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Lafarge et l’Etat prêts pour la signature d’une convention d’investissement de 1,5 Mrd Dhs

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Lors de sa réunion du 7 septembre dernier, la Commission de l’Investissement a examiné le programme d’investissement du secteur cimentier, lequel se caractérise notamment par la volonté des grands opérateurs, Lafarge Maroc, Holcim, Cimar, de lancer des projets dont le montant global avoisine les quatre milliards de dirhams. Et c’est Lafarge Maroc qui sera, sans doute, le premier opérateur du secteur à signer avec les pouvoirs publics la convention bilatérale d’investissement

S’il y a eu des rumeurs et informations publiées dans certains journaux annonçant la remise en cause de ces programmes d’investissements, le cimentier Lafarge Maroc confirme quant à  lui la validité de ses options et projets, notamment celui de la mise en place du doublement de sa deuxième ligne de production de son unité de Bouskoura, pour un montant global de 1,5milliard de dirhams.
De sources proches de Lafarge, on confirme, certes, que la progression des ventes de ciment a été d’environ 8 % jusqu’en juin dernier, avant de connaître un fléchissement notamment induit par le ralentissement estival des constructions, la mobilisation de la main d’œuvre du fait des campagnes céréalières, etc. Cela a eu pour effet de ramener la croissance du secteur à des taux plus habituels, entre 5 % et 6%, sans que cela n’entraîne pour autant l’annulation des projets d’investissement et de développement de Lafarge Maroc. D’ailleurs, ce taux moyen exprime une forte croissance et c’est dans ce contexte que le groupe cimentier maroco-français a décidé de poursuivre sa politique d’investissement. Celle-ci est le fruit de la concertation et de la prise de décision émanant des deux actionnaires principaux, le Groupe Lafarge International et le Groupe ONA, lesquels, sur la base d’études prospectives et d’analyses réalisées à leur demande par des cabinets internationaux spécialisés, ont convenu de concrétiser le plan de développement de Lafarge Maroc. En effet, réaliser une cimenterie, à partir du moment où le choix d’une telle option est définitif et son financement assuré, exige un délai de cinq années. Il faut dans ce laps de temps déterminer l’emplacement des carrières, et leur acquisition, ce qui n’est pas une mince affaire, lancer les appels d’offres et les consultations pour, in fine, s’engager dans la réalisation de l’unité de production de ciment.
Les choix d’investissement de Lafarge sont donc le résultat de la prise en compte de plusieurs facteurs. Il s’agit de la progression du marché, de l’amélioration régulière de l’outil de production, (afin de réussir valablement le défi de la compétitivité et de la concurrence du fait de l’entrée en vigueur prochaine d’accords de libre-échange avec des pays comme la Turquie, la Tunisie, la Jordanie ou l’Egypte), mais aussi la perspective relativement proche de la suppression totale et définitive des barrières douanières vers 2010. C’est dans le cadre de cette démarche qu’il y a amélioration des processus de fabrication, modernisation des équipements  et hausse des performances. Il fallait consommer 110 à 120 kilowatts pour fabriquer une tonne de ciment il y a dix ans. On produit aujourd’hui la même quantité avec 80 kilowatts seulement.
C’est d ans ce cadre donc qu’il faut évoquer la perspective de la signature de la seconde convention d’investissement avec l’Etat, en rappelant que la première, qui avait été conclue dans la perspective de la réalisation de la cimenterie de Tétouan II, est arrivée à échéance.
Pour la présente convention, qui concerne notamment l’unité de Bouskoura, déjà existante, il n’y aura pas d’exonération d’IS, puisqu’il ne s’agit notamment pas d’une création dans une zone privilégiée de surcroît, mais d’une extension de nos capacités de production dans une zone normale. L’ancienne convention comprenait l’unité de Tétouan II, située en zone privilégiée et constituant une création, mais aussi les unités de Bouskoura et de Meknès qui nécessitaient des investissements de mise à niveau. Pour Tétouan, Lafarge a bénéficié d’une exonération d’IS sur cinq années et d’aides (non concrétisées à ce jour) pour le hors-site d’un montant de quarante millions de dirhams destinées à financer la construction de la route d’accès, l’approvisionnement en eau, en énergie électrique. Les dossiers qui permettront le remboursement des dépenses occasionnées par la prise en charge par Lafarge de ces réalisations faites pour le compte de l’Etat seront présentés à l’Administration à la fin du mois de septembre pour l’engagement du processus de règlement. Enfin, la première convention a permis à Lafarge Maroc de bénéficier d’importantes exonérations de droits de douane dans le cas de Tétouan, mais beaucoup moins avantageuses dans le cadre de la seconde convention qui est en cours de discussion avec les pouvoirs publics aujourd’hui.
