Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
BMCE et CIC, un partenariat d’un genre nouveau

Auteur :

Les termes de l’accord entre les deux institutions étant connus, après des articles dans la presse, (cf.www.lanouvelletribune.com) et un communiqué de la BMCE paru la semaine dernière et confirmant les informations que notre hebdomadaire avait données, c’est-à-dire une prise de participation de 10 % du CIC dans le capital de BMCE Bank au prix de 500 dirhams l’action, les deux présidents ont été plutôt interpellés sur le contenu de leur nouveau partenariat.
À l’aune leurs réponses, un constat s’est imposé, celui qu’avec son entrée dans le capital de la BMCE à hauteur de 10 % seulement, le CIC n’en devenait pas moins l’actionnaire de référence. En cela, cet accord traduit la règle de Bank Al-Maghrib selon laquelle toute prise de participation dans le capital d’une banque dépassant les 5%, engageait l’actionnaire qui se voit attribuer un siège au conseil d’administration.
La BMCE a pourtant eu dans un passé pas trop lointain d’autres actionnaires qui détenaient une quote-part plus importante du capital, telle la Commerzbank allemande, sans qu’ils soient pour autant appréhendés comme des actionnaires de référence.
Mais le Président Benjelloun a évoqué le développement avec son nouveau partenaire d’un projet industriel tandis que M. Lucas, Président du Directoire du CIC, expliquait que les partenariats les plus fructueux n’étaient plus forcément financiers, ajoutant même que désormais le métier de banque ne se limitait pas aux premiers métiers de financement par octrois de crédits.
On a pu en conclure que la prise de participation du CIC dans le capital de BMCE Bank constituait donc pour la banque française un appui sur le réseau commercial de sa consœur locale pour s’investir beaucoup plus dans le développement au Maroc des métiers dans lesquels elle détenait une grande expertise comme la bancassurance, la monétique ou encore le financement de la PME.
On a également compris qu’avec l’appui de la BMCE et de son Président, Othman Benjelloun, M. Lucas comptait investir le marché maghrébin et ceux  de l’Afrique de l’Ouest où la BMCE est déjà installée grâce à sa banque d’affaires BMCE Capital qui possède une représentation à Dakar. 
Le CIC s’implantera donc progressivement en Afrique du Nord et de l’Ouest en pleine coopération avec la BMCE et il s’investira davantage dans certaines filiales de la BMCE pour le développement de ses métiers de prédilection. Dans cette perspective et du fait d’un tel contexte, on n’exclut que son investissement soit aussi financier, bien au contraire. En effet, avec la baisse des taux d’intérêts et des marges bancaires, avec la hausse des risques et le durcissement de la réglementation mise en place par les banques centrales, les métiers de la banque sont de moins en moins rentables. Cette vérité est encore plus juste du fait qu’avec Bâle II, les règles prudentielles se renforceront davantage à l’avenir. Ces règles, appliquées aux banques marocaines dans un environnement plus fragile, amputeront leurs résultats. En ce sens, on comprend facilement que M. Lucas, Président du Directoire du CIC, explique clairement le peu d’intérêt que représenterait pour lui une prise de participation plus importante dans le capital de BMCE Bank. En effet, avec 10 % du capital de cette grande banque marocaine, il s’assure le réseau de la BMCE comme un appui de base indispensable au développement des activités parabancaires, productrices de plus de richesses et génératrices de moins de risques. En outre, il se conforme ainsi aux exigences de notre Banque Centrale qui refuse les prises de participation importantes ou majoritaires de banques étrangères dans le capital des banques marocaines.
En fait, BAM, dans le souci de préserver la marocanité du système bancaire, favorise les investisseurs étrangers en les soulageant de prendre des engagements jugés aujourd’hui plus risqués à travers le monde et dans les pays en voie de développement en particulier. En un mot comme en mille, le CIC, sans trop s’engager, a pris pied ferme au Maroc avec 10 % seulement du capital de BMCE Bank. Il développera avec celle-ci les activités financières de son choix, génératrices de plus de valeur ajoutée et de richesses. Mais de son côté, BMCE Bank profitera pleinement de ce partenariat d’un genre nouveau avec l’une des plus importantes institutions bancaires françaises, au réseau impressionnant, à l’implantation régionale très développée, aux spécialisations les plus pointues dans tous les métiers de la banque et de la finance, au rôle incontournable dans le financement de la PME.
D’où la conclusion que le retour au Maroc du CIC, qui détenait jusqu’en 1998 près de 36 % du capital de la BCM, se fait à de nouvelles conditions. Une relation indubitablement " win-win ".
Autres temps, autres mœurs.

Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com