M. Jean-Marie Schmitz, Administrateur-Directeur général de Lafarge Maroc, est un communicateur né qui, visiblement, prend plaisir à parler de l’entreprise qu’il dirige. Et son plaisir est d’autant plus grand que les résultats de Lafarge Ciments pour l’année 2002 sont bons, tandis que les perspectives pour 2003 s’annoncent, elles aussi, de bon augure. Son plaisir, disions-nous, est d’autant plus visible à voir que Lafarge, qui a réalisé une croissance de ses ventes de 5,3 % en 2002, a réussi le tour de force d’améliorer ses performances grâce à des gains de productivité et une meilleure maîtrise de l’outil de production sur la plupart des sites, ce qui a entraîné une baisse de 11% des charges variables à la tonne produite.
Du fait donc de ces avancées, incontestablement dues au dynamisme et à la rigueur du management, de l’encadrement et des salariés, Lafarge Ciments peut se targuer d’une hausse significative de ses résultats financiers comme l’expriment les comptes consolidés du périmètre Lafarge Ciments (activités ciment, béton et granulats) :
C’est ainsi que le chiffre d’affaires enregistre une croissance de 6,6 %, passant de 2494 Mdh à 2660 Mdh, tandis que le résultat brut d’exploitation marque une hausse de 16 % par rapport à 2001, en s’établissant à 1253 Mdh.
Le résultat net consolidé connaît également une augmentation appréciable, de 16%, passant de 597 Mdh à 690 Mdh.
C’est donc en conformité avec de tels résultats que le Conseil d’Administration de Lafarge Maroc, filiale commune (faut-il le rappeler) du Groupe Lafarge et du Groupe ONA, a décidé de proposer à la prochaine Assemblée générale de la société la distribution d’un dividende de 60 Dh par action contre 50 Dh en 2001, marquant ainsi une hausse de 20 %. Les actionnaires apprécieront sûrement ce geste, d’autant que les cours boursiers actuels ne sont pas flamboyants, ce qui donne à la politique de rétribution par le dividende toute sa portée stratégique pour ceux qui continuent de croire en la Bourse de Casablanca. On précisera, au passage, que l’action Lafarge fait partie des (quelques) valeurs vedettes de la BVC puisqu’elle se situe actuellement à un cours de 1275 Dh pour un plus haut cours annuel de 1285 Dh, mais que la liquidité n’est pas sa première caractéristique…
Quelques journalistes avisés ont d’ailleurs remarqué la présence, lors de la présentation des résultats 2002 par M. Schmitz, de plusieurs " gros " petits porteurs qui suivaient avec attention les déclarations de l’Administrateur-Directeur général de Lafarge Maroc.
Mais " les questions d’argent ", pour importantes qu’elles soient dans le contexte d’une entreprise, ne sont pas les seules préoccupations de managers avisés et compétents et c’est avec une fierté légitime que M. Schmitz a exposé les acquis et résultats du plan de redéploiement du personnel de l’unité de Tétouan I, appelée à disparaître avec la mise en service de Tétouan II qui devrait intervenir au début du troisième trimestre de l’année 2003.
En effet, comme exprimé par le management de Lafarge, " le plan de redéploiement du personnel de Tétouan I, engagé au début de 2002, a connu une remarquable réussite ". Les études préalables effectuées pour déterminer les activités susceptibles d’intéresser les salariés non reclassés sur les autres sites de Lafarge ont permis d’identifier des opportunités qui ont largement satisfait les attentes et espérances de ces employés devenus, ainsi, leurs propres patrons dans les services, la petite industrie, l’agriculture, l’artisanat, etc.
Lafarge Ciments, pour ce, a mis en place une équipe permanente de soutien et d’accompagnement qui a conseillé et orienté les salariés destinés à quitter l’entreprise, qu’ils soient temporaires ou permanents. 121 personnes sont concernées par ce plan de redéploiement et 89 d’entre elles avaient, à la fin de février 2003, déjà décidé de leur avenir, créant elles-mêmes ainsi plus de 196 emplois, ce qui est largement supérieur aux postes qui seront supprimés à Tétouan. Il est, en outre, prévu que la cellule d’assistance continue de s’occuper des " reclassés " pendant une période de deux années, afin de s’assurer de la pérennité des entreprises créées par les anciens salariés de la cimenterie tétouanaise.
Pour l’année en cours et selon les études faites par Lafarge, il est prévu une croissance notable du marché cimentier national, notamment du fait de la reprise de la politique de logements sociaux par les pouvoirs publics et le secteur privé, mais aussi grâce à la relance des chantiers d’infrastructure et de tourisme. Lafarge table également sur une bonne récolte et la poursuite des transferts de nos compatriotes résidant à l’étranger.
Sans annoncer l’implantation de nouveaux sites, alors que Tétouan II sera opérationnelle dans les prochains mois, Lafarge Ciments considère qu’il lui faut désormais s’atteler à une hausse de sa production et compte réaliser cet objectif par l’amélioration de la productivité des sites existants, notamment celui de Bouskoura et ceux du Nord. La société envisage pourtant, dans la perspective du grand projet d’infrastructure du Port de Tanger-Méditerranée, de réaliser les éventuels investissements nécessaires pour y marquer sa présence, (à moyen terme sans doute).
C’est donc pour un avenir encore plus positif que Lafarge Maroc est mobilisé, déterminé à augmenter sa part de marché, dans un contexte qui s’annonce, malgré les turbulences internationales, porteur pour l’activité cimentière nationale.
Fahd Yata