L'équipe dirigeante du Groupe Banques Populaires s'est donnée rendez-vous le vendredi 09 juillet 2004 à Nador pour assister à la "Journée économique et sociale" organisée par la Banque Populaire de Nador-Al Hoceima. Introduisant les conférences de la Journée, M. Noureddine Omary, Président Directeur Général du Groupe Banques Populaires, a souligné que "l'organisation de la journée économique et sociale s'inscrit essentiellement dans le cadre des rencontres professionnelles durant lesquelles nous travaillons pour la création d'un cadre général de consultations et de dialogues entre la banque et les différents acteurs économiques pour trouver les mécanismes efficients pouvant stimuler le développement socio-économique de la région. Il vise également à répondre de manière pragmatique aux besoins de la région par une plus grande ouverture des réseaux économiques pourvoyeurs de ressources à travers une augmentation des investissements pour exploiter les ressources naturelles et humaines dont regorge la région pour assurer son développement". Et dans ce cadre, les résultats enregistrés par la Banque Populaire de Nador-Al Hoceima, sont significatifs. Ainsi, à fin décembre 2003, elle a attiré 51% des dépôts et a octroyé 39,5 % des crédits à l'économie de la région.
Faibles investissements
Les différents intervenants qui ont succédé au président du Groupe Banques Populaires ont mis l'accent sur un certain nombre de points, dont les défis de la mondialisation et les enjeux de la relance économique, les spécificités régionales et les secteurs porteurs, la stratégie de développement des provinces du Nord, l'enjeu halieutique pour le Maroc, le secteur immobilier et la modernisation du secteur agricole.
Intervenant lors de cette Journée, le Gouverneur de la Province de Nador, M. Mohamed Allouch, a souligné "la faiblesse de l'utilisation des ressources bancaires au niveau de la région", et de poursuivre en soulignant que "les ressources des ressortissants de Nador sont essentiellement investies hors de la région, mais principalement à Casablanca, Rabat, Marrakech et même à l'étranger". Pourtant, poursuit-il, la région regorge de potentialités : disponibilité de terre agricole, ressources halieutiques importantes et un potentiel touristique inexploité. Reste que sans infrastructures de base (routes, ports, etc), il est difficile d'exploiter toutes ces potentialités. C'est dans ce cadre que l'État a entrepris d'importants investissements au cours de ces dernières années au niveau de la région. Ainsi, durant les quatre dernières années, l'État a initié de grands projets d'investissements: ports, aéroports, ponts, routes, adductions d'eau et d'électricité..., d'un montant d'environ 2 milliards de dirhams. Concernant les secteurs productifs, c'est une enveloppe d'environ 100 MDH qui a été investie par l'État en quasi totalité dans le domaine agricole. Les secteurs sociaux (éducation, santé, logements, etc) n'ont pas été oubliés, et un montant de 171MDH leur a été affecté.
Opportunités d'investissement
En clair, pour M. Allouch, "l'État a rempli son rôle en mettant en place les infrastructures de base, et ce d'autant qu'on est plus dans un système où l'État est appelé à être un acteur producteur mais un régulateur de l'activité économique". Si l'État a investi dans cette région plus de 2,27 milliards de dirhams en l'espace de 4 ans, il n'en demeure pas moins que le déficit infrastructurel, résultat de plusieurs décennies de marginalisation de cette région, reste important. Face à cette situation, plusieurs projets infrastructurels ont été avancés visant à désenclaver davantage la région. Il s'agit essentiellement des axes routiers: Taourirt-Nador (117 km), Nador-Oujda (120 km), la voie côtière (196 km) et d'une liaison ferroviaire.
Revenant sur les potentialités de la région, M. Ali Douzi et M. Othmane Badich ont mis l'accent sur les secteurs porteurs de la région: l'agriculture, le tourisme et la pêche.
