L'actif net des OPCVM action a signé une progression de +6,3 % à 4,56 milliards de dirhams, alors que l'actif net du marché signait un repli de -9 % à 63,28 milliards. La hausse des taux, les performances du marché boursiers et les politiques adoptées par les gérants justifient l'arbitrage des investisseurs pour ces fonds.
Avec la crise du marché boursier qui dure depuis plus de quatre années, les OPCVM actions étaient devenus les parents pauvres du marché de la gestion collective. Les investisseurs fuyaient ces fonds suite au dégringolades continues des cours des sociétés cotées et les gérants, en dépit des efforts multiples pour expliquer que les investissements en OPCVM actions devraient se faire pour des options moyen et long termes, commençaient à perdre d'impatience du fait qu'aucun élément n'éclaircissait l'horizon du marché boursier dont l'évolution commandait en grande partie celle des performances des fonds actions.
Aujourd'hui, à la faveur d'un certain nombre d'éléments favorables, les OPCVM actions semblent vouloir prendre leur revanche sur les autres catégories de fonds. Ainsi, après avoir subi les arbitrages en faveur des fonds obligataires, qui présentaient des rendements plus favorables avec moins de risques, l'année 2003 s'annonce comme celle du retournement de la conjoncture. Ainsi, en l'espace de 7 semaines, l'actif des OPCVM actions s'est apprécié de +6,3% à 4,73 milliards de dirhams, représentant ainsi 2,97 % de l'encours du marché qui ressort à 62,75 milliards de dirhams. Cette hausse de l'actif des fonds actions s'explique par la conjugaison d'un certain nombre de facteurs. D'une part, il y a bien évidemment l'évolution favorable du marché boursier suite au redressement des cours d'un certain nombre de valeur, dont notamment, Samir (38,28 %), Centrale Laitière (+32,4 %), Brasseries du Maroc (+20,88%), Sonasid (+14,45%), SNI (+9,84 %), BMCE (+5,33 %), etc.
Comme conséquence, ces évolutions se sont traduites par une amélioration des performances des fonds actions. Ainsi, au niveau des fonds investis à hauteur de 60 % en actions, les performances réalisées depuis le début de l'année ont évolué dans une fourchette comprise entre +5,39 % et +8,61 %, soit en moyenne des performances presque identiques à celles des indices du marché.
Belles performances
Les meilleures performances du marché sont à mettre à l'actif des gérants qui ont opté pour une gestion offensive de leur fonds en prenant des risques élevés, répondant ainsi aux motivations d'une clientèle audacieuse. Ainsi, au niveau des OPCVM investis, au minimum, à hauteur de 85 % en actions, les performances réalisées depuis le début de l'année ont évolué dans une fourchette comprise entre +7% et +12,37 %. Au niveau de cette catégorie, les meilleures performances ont été réalisées par Capital Participations de BMCE Capital Gestion (+12,37 %), Atlas Prémium d'Atlas Management (+11,74%) et Faisal Investment Fund de Marogest (+11,60 %). Comme bonus, cette catégorie bénéficie également d'une exonération de la taxe sur plus-value réalisée lors des cessions de parts ou d'actions.
Outre l'évolution du marché boursier, l'appréciation de l'actif des fonds actions s'explique par le retournement enregistré au niveau de la courbe des taux, faisant suite aux mesures prises par Bank Al-Maghrib à la fin de l'année 2002 et à la politique d'endettement du Trésor. Ce dernier, en voulant satisfaire ses besoins au niveau d'un marché "asséché" depuis le relèvement du cœfficient de réserve monétaire en décembre 2002 de 10 % à 14% a entraîné un retournement rapide au niveau de la courbe des taux. Hors, c'est connu, il suffit que les taux s'envolent pour que les titres détenus en portefeuille perdent de leur valeur, rendant plus intéressant l'achat de nouveaux OPCVM présentant de meilleurs rendements. Ainsi, la hausse brusque des taux s'est traduite par des rachats de parts et d'actions au niveau principalement des fonds obligataires court terme et monétaire, lesquels ont vu leur actif baisser respectivement de -27,27 %, à 13,31 milliards de dirhams, et -10,37 %, à 36,83 milliards de dirhams. Une partie de ces fonds s'est orientée bien évidemment vers les OPCVM actions qui présentent les meilleures perspectives de rendement en cette période de hausse du marché boursier.
In fine, notons que le bon comportement des fonds actions ne doit pas occulter la réalité du marché. L'actif net s'est établi à 63,28 milliards de dirhams en recul de -8,96 % depuis le début de l'année. Hormis les fonds actions, tous les fonds ont contribué, à des degré divers, à la baisse de l'encours du marché. Preuve que le marché de la gestion collective reste encore très soumis à l'évolution erratique des taux dépendant des politiques adoptées par le Trésor et Bank Al-Maghrib.
Moussa Diop