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de la BCP dans un marché toujours étroit Grand succès de l’OPV

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Publier le : July 1, 2004

Cependant, avant même la proclamation officielle, les indiscrétions n’ont pas manqué d’autant que les résultats sont satisfaisants. C’est ainsi que, globalement, on peut affirmer que l’OPV a été sur-souscrite 10 fois par quelque 22 000 souscripteurs, toutes catégories confondues : personnel, sociétaires, institutionnels et personnes physiques.
Dans le détail, il ressort que ce sont les institutionnels qui se sont rué sur l’offre, demandant 20 fois plus que ce qui leur était réservé, soit 4 710 440 actions pour 235 522 titres offerts. Les personnes physiques, quant à elles, ont été deux fois moins "gourmandes", en demandant 9 fois plus d’actions "seulement"… Ce qui revient pourtant à près de 5 000000 actions demandées par cette catégorie à laquelle étaient réservés 9 % du capital contre 4 % pour les institutionnels. Le personnel et les sociétaires ont souscrit la totalité des 176 641 et 235 522 actions de leurs tranches respectives.
Ces résultats de l’OPV de la BCP imposent plusieurs constats. 22 000 souscripteurs appartenant à toutes les catégories confondues, cela ne constitue pas en soi une participation vraiment importante en termes de personnes au niveau de chaque tranche de l’OPV. En effet, les institutionnels se comptent en dizaines, le personnel de la banque privatisée atteint les 7 000 âmes, ce qui donne à croire que 12 000 individus environ ont participé à la tranche affectée aux personnes physiques.
Une telle répartition devrait permettre une meilleure attribution et une plus grande satisfaction des souscripteurs alors que les transvasements d’une tranche à l’autre n’ont pas été autorisés.
Toutefois, la question de la liquidité du titre BCP se pose déjà sachant que les sociétaires des BPR et le personnel du Groupe sont soumis à l’obligation de conserver les titres durant trois années sous peine de rembourser la prime dont ils ont bénéficié lors de leur souscription préférentielle. Cette précaution répond au souci de la société émettrice de prévenir tout effet (ou plutôt méfait) spéculatif sur le cours au lendemain de la première cotation de l’action BCP. Cette mesure, prévue par la Loi sur les privatisations, permet ainsi de stabiliser l’actionnariat des personnes physiques de la BCP pour le total des tranches du personnel et des sociétaires, lesquelles représentent à elles deux 7 % du capital.
D’autre part, les institutionnels, aussi bien les OPCVM que les compagnies d’assurance et les caisses de retraite, auxquels l’offre réserve 4 %, devraient également conserver les actions de la BCP résultant de leurs souscriptions, du fait de la nature de leurs placements à moyen et long termes.
En effet, par obligation ou par intérêt , on peut supposer que 11% sur les 20 % du capital introduit en bourse tomberont entre les mains de détenteurs qui resteront passifs durant les trois ou quatre années à venir.
En conséquence, seuls les 9% destinés aux personnes physiques pourraient constituer réellement le flottant en bourse de la banque qui y sera cotée le 6 juillet prochain. Ce qui ramène l’OPV réelle à cette proportion du capital.
Par ailleurs, sachant que de nombreux petits porteurs chercheront à sortir avec une plus-value, au profit des institutionnels qui ramasseront, la liquidité de l’action en question se ramènera sans doute à la faiblesse structurelle de celle de la plupart des actions cotées à la BVC avec un flottant de moins de 5 %.
En d’autres termes, on pourrait s’interroger sur l’éventuelle politique boursière que la BCP devra suivre pour éviter que son offre publique de vente, qui porte aujourd’hui sur 20 % de son capital, n’apporte en réalité que 5 % de ce capital à peine au marché boursier, ne contribuant donc que faiblement à son élargissement par l’apport de nouveaux papiers.
Certes, la BCP, par l’intermédiaire de ses filiales spécialisées, appliquera une politique d’animation de son cours boursier pour éviter les écarts injustifiés mais l’idée qui s’impose de plus en plus serait que l’Etat continue à céder du capital BCP à la bourse, nonobstant l’obligation de ce dernier de détenir conjointement avec les BPR 51% minimum du capital de la banque privatisée. Or, les BPR détiennent 21% de la Banque Centrale Populaire et l’Etat, après la vente en cours des 20%, garderait plus de 46% de ce capital. Pourtant, seuls 30 % suffiraient au respect de la règle émise par la réforme de la BCP en 2000. Il serait peut-être judicieux que l’Etat mette les 16 % de différence à la bourse dans l’optique d’améliorer la liquidité du titre BCP en particulier et de la Bourse en général.
Par ailleurs, il faut remarquer que la BCP aurait pu introduire la totalité des 36 % d’un coup du fait que le nouveaux texte sur la Bourse des Valeurs, adopté à l’automne dernier, a fait sauter le verrou des 20 % de capital pour toute introduction en bourse. Les conditions d’introductions ont évolué et les exigences s’atténuent en fonction du compartiment choisi. C’est ainsi que pour le premier compartiment où la BCP s’introduit, il y a deux contraintes qui sont relative au montant et à la quantité d’actions que cela représente. La première exige que la société diffuse dans le public des titres de capital d’un montant d’au moins de 75 millions de dirhams, (ce que la BCP a largement dépassé avec ses 771 millions de dirhams). Rien ne l’empêchait d’aller au-delà !
 Et la seconde condition précise que le nombre minimum d’actions cotées soit de 250 000, alors que la BCP en propose  1177 610 par la présente OPV. Là aussi, nulle interdiction d’aller plus loin puisque aucun plafond n’a été fixé.
Le second compartiment est encore plus souple avec 25 millions de dirhams pour la valeur de l’OPV et 100 000 titres vendus au minimum.
Pour le troisième compartiment, il faut 10 millions de dirhams et 30 000 titres diffusés dans le public.  
La BCP, cotée dans le premier compartiment, peut donc parfaitement introduire légalement demain à la bourse un paquet d’actions de son choix dans un minimum de 75 millions de dirhams et de 250 000 titres et assurer ainsi au titre BCP une meilleure liquidité, sachant que son "dividend yield" est de 3 % (dividende 20 dh sur 680 dh, prix de l’OPV) et son PER de 10,7.
Une telle démarche répondrait sans nul doute aux exigences minimales des investisseurs et tout particulièrement des étrangers, (notamment les fonds d’investissement qui reviennent au Maroc et à la bourse) s’intéressant aux actions qui promettent un potentiel de croissance. Dans ce contexte, les privatisations, avec leur cortège de décotes, représentent une excellente opportunité et tout particulièrement la BCP mais aussi (prochainement) Maroc Telecom et, peut être, la Régie des Tabacs, même s’il s’agit là d’opérations d’élargissement du marché boursier qui, se faisant par cession, ne lui font pas jouer pleinement son rôle de financement des entreprises et de l’économie.
C’est pourquoi le bon fonctionnement de la bourse passe durablement par la relance de l’investissement des entreprises.

Afifa Dassouli



 

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