Après l'"Impôt sur les Sociétés 2003/2004", le Pr Rachid Lazrak revient à la charge avec un ouvrage de qualité se rapportant cette fois sur l'"Impôt Général sur le Revenu 2004". L'ouvrage de 600 pages comporte une étude exhaustive de l'IGR, une mise à jour de ses sources à la lumière des dispositions législatives, réglementaires, doctrinales et jurisprudentielle, et, enfin, une série de comparaison avec d'autres sources fiscales étrangères, notamment françaises. Pour l'auteur, cet ouvrage est "un outil de travail mais aussi un support de réflexion et de proposition, à la disposition de l’étudiant, de l’universitaire, du praticien de la fiscalité, du chef d'entreprise, de l'agent d'administration fiscale et du simple contribuable".
L'ouvrage est divisé en 6 chapitres. Le premier traite des dispositions communes à tous les revenus soumis à l'IGR. Le domaine, la base, la liquidation, les obligations déclaratives des personnes assujetties, le recouvrement et les contentieux sont passés au peigne fin par l'auteur avec des exemples clairs. Les cinq autres chapitres traitent de l'IGR applicable aux revenus professionnels, aux revenus et salariaux & assimilés, aux revenus et profits fonciers, aux revenus et profits des capitaux immobiliers, et enfin, aux revenus agricoles. Chaque chapitre est décortiqué, des références aux différents articles et circulaires sont mentionnés, et des exemples chiffrés permettent aux non initiés à la fiscalité de se familiariser avec les méthodes de calcul de cet impôt pour chaque profession.
Des mises à jour annuelles sont programmées par l'auteur pour prendre en compte des changements qu'apporteront les nouvelles lois de Finances.
En clair, plus qu'un ouvrage, "L'Impôt Général sur le Revenu 2004" du Pr Lazrak est surtout un Guide qui a l'avantage d'être facile à lire et à comprendre même pour les néophytes.
Après l'IS et l'IGR, M.Lazrak compte se pencher sur le troisième grand impôt, la TVA.
Suggestions
Au delà de la présentation de son ouvrage, le Pr Rachid Lazrak est revenu sur l'environnement fiscal marocain et a profité de l'occasion pour éluder quelques pistes. Dans ce cadre, il regrette qu'"on continue encore à faire de la fiscalité essentiellement un instrument pourvoyeur de recettes et non outil de développement économique et social du Royaume". Dans cette lancée, il souligne la nécessité d'avoir "une fiscalité réactive". Se basant sur l'effet positif des exonérations fiscales accordées à certains secteurs vitaux de l'économie américaine après les attentats de 2001, le Professeur a souligné que l'État pouvait, dans le cadre d'une fiscalité réactive, faire un geste fiscal en faveur de la région d'Alhouceïma, touchée par le séisme.
Par ailleurs, poursuit-il, "la fiscalité marocaine reste parmi les plus lourdes au monde. Ce qui contribue au développement de l'informel". Du coup, il pense qu'une "politique cohérente est à même d'amener nombre de sociétés vers le formel". Il propose ainsi la mise en place d'une structure de taux, en fonction de la taille des entreprises qui peut constituer une solution.
Sur un autre registre, et emboîtant le pas au Directeur Général des Impôts en matière d'exonérations, le Pr Lazrak souligne "la nécessité d'une réflexion sur les exonérations fiscales pour partir sur de nouvelles bases". Pour cela, il soutient la mise en place d'un organisme de réflexion composé de l'ensemble des forces vives du pays: syndicats, représentants du patronat, autorités, etc. En résumé, et face à l'ouverture croissante de l'économie marocaine, le Pr Lazrak conclut que "pour être au diapason, il faut une mise à niveau fiscale".
Moussa Diop