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Vers la convertibilité totale ? Office des Changes

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Publier le : September 16, 2004

Depuis que le Royaume a pris la décision de rendre convertible le dirham à la fin du programme d'ajustement structurel (1982-1992), d'importants efforts ont été réalisés par les autorités. Ainsi, après avoir souscrit aux obligations de l'article VIII des statuts du Fonds monétaire international (FMI), engageant le Maroc de manière irréversible à conférer aux opérations courantes un régime de convertibilité qui se traduit par l'absence de toute entrave au règlement des transactions avec l'étranger, on peut dire que le régime de convertibilité effectué par le Maroc a largement dépassé les exigences du l'institution de Bretton Woods. Suite au lancement du marché de change interbancaire en 1996, plusieurs autres dispositions et facilités de change ont été mises en place au cours de ces dernières années en faveur de plusieurs acteurs socio-économiques du pays: entreprises exportatrices ou non-exportatrices, résidents étrangers, étudiants marocains, Marocains résidant à l'étranger, etc. Les efforts des autorités dans ce domaine tendent à connaître une certaine accélération au cours de ces dernières années. Outre l'extension de la durée maximale de contrats d'achat de devises à terme et l'autorisation de dépôts et placements en devises auprès des contreparties étrangères en 2002, plusieurs autres facilités ont été octroyées par l'Office au profit des voyageurs résidents, des étrangers résidents ou non, des Marocains résidant à l'étranger, etc. Après avoir porté le montant de la dotation touristique à 15 000 dirhams, contre 10 000 dirhams auparavant, élargi l'accès à la carte de crédit international aux particuliers et permis aux agences de voyage marocaines de délivrer par subrogation la dotation touristique et ce en faveur des prestataires de services étrangères, l'Office des Changes vient de publier, coup sur coup, deux circulaires habilitant les intermédiaires agréés à effectuer librement des transferts relatifs à plusieurs opérations au profit des étrangers résidents ou non. 
Un dilemme

Certainement, l'Office ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Ceci pousse certains à prédire qu'à travers ces petites touches qui passent presque inaperçues, l'on se dirige vers l'objectif ambitieux des autorités, fixés à terme: la convertibilité totale du dirham. Une convertibilité qui est considérée comme un engagement clair à poursuivre l'intégration du Maroc dans l'économie internationale et un pari sur la capacité de la production nationale à s'adapter à la compétitivité internationale. 
Reste qu'en dépit de ces avancées louables, on est encore un peu loin d'une convertibilité totale du dirham qui implique le transfert de capitaux par les résidents et les opérations financières effectuées par le secteur bancaire pour son propre compte. De l'avis d'observateurs avertis, une convertibilité totale exige un certain nombre de conditions préalables dont un système bancaire sain, des finances publiques saines, des déficits budgétaires stables ainsi que des réserves de devises étrangères plus élevées.  
En plus de ces conditions, les autorités se trouvent également devant un dilemme. A savoir, est-ce que cette convertibilité totale qu'on souhaite ardemment mettre en place se traduira par une arrivée massive d'investissement étrangers ou, au contraire, se traduira t-elle par des fuites de capitaux avec des effets néfastes sur l'économie nationale.
Une chose est sure, avec la plus grande maîtrise des grands équilibres macro-économiques et la hausse notable des avoirs extérieurs qui se sont établis à 127,43 milliards de dirhams à fin juillet 2004, en progression de 5,083 milliards de dirhams depuis le début de l'année, correspondant à 11,4 mois d'importation de marchandises, l'Office des Changes a une plus grande marge de manœuvre dans sa politique de libéralisation des opérations de change, Toutefois, le déséquilibre du commerce extérieur qui se creuse inexorablement tend à freiner les ardeurs des autorités monétaires dans leur souhait d'aller rapidement vers une convertibilité totale du dirham. Du coup, c'est la politique à petites marches, avec moins de casse que possible, qui semble être privilégiée à travers les circulaires de l'Office des Changes.

Moussa Diop



 

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