Bank Al-Maghrib a multiplié ses interventions au cours de ces dernières semaines pour enrayer la tension sur les taux qui prévaut au niveau du marché. Les injections massives par le biais de l'avance en pension à 5 et 7 jours ont permis de contenir l'envolée des taux.
Le marché monétaire a connu durant ces dernières semaines de fortes tensions qui se sont traduites par une envolée des taux. Cette situation était attendue par les analystes depuis l'intervention de Bank Al-Maghrib à la fin du mois de décembre 2002. Pour rappel, l'autorité monétaire avait procédé à la baisse des taux directeurs à 3,25 % pour les avances de 7 jours sur appels d'offre et 4,25 % pour les avances à 5 jours à l'initiative des banques et un relèvement du cœfficient de la réserve monétaire de 10 % à 14 %.
Ainsi, à mi-février, la hausse des taux a connu son point culminant sous l'effet combiné d'importantes sorties de monnaies fiduciaires durant les fêtes de l'Aïd Al-Adha et des levées du Trésor durant le mois de février qui se sont établies à 11,2 milliards de dirhams. Les réserves constituées par les banques ont ainsi connu un certain amenuisement par rapport à la réserve moyenne requise. A mi-février, la réserve accusait un solde négatif de plus de 160 millions de dirhams. Cette situation s'est traduite par une envolée des taux. Le taux moyen pondéré au jour le jour s'est ainsi hissé à 4,304 % alors qu'il devrait théoriquement se rapprocher de 3,75 %, taux supposé orienter le taux réel du marché et constituer la base de la courbe des taux à court, moyen et long terme. Les taux de Repo ont suivi la tendance en évoluant autour de la fourchette comprise entre 3,85 % et 4,35 %. Cette tension a eu des effets sur la courbe des taux dont les maturités de 26 et 52 semaines ont pris durant le mois de février 40 et 41 points de base à 3,75 % et 4,2 %.
Avances en pensions
Bank Al-Maghrib n'est pas resté insensible face à cette situation. La gardienne de la politique monétaire a agi avec doigté en procédant à des injonctions massives par le biais de l'avance en pensions à 5 et 7 jours. Ainsi, pour la séance du 26 février, l'institut d'émission a satisfait la totalité de la demande des Banques en pensions 7 jours, soit un montant de 1,1 milliard de dirhams. Ces interventions, conjuguées au retour de la monnaie fiduciaire suite à l'injection de la paie des fonctionnaires dans le système, ont permis d'atténuer la tension sur les taux. Ainsi, le loyer de l'argent au jour le jour a fortement chuté pour s'établir à 3,35 % le 03 mars dernier, enregistrant une décrue de plus de 95 points de base par rapport à son plus haut niveau du mois de février. Le marché des pension est lui aussi revenu à une sorte d'équilibre autour de 3,25 % au terme de la dernière semaine du mois de février.
Reste que les tensions sur les taux ne sont pas encore totalement à écarter. Les importantes levées du Trésor, notamment sur les maturités court et moyen terme, risquent d'accentuer les tensions sur les taux. En l'espace de deux mois, le Trésor a levé au niveau du marché des adjudications de 17,6 milliards de dirhams.
M.D.