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Les crédits à l'économie progressent faiblement Secteur bancaire

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Publier le : June 19, 2003

Le secteur bancaire poursuit son rôle de collecteur et de pilier de financement de l'économie nationale. Toutefois, à la lecture des statistiques fournies par le GPBM et portant sur les quatre premiers mois de l'année 2003, on note que, sous l'effet d'une conjoncture nationale un peu morose, les ressources et les emplois des banques ont connu des progressions globalement faibles, comparativement à la même période de l'année 2002.
Pour ce qui est des ressources, les banques de la place ont drainé, à fin avril, 299,95 milliards de dirhams, un montant en hausse de 0,88 % par rapport à fin décembre 2002. Plus de 90,7 % des ressources sont constituées des dépôts de la clientèle qui ont progressé de 0,47 % depuis le début de l'année, sous l'effet notamment des comptes-chèques. Ces derniers ont progressé de 4,06 % à 102,03 milliards de dirhams, par aussi bien des dépôts de la clientèle locale que ceux des Marocains résidant à l'étranger (MRE) qui ont progressé depuis janvier de 4,98 %, à 35,6 milliards de dirhams. Par rapport à la même période de l'année 2002, la hausse des dépôts de la clientèle sous forme de comptes chèques a été de 15,77 %. Une progression qui vient à point nommé pour des banquiers qui misent de plus en plus sur les commissions pour booster leurs produits nets bancaires. Contrairement aux comptes-chèques, les comptes courants ont accusé une baisse de -9,93%, à 36,73 milliards de dirhams, alors que les comptes d'épargne enregistraient une légère hausse de 2,53 %, à 36,7 milliards. Afin d'encourager davantage l'épargne sur compte carnet, les autorités ont dernièrement relevé le plafond de ces dépôts à 300 000 dirhams, contre 150 000 dirhams auparavant. Quant aux dépôts à terme, ils se sont établis à 82,35 milliards de dirhams, en léger repli de -0,63%.
Progression des crédits immobiliers
Le complément des ressources bancaires est constitué des emprunts financiers extérieurs (8,43 milliards de dirhams) et des titres des créances qu'elles ont émises (18,01 milliards).
Si les ressources ont quasiment stagné, les crédits octroyés par les banques ont, par contre légèrement progressé de 2,81%, à 194,8 milliards de dirhams. Leur niveau, tout de même bas, comparativement aux ressources des banques mais également au vu des énormes besoins de financement de l'économie nationale. Il témoigne du faible dynamisme de l'activité économique du pays. Pour rappel, à la même période de l'exercice 2002, la progression des crédits à l'économie était de 5,23 %. Constituant 91,7 % des crédits à l'économie, les créances sur la clientèle ont progressé de 2,91 %, sous l'effet particulièrement des crédits immobiliers et des crédits d'équipements. Les crédits immobiliers, qui sont consentis aussi bien pour financer l'acquisition d'une résidence principale que celle d'une résidence secondaire ou encore pour des travaux importants dans l'un ou dans l'autre, l'acquisition de terrain, etc, se sont accrus de 4,3 %, à 36,6 milliards de dirhams. En glissement annuel, la progression des crédits immobiliers a été de 7,01 %. Plus de 90 % des crédits immobiliers, soit 32,97 milliards de dirhams, sont constitués de crédits particuliers. Le déficit notable que connaît le pays en matière de logement et la politique adoptée par le gouvernement visant à faciliter l'accès à la propriété aux différentes couches de la population sont autant de facteurs favorables pour dynamiser le secteur immobilier. Face à la croissance que connaît le secteur, les banques  se rivalisent à coup d'offres de financements immobiliers de plus en plus alléchantes accroissant ainsi une concurrence déjà vive au niveau de ce créneau.

Créances en souffrance

A l'image des crédits immobiliers, les crédits à l'équipement, qui sont des crédits à moyen et long terme permettant de financer la création, le développement ou la mise à niveau des entreprises..., se sont appréciés de 2,33 % depuis janvier dernier pour s'établir à 37,31 milliards de dirhams, contre une contraction de -6,25 % pour la même période de l'année 2002. Ceci témoigne peut-être d'un regain de confiance de la part des investisseurs qui, après une longue période d'attentisme, commencent à changer d'attitude. D'ailleurs, ils n'ont pas le choix. Avec l'ouverture progressive des frontières, ils doivent impérativement mettre à niveau leur outil de production pour faire face à la concurrence internationale. En réponse, les banques apportent leur contribution en mettant en place des produits de plus en plus adaptés.
Contrairement aux deux créneaux cités, le crédit à la consommation distribué par le secteur bancaire durant les quatre premiers mois de l'année a baissé de -1,15 %, à 8,3 milliards de dirhams.
Reste que le gros des créances sur la clientèle est alloué aux crédits de trésorerie. Ces dernières ont atteint 69,27 milliards à la fin du mois d'avril 2003, en légère hausse de 1,74% par rapport à leur niveau du début d'année.
Par ailleurs, et concernant la qualité du portefeuille des banques, elle continue de se détériorer en dépit des politiques restrictives mises en place par les différents établissements en matière d'octroi de crédits. Ainsi, à fin avril 2003, les créances en souffrance sur la clientèle nette de provisions se sont établies à 9,76 milliards de dirhams, en progression de 2,01 %. Sur les douze mois glissant, cette progression est de 5,19 %. La progression significative des créances en souffrance qui avoisinent les 40 milliards de dirhams montrent que les banques n'arrivent pas réellement à infléchir une tendance née d'une période où les banques obnubilées par leur performances commerciales et la course aux parts de marché, octroyaient des crédits avec beaucoup de laxisme. Cette situation pèse de plus en plus sur les bilans des banques qui ont beaucoup d'ailleurs provisionné en 2002 pour se conformer davantage aux exigences de Bank Al-Maghrib en matière d'amélioration de la prise en compte des risques, amenuisant ainsi leurs bénéfices.    

Moussa Diop



 

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