Au niveau du tourisme, la clientèle est essentiellement "commerçante". Le tourisme de loisir est totalement balnéaire. Néanmoins, un processus d'aménagement est en train de se mettre en place avec la station de Saïdia et l'émergence de Qariat Arkmane comme station balnéaire. Les montagnes et le désert offrent aussi des atouts très diversifiés. Bien que le potentiel touristique soit important, le développement de cette activité dépend énormément des mesures d'envergure, de nature à protéger les sites aménageables, à promouvoir le patrimoine culturel et à mettre en valeur les potentialités locales. Au niveau agricole, les potentialités de la région sont sous exploitées. L'activité est largement dominée par la culture des céréales et des légumineuses. Toutefois, le secteur souffre d'un certain nombre de contraintes qu'il est nécessaire de dépasser pour faire de la région une zone agricole performante, comme l'a laissé entendre M. Ahmed Benyoussef d'ORMVAM. Parmi ces contraintes, M.Benyoussef cite: l'envasement des barrages, la vétusté des infrastructures agricoles, l'absence d'unité de transformation, la faiblesse des circuits de distribution, etc.
Au niveau halieutique, en plus des retombées sur l'équilibre et l'approvisionnement alimentaire, le secteur mérite une attention particulière. L'activité aquacole visant la production d'huîtres, de moules et l'élevage de poisson constitue des créneaux très intéressants dans le secteur. M. Loukili, un connaisseur du secteur, a souligné la nécessité de développer des unités de transformation, de développer la pisciculture et l'aquaculture, développement toute l'industrie d'accompagnement et de tisser des relations de partenariat avec les régions d'Europe les plus proches, notamment espagnoles pour bénéficier du savoir-faire de ceux-ci. Il a également fait part de l'intérêt de créer un observatoire indépendant au niveau de la région pour se pencher sur les véritables obstacles à l'investissement productif au niveau du secteur.
Et pour financer les investissements, le Groupe Banques Populaires met à la disposition des investisseurs une large gamme de produits, a expliqué M. Laïdi El Wardi de la BCP. Il a mis en exergue les différents fonds de mise à niveau des entreprises du Groupe dont: Chaabi Fortex (secteur du textile), Chaabi Renovotel (secteur hôtelier), le Foman, destiné à soutenir les entreprises pour leur investissement matériel, et Chaabi Certification visant le financement de la certification de la phase d'accompagnement jusqu'à l'obtention de la certification. Les lignes de financement étrangères (Fodep, Ligne Awex, Ligne de crédit française, Ligne de crédit Italienne et Ligne de crédit portugaise), et les Fonds de Garantie. En plus, les avantages qu'offrent certains montages financiers, tel le capital risque, ont été longuement expliqués.
Réponse en 2 semaines
Les intervenants de la salle ont surtout mis l'accent sur l'insuffisance des infrastructures de base au niveau de la région comme obstacle à l'investissement productif au même titre que la contrebande qui, tout en faisant vivre une grande partie de la population de la région -une visite éclair au marché suffit pour s'en rendre compte-, empêche toute initiative d'investissement. D'autres, par contre, ont soulevé certaines lenteurs dans le traitement des dossiers de demandes de crédit et le refus de financement de certains dossiers qu'ils jugent bons. Si la résorption du déficit en infrastructures est du ressort de l'État, sur les autres points, M. Omary a été catégorique. Tout client qui dépose un dossier complet et bien ficelé est sensé obtenir une réponse à sa demande au plus tard deux semaines après la date du dépôt. Dans cette optique, "plus de 90 % des demandes de crédits sont aujourd'hui traitées au niveau régional et seuls mille dossiers de crédits environ sont traités annuellement au niveau du siège", fait remarquer le PDG du Groupe Banques Populaires. Il s'agit généralement de dossiers nécessitant des montages complexes et concernant des montants d'investissements parfois très importants. Quant au refus de financement de certains investissements, M. Omary a rappelé que le capital social de la Banque Populaire de Nador-Al Hoceima étant détenu par des sociétaires, cet établissement ne peut se permettre, par conséquent, de financer des projets dont la rentabilité n'est pas assurée, au risque de se retrouver lui-même dans des difficultés.
