cette attractivité se trouvait d’ailleurs renforcée par le ratio de liquidité du titre BMCE, à 9,5 % contre 7,4 % pour le marché, lui conférant ainsi la qualité de valeur parmi les plus liquides de la place casablancaise.
S’il paraît acquis que Morgan Stanley a été favorablement influencé par l’analyse technique très poussée de CFI sur la valeur BMCE, il faut relever que le rapprochement des managers des deux banques s’était déjà fait deux années auparavant lors de la signature d’une convention entre la banque américaine et BMCE Capital pour un transfert de savoir faire au niveau du traitement des opérations sur les matières premières ou " commodities ".
On relèvera également que les gestionnaires de fonds de cette banque américaine avaient effectué un séjour au Maroc avant l’été, pour examiner l’opportunité d’un retour dans la zone MENA et notamment dans notre pays. En cette occasion, le Président de Morgan Stanley, Sir David Walker, avait été reçu par le Premier ministre, M. Driss Jettou et nombre de responsables économiques, ce qui les avait confortés dans leur décision de revenir sur le marché marocain.
Connaissant la difficulté de convaincre un fonds géré par Morgan Stanley de venir investir dans un pays en émergence et notamment en zone MENA dans les circonstances actuelles, on appréciera hautement la performance de BMCE Bank pour la réussite d’un tel placement dans une seule valeur.
Les retombées d’une telle décision profiteront pleinement à notre pays tout autant qu’à la BMCE, sachant que le placement en question a été étudié sur le moyen terme, c’est-à-dire sur 4 à 5 ans. La transaction, qui a porté sur quelque 30 millions de dollars, soit 270 millions de dirhams, est une très grosse opération pour notre marché, sachant que l’encours des OPCVM actions avoisine seulement les quatre milliards de dirhams. Elle s’est réalisée en plusieurs blocs, achetés à la Bourse de Casablanca sur les deux dernières semaines du mois de septembre par la première banque d’investissement américaine dans le monde, à un cours moyen de 475 dirhams.
On notera, avec intérêt, que la vente a été faite au profit de BMCE Bank. En effet, celle-ci a profité de cette cession massive pour vider en grande partie son programme de rachat d’actions tout en réalisant des plus-values conséquentes. La BMCE détenait jusque-là autour de 9 % de son capital, dans le cadre de ce programme et en application d’une stratégie de soutien du cours de son titre à la Bourse. Elle a pu l’alléger à 5,23 %, tout en empochant plus de 50 millions de dirhams de plus-value boursière.
Ce qui s’appelle, en bourse, un joli coup, de tous les points de vue !
Afifa Dassouli