Cela est dû au fait que ces droits de douane n’existent plus et que c’est le droit commun qui s’applique, c’est-à-dire une taxe "ad valorem" de 2,5 % pour les produits importés de l’Union européenne et qui nous intéressent.
Cela signifie que la seconde convention d’investissement que Lafarge Maroc s’apprête à conclure avec l’Etat pour le doublement de la capacité de production de l’unité de Bouskoura concerne essentiellement le hors-site. Lafarge, dans ses discussions avec l’Administration a évalué l’enveloppe du hors-site à trente-trois millions de dirhams, essentiellement pour la réalisation d’une seconde route d’accès et l’achat de terrains. En effet, il y a aujourd’hui plus de trois cents véhicules qui empruntent la routé d’accès à notre unité de Bouskoura, laquelle route traverse la localité du même nom. L’extension projetée va élever considérablement le nombre de véhicules pour atteindre le chiffre de cinq cents camions/jour. On ne saurait imaginer que 500 poids lourds passent deux fois par jour dans Bouskoura, ce qui impose sans contestation possible la construction d’une seconde voie d’accès à l’unité de Lafarge.
Toutes ces extensions et ces aménagements sont destinés à la réalisation d’un projet d’investissement d’un montant
d’ 1,471 milliard de dirhams. L’essentiel de cet investissement est destiné à permettre l’augmentation de la capacité de production de l’usine de Bouskoura de 900 000 tonnes par an. Elle passera ainsi de deux millions cent mille tonnes à trois millions de tonnes annuellement produites pour un investissement d’1,2 milliard Dh. Le reliquat du montant global sera destiné à l’unité de Meknès, laquelle est située à la marge du périmètre urbain et nécessite donc des investissements de mise à niveau et de protection de l’environnement, mais aussi à la modernisation de l’usine de plâtre de Safi, de la douzaine de centrales à béton que possède actuellement Lafarge Maroc et, enfin, la promotion de Gravel Maroc, notre unité de production de granulats.
Le processus de conclusion de la convention avec l’Etat est bien engagé du fait que Lafarge Maroc dispose d’un dossier complet, d’un projet "bien ficelé" servi en outre par un financement entièrement assuré par les fonds propres de l’opérateur cimentier maroco-français. Le texte final de la convention bipartite est quasiment prêt et prévoit des exonérations de droits de douane, moins avantageux qu’auparavant du fait du processus de détaxation qui caractérise le Maroc aujourd’hui et le financement du hors-site pour un montant de trente-trois millions de dirhams. Cette somme sera consacrée à hauteur de 20 MDH à la construction de la seconde route d’accès à l’unité de Bouskoura et au financement, à hauteur de 20%, par l’Etat de l’acquisition de terrains pour Lafarge, pour un montant résiduel de 13MDH, (sur les 66MDH évalués au total par le cimentier).
Du fait donc de la situation géographique de l’unité, sise dans la région du Grand Casablanca, la convention ne prévoit aucune exonération fiscale, ni autre avantage tels qu’il ssont accordés par la puissance publique dans le cadre d’investissements dans des zones privilégiées (Nord, Régions sahariennes, Oriental, etc).
C’est donc vers la finalisation rapide de cette convention que l’on s’achemine actuellement, sachant que, selon des sources bien informées, la signature pourrait intervenir avant la fin du mois de septembre.
Lafarge Maroc pourra, ainsi, confirmer son statut de premier producteur et de premier investisseur dans le secteur cimentier national en réalisant ce projet d’1,5 milliard de dirhams sur les 4 milliards globalement programmés aujourd’hui par l’ensemble des opérateurs cimentiers au Maroc.

Afifa Dassouli



 

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