Des managers d'abord
C'est pour faire face à cette situation que la Fondation Banques Populaires pour la Création d'Entreprises a organisé une rencontre avec les jeunes de la région "Porteurs de projets". Une quarantaine de jeunes ont suivi les explications de l'animateur. Pour rappel, la Fondation a pour objectif d'accompagner et d'assister tout créateur d'entreprises à chaque étape de son projet. Cette nouvelle expérience fait suite aux déboires relatifs aux crédits jeunes promoteurs. Cette expérience ayant englouti d'importantes ressources, les dirigeants du Groupe ont compris que la principale source d'échec du crédit jeunes promoteurs provenait du manque de culture managerial des bénéficiaires de crédits entraînant une mauvaise gestion des capitaux empruntés. Avec cette nouvelle initiative, les Porteurs de projets vont suivre durant presque deux années des cycles de formation périodiques dans différents domaines: financier, fiscal, juridique, marketing, etc. A la fin de sa formation, le Porteur de Projet est sensé avoir le bagage minimum pour piloter son projet. En plus, la Fondation offre gracieusement aux jeunes un certain nombre de prestations: assistance, conseil, domiciliation juridique, domiciliation commerciale, documentation, consultation de la borne interactive et des bases de données, etc. Les jeunes qui auront suivi la formation et qui présentent des projets biens ficelés, pourront ainsi plus facilement obtenir des lignes de crédit pour financer leur entreprise.
Notons également que la Journée économique et sociale a été marquée également par la signature d'une convention de partenariat entre le Centre régional d'investissement (CRI) d'Al-Hoceima et la Fondation Banques Populaires pour la Création d'Entreprises, portant sur le soutien aux créateurs d'entreprises. Il est prévu la signature très prochainement d'une convention similaire avec le CRI de Nador.
Notons qu'à la veille de la tenue de la "Journée économique et sociale", M. Noureddine Omary a procédé à une remise d'un don d'ouvrages d'une valeur de 50 000 dirhams et plus d'une soixantaine de micro-ordinateurs multimédia à la Délégation Provinciale du ministère de l'Éducation nationale. Les ouvrages seront offerts, selon le Directeur de la Délégation, aux élèves les plus méritants de la province alors que les micro-ordinateurs seront répartis entre les différents établissements de la province afin de contribuer à l'initiation des élèves aux nouvelles technologies de l'information.
De même, misant toujours sur la proximité, une nouvelle agence a été inaugurée par M. Omary portant le réseau de la Banque Populaire de Nador Al-Hoceima à 35 agences et 4 succursales.
Enfin, la Journée économique et sociale particulièrement riche s'est achevée par une soirée musicale, animée par différents artistes locaux et suivie par un public très nombreux.
Moussa Diop
Le Poids de la Banque Populaire de Nador-Al Hoceima
La Banque Populaire de Nador-Al Hoceima, appartenant à 32 816 sociétaires, occupe une place essentielle au sein du groupe Banques Populaires. En 2003, les ressources de la banque ont atteint 13 240 MDH, soit 16,6 % des ressources totales des 11 Banques Populaires Régionales (BPR). Elle occupe la seconde place en terme de ressources juste derrière la Banque Populaire de Casablanca et ses 14 020 MDH de dépôts. Toutefois, en terme d'emplois des ressources, elle occupe la dernière marche avec seulement 878 MDH de créances sur clientèle, soit moins de 3% des emplois totaux des 11 BPR, ou bien moins de 6,7 % des ressources qu'elle a drainées.
Au niveau des bénéfices, la Banque Populaire de Nador-Al Hoceima continue à réaliser les meilleures performances au niveau des BPR avec un bénéfice de 164 MDH en 2003, soit 42,37% des bénéfices totaux engrangés par les 11 BPR. La banque de Nador-Al Hoceima tire profit de ces importantes ressources déposées par les clients et dont les excédents sont gérés et rémunérés par la BCP.
Notons que la Banque Populaire de Nador-Al Hoceima, avec un capital social de 63 MDH, compte 35 agences, 4 succursales, 15 guichets automatiques bancaires et emploie 343 personnes. Elle offre une large gamme de produits et un savoir-faire au service de l'entreprise dont l'ingénierie financière, le financement des activités à l'international, le financement des projets d'investissement, la mise à niveau des entreprises, le capital risque, la gestion de portefeuilles, le financement du cycle d'exploitation, etc.