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Les taux devraient poursuivre leur tendance baissière selon Marogest Marché des taux

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Publier le : July 8, 2004

Comme nombre d'observateurs de la place le prédisaient, la tendance baissière des taux du marché obligataire s'est poursuivie durant tout le premier semestre 2004. A fin juin, toutes les maturités ont enregistré des replis compris dans une fourchette allant de 22 pbs (points de base)  pour la maturité de 15 ans à 160 pbs pour celle de 20 ans.
Derrière ces baisses, les analystes de Marogest trouvent trois grands facteurs explicatifs. En tête, il y a bien évidement la surliquidité structurelle du marché monétaire entretenue par la hausse des transferts de Marocains résidant à l'étranger (+5,7 % à 8,6 milliards de dirhams), la hausse des dépôts bancaires (+8,7 %) et la progression des recettes de voyages (7,3 % à 6,9 milliards de dirhams). Cette surliquidité a eu un impact sur le marché monétaire au niveau duquel le taux moyen pondéré au jour le jour n'a pu être maintenu aux environs de 2,25% qu'à la suite de multiples interventions de Bank Al-Maghrib par le biais des reprises de liquidités et des opérations de swaps. La baisse du taux au jour le jour durant le premier semestre a tiré les taux obligataires court terme à la baisse. Par ailleurs, la situation confortable du Trésor a contribué à tirer les taux vers le bas. Le Trésor doit cette aise a la hausse plus que prévue des recettes fiscales et à une charge moindre des dépenses liées à la dette extérieure. Ainsi, durant le premier semestre, le Trésor a levé sur le marché primaire 46,01 milliards de dirhams pour 45,56 milliards de tombées à des taux très compétitifs. Pour ce qui est de la structure de ces levées, on note la prédominance des levées portant sur les maturités moyen et long terme qui ont représenté environ 73 % des adjudications au niveau du marché primaire. "L'objectif du Trésor étant d'augmenter la duration de son portefeuille tout en bénéficiant du mouvement baissier des taux", a-t-on justifié au niveau de Marogest.

Taux directeurs

En outre, la cadence des investissements reste insuffisante pour pourvoir absorber les excédents de liquidités des banques. Selon les analystes de Marogest, "les difficultés d'absorption des financements disponibles sont certes dues à l'absence d'investissements, mais c'est également l'environnement de ces entreprises qui doit être amélioré sur les plans fiscal, juridique, économique, et bien entendu de mise à niveau face à l'ouverture progressive des frontières avec l'Union européenne".
Pour ce qui est des perspectives d'évolution des taux, les analystes de Marogest avancent que "toutes les anticipations de hausse des taux d'intérêt à partir du deuxième semestre 2004 fondées sur l'organisation de la Coupe du Monde 2010 et la non réalisation des recettes de privatisation se sont avérées non réalistes". Plusieurs facteurs militent pour une accentuation de la tendance baissière. Outre la persistance de la surliquidité du marché, les finances publiques se portent bien. La bonne tenue des recettes au terme du premier trimestre 2004 a permis de dégager une épargne publique de plus de 3,2 milliards de dirhams qui sera entretenue par les recettes des privatisations programmées d'ici décembre 2004.
Toutefois, une intervention de Bank Al-Maghrib pourrait entraîner un retournement au niveau de la courbe des taux. Et pour ce qui est des taux directeurs, les analystes de Marogest notent qu'ils "sont aujourd'hui surévalués par rapport à la situation monétaire du pays et le coût de l'argent en terme réel reste élevé et ne stimule pas l'investissement".                   

MD



 

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