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"Nous souhaitons une concurrence solidaire entre états arabes" Entretien avec M. Hassan Bernoussi, Directeur du Département des

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Publier le : March 6, 2003

En marge du "Forum Arabe de l'Investissement 2003", M. Hassan Bernoussi, Directeur du Département des Investissements, nous donne sa vision des objectifs assignés au Forum et les pistes ébauchées par les participants pour accroître le volume des investissements interarabes.

 

La Nouvelle Tribune : Quels sont les objectifs assignés au Forum Arabe de l'Investissement 2003?

M. Hassan Bernoussi : Pas moins de trois objectifs fondamentaux sont assignés à ce Forum. Le premier est de permettre aux différents investisseurs arabes de se rencontrer afin qu'ils puissent débattre d'un certain nombre de sujets liés à l'investissement. Dans ce cadre, le Forum a permis d'expliquer aux investisseurs les opportunités d'investissement qui existent dans les pays arabes de façon à ce qu'une partie des capitaux arabes puisse  s'orienter vers les pays à grandes potentialités. Actuellement, comme on le sait, les capitaux arabes prennent essentiellement le chemin des pays industrialisés.

Le deuxième objectif du Forum est la création d'une Agence pour la  Promotion de l'Investissement Arabe. Une telle Agence permettra aux différents pays d'échanger des informations sur les opportunités d'investissement qui existent dans nos pays. La mise en place de cette Agence sera une première étape qui précédera celle de la consolidation qui  abordera des questions plus profondes qui touchent non seulement à l'économique mais également au politique, partant du fait que l'objectif  ultime étant de contribuer à la création d'une zone de libre échange entre États arabes.

En troisième lieu, le Forum devrait permettre la création de trois fonds d'investissements: un fonds dédié au tourisme, un fonds destiné au financement immobilier et un fonds pour les industries agroalimentaires. Ces fonds devront permettre d'effectuer des investissements sur tous les pays arabes. Les promoteurs seront aussi bien des investisseurs privés que des institutionnels publics nationaux des différents pays arabes.

 

Quels sont les particularités du Forum Arabe de l'Investissement 2003?

Deux particularités principales caractérisent le Forum Arabe de l'Investissement 2003. La première reste bien évidement l'accueil fait par les investisseurs arabes à cette manifestation. En dépit d'une conjoncture économique et politique internationale difficile, pas moins de 350 investisseurs provenant de tous les pays arabes, ont assisté au Forum. Ceci dénote de l'intérêt des investisseurs arabes à orienter leurs capitaux vers les pays arabes.

L'autre particularité du Forum de 2003 réside dans la présentation de projets d'investissement ficelés par quelques banques d'affaires marocaines.  Ce sont des projets d'investissement d'un montant global de 3 milliards de dollars qui sont complètement étudiés par des professionnels des banques d'affaires aussi bien au niveau des montages financiers que de leur rentabilité financière. Ce sont des projets clé en main ouverts à une participation privée en matière de financement, et pourquoi pas en matière d'expertise.

 

Le manque d'information a été souligné par nombre d'investisseurs comme un des facteurs explicatifs de la faiblesse des investissements entre les pays arabes. Quelles sont les solutions préconisées par le Forum des investisseurs arabes?

C'est une vérité. Et pour faire face à ce manque patent d'informations, nous avons proposé la création d'une Agence Arabe pour la Promotion des Investissements. Cette Agence serait, d'une part, un outil d'informations pour faire connaître les économies arabes, leurs potentialités, et offrir aux investisseurs une palettes d'informations sur les opportunités qu'offre l'ensemble du monde arabe. D'autre part, cette Agence doit permettre l'élaboration d'un cadre unifié et concerté en terme d'incitations à l'investissement offert par les différents pays arabes. En d'autres termes, l'Agence doit permettre une harmonisation des avantages offerts aux différents investisseurs en matière d'incitations afin qu'il y ait une concurrence saine et solidaire entre les économies arabes dans leur quête à l'investissement direct étranger.

 

On parle de plus en plus de fuite des capitaux arabes de certaines grandes places financières occidentales. Est-ce que le Maroc peut se prétendre comme un terrain d'accueil de ces capitaux?

 Je crois que les opportunités et les potentialités du Maroc sont aujourd'hui connues de tout le monde. D'importants efforts ont été faits à travers les reformes entreprises durant ces dernières années pour assainir le climat économique et améliorer le cadre. Je pense qu'il faut continuer sur cette voie et mettre également un accent particulier au niveau de l'information afin de faire connaître les opportunités d'investissement qu'offre le Royaume pour attirer encore plus d'investissements arabes et pourquoi pas une partie des capitaux qui éventuellement pourraient quitter certaines places financières internationales connues.

Le travail fait jusqu'à présent est bon, mais il n'est pas suffisant. Il faut non seulement chercher les investisseurs étrangers, mais également mettre en place tous les moyens nécessaires afin de les garder aussi longtemps possible. Il y a encore un important travail de persuasion à faire. Nous devons savoir parler aux investisseurs, les convaincre et savoir leur vendre un produit. Chercher un investisseur est un travail de marketing. Au delà des potentialités et des produits à offrir, il faut avoir le savoir-faire nécessaire pour vendre aux investisseurs le produit marocain.

                                                                        Propos recueillis par
Moussa Diop



